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Horreur

Année: 2017
Réalisateur: Ridley Scott
Acteurs notoires: Michael Fassbender, James Franco

Plot: dans l’espace, personne ne vous entend crier.

 

 

 

 

Mr Orange: Nouveau coup de maître du (grand-)père Ridley, Alien : Covenant joue à l’équilibre entre le chef d’oeuvre mythologique et bourrin qu’est Prometheus et la cultissime saga d’horreur spatiale Alien-s-3-resurection. Posé sur les bases solides du premier, en nous ramenant à nos délices xénomorphiques de la seconde. Et pourtant méprisé par la langue venimeuse du public?

Attentions spoilers

Après cinq ans d’abstinence xénomorphique, les grosses bébêtes luisantes reviennent. En commençant par une belle com’. Si le prologue The crossing ou l’extra à 360° In utero font de parfait bonus pour ceux qui n’en ont pas eu assez, le biblique Last supper est facile certes, mais surtout un magnifique clin d’oeil / piège pour les fans. Jouant sur l’une des scènes les plus mythiques de la saga, le spectateur va s’attendre à une re-moulure 2017 du 8e passager, avec un James Franco pour donner la réplique façon moustache pré-pubère. Erreur. Si l’on retrouve des éléments clés de la saga originelle (réponse au signal, galerie des horreurs, vue subjective…), il s’agit aussi – et avant tout – de la suite de Prometheus. Prometheus avec ses aspirations et questionnement cybernétiques. L’origine de la vie et surtout des xénomorphes qui prend enfin un sens avec une révélation d’une horreur glaciale. Ces xénomorphes tapis dans les l’ombre… ces bêtes monstrueuses qui nous clouent inlassablement au siège pour notre plus grand plaisir. Semant la terreur sur un casting sorti de nulle part. Parce Ridley, il fait des barbecues avec ses movie stars. Et pour la troisième fois, sa nana d’enfer n’a pas besoin d’être célèbre pour botter de la vermine.

Certes, si Covenant ne rassemble pas les masses, c’est que ce n’est pas un sans-fautes. D’où le « maigre » 9/10 pour un film de la saga. Que ce soit la musique Hollywoodienne à deux balles lorsque le Covenant approche la planète (blurp) ou les déboires avec le réseau de panneaux solaires mis hors service dès qu’un tronçon est débranché – ou quand trop d’action tue l’action, à la Passengers. Mais ce sont des broutilles. Non. Ce qui a réellement pêché est le manque de lenteur, le point fort du premier opus de Ridley Scott. Où est passée la tension froide pleine de sueur? Un sentiment de devoir expédier la narration, de ne pas vouloir tomber dans un remake des traditionnelles chasse au xénomorphes/à l’homme? Expédition qui trouve son apogée dans une scène de hangar torchée, les effects spéciaux avec tant qu’on y est. Et pourtant, on l’attendait depuis sa visite initiale. Rempli de chaînes, de véhicules… un terrain de jeu parfait un final à la Terminator, premier du nom. Dommage.

Le point de force de Covenant est finalement cette dualité constante. Des colons assemblés en couples. De l’amour, sans que ça devienne lourdement pompeux, et du sexe, de la tension charnelle indissociable de la saga. Des cyborgs qui forment la pair. Ce magnifique duo cybernétique qui rend toute la grandeur du jeu de Michael Fassbender et culmine avec un jeu de flute bluffant et une punchline qui sort du fond du coeur/programme. Des chestburst qui vont toujours par deux et qui par la même renouvellent la dynamique de la saga. Quand il y en a plus, il y en a encore… et ils sont encore plus méchants. Une action à cheval entre un vaisseau high-tech flottant dans l’espace infini « sea of nothing » et un temple rustique planté au milieu d’une jungle suintante garnie de spores meurtriers. A cheval entre Prometheus et ses parents originels, ravivant la question de l’oeuf ou de la poule… ou plutôt de l’ovomorphe/facehugger et de la reine.

Covenant est magnifique. Garni de mythologie, de réponses et de questions, de gore, d’horreur, de réflexions, et de Walter/David. Un digne représentant de la saga. Et surtout, si Prometheus posait plus de questions qu’il n’en répondait, Covenant laisse aussi du gruyère à mastiquer. Cet éternel plaisir de retourner inlassablement le film dans sa tête, en rentrant du ciné par une belle nuit de Mai, un regard tourné vers les étoiles.

Plus qu’à attendre une nuit Prometheus-Covenant double version longue… et 2019?.

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Festival Paris Cinéma: Hong-Kong à l’honneur – Nuit HK

Voici un petit dossier tiré de La nuit Catégorie III, qui a été préférée à la nuit Johnnie To (au bout du couloir) pour le simple fait que les films de ce dernier sont plus facilement accessibles. C’est donc après un ciné-mix que de 22h à 5h30 nous avons eu droit à la perle de la perle du cinéma HK, parfois en mandarin sous titré cantonais + anglais, le petit plaisir en plus. Thé/Café offert à volonté qui n’est pas de refus sur les coups de 3h30. Brioche en récompense pour les pus farouches.

Catégorie 3: équivaut aux films interdits aux moins de 18 ans à Hong-Kong, d’abord exploité à des fins contestataires par le cinéma d’art et d’essai, le filon a très vite dévié vers des thématiques plus sanglantes et plus dénudées.

Note: le public était loin d’être exclusivement masculin !

The untold story

Année: 1993
Titre original: 八仙飯店之人肉叉燒包
Réalisateur: Herman Yau
Acteurs notoires: Anthony Wong, Danny Lee, Julie Lee

Polar gore basé sur une histoire vraie, The untold story relate l’enquête de flics flemmards, incompétents, cruels, lubriques… cherchant à coincer un psychopathe dénué de toute morale: meurtres sanglants, viol, urophilie, cannibalisme… C’est trash… et extrêmement drôle. Anthony Wong livre une interprétation impressionnante qui donne toute la crédibilité de son horrible personnage et lui vaudra un award.

Petite anecdote glauque: l’histoire ne dit pas si des animaux ont été maltraités, mais révèle que des enfants l’ont été, d’où leur jeu impeccable. Parce que oui, personne n’échappe à notre psychopathe.

Un bon polar déglingué assurant un bon moment. Depuis, Herman Yau a fait un remake avec Anthony Wrong, il s’appelle Ebola syndrome

Crazy love

Année: 1993
Titre original: 蜜桃成熟時
Réalisateur: Roman Cheung
Actrice notoire: Loletta Lee

Comédie érotique, Loletta Lee incarne Jane, une jeune femme qui s’amuse avec les hommes, profitant pleinement de son corps, parfois sadique et manipulatrice, parfois généreuse. Pourquoi tourner un tel film? Pour voir Loletta Lee nue. Sérieusement, elle a voulu casser son image de petite sainte. Mission réussie dès les… 10 premières secondes, avec une inspection en bonne et due forme. Au-delà des scènes purement érotiques qui sont finalement rares, on s’amusera énormément des gags et de la mise en scène, les attributs de la miss – bien que splendides – déclenchent finalement plutôt des rires hilares que des filets de bave abrutis.

Une femme libérée… et une grosse marade assurée.

The story of Ricky

Année: 1991
Titre original: Lik wong
Réalisateur: Nam Lai-Choi
Acteur notoire: aucun

Innovateur kung-fu gore, The story of Ricky revient sur un dilemne du kung-fu: comment ce fait-il que les mecs brisent des murs de parpaings mais ne perforent jamais leur adversaire? Gros gore caoutchouteux, tout est dans l’exagération. Le gore, déjà. Le héros invincible aussi. Et puis, parce qu’on parle de cinéma HK… des séquences émouvantes, d’un lyrisme époustouflant, une naïveté qui n’est pas du 2d degré… à HK. La fameuse flûte qui sort de nul part restera dans les annales !

Une réalisation soignée, un panel d’ennemis hauts en couleur, du gore, du niais… encore une fois extrêmement divertissant.

Sex and zen 2

Année: 1996
Titre original: 玉蒲團II之玉女心經
Réalisateur: Chin Man-Kei
Actrice notoire: Loletta Lee, Shu Qui

Conte fantastico-slasho-érotico-comique sur fond de Chine ancestrale, rien que ça, Sex and zen 2 va loin. Très loin. Il y a un 1 et un 3 qui n’ont en rapport que la structure de l’histoire: un conte comme fil directeur. Contrairement au film cité plus haut, celui-ci est plutôt bien garni en scènes érotiques jusqu’à s’aventurer à des jeux de bougie, d’acuponcture, de supra-sex-toys… et même l’apparition d’un monstre tentaculaire et autres sexualisées déviantes. Et en dehors de tous les gags, on s’amusera énormément de l’utilisation du sexe comme moteur de l’histoire et détenteur de tous les rouages. D’autant que le film étant un conte, il délivre une morale… utilise un mythe… succube-like. Evidement.

Anecdote pas glauque: Shu Qi voulait être connue, elle a joué nue. Depuis qu’elle s’est mise au cinéma d’auteur, elle essaye d’oublier… contrairement aux spectateurs.

Drôle, sexy, une caméra bien maîtrisée et de bons délires fantastiques… je regrette d’avoir eu quelques chutes d’attention sur cette fin de nuit.

Bilan
C’était gore, c’était sexy… mais surtout: c’était très drôle! Les DVD de qualité médiocre, les sous-titres sortant de l’écran, le voisin qui râlent lors des éclats de rire, les rires pourris (moi le premier)… tous les éléments étaient réunis pour une authentique nuit Catégorie 3. Une expérience inoubliable. Merci aux organisateurs qui ont gardé le sourire jusqu’à l’aube.

En video:
La nuit du CINEMA par festivalpariscinema

Mr Orange

Chronique de Mr Brown

Année : 2012

Titre original : Piranha 3DD

Réalisateur : John Gulager

Acteurs notoires : Christopher Lloyd, Ving Rhames, David Hasselhoff

Liens utiles : IMDb, Allociné

Ô joie, ô bonheur, ô terreur ! Enfin, j’ai pu voir ce film que j’attendais depuis plusieurs mois. Les différentes bandes annonces, et surtout les affiches (regardez par vous même ici) m’avaient plus que mis l’eau à la bouche. Donc, ça y est, j’ai pu profiter pleinement des 1h23 du film. Avant tout, re-situons-nous :

A la suite du terrible Spring Break de l’année précédente, les habitants des abords du Lake Victoria pensaient s’être débarrasser des terribles piranhas qui peuplaient ses eaux. Bien entendu, ils ont tord, car les bêbêtes sont toujours vivantes, et bien décidés à se payer un festin, cette fois-ci dans le grand parc aquatique Big Wet, directement alimenté par les eaux du lac. C’est bien connu, aux Etats-Unis, on ne prend pas risque. « So, it’s time to be wet again », comme ils le disent très bien dans le film.

Autant vous prévenir de suite, j’ai arrêté de compter les paires de seins dès la 8ème minute… (oui, j’ai vraiment essayé de les compter, mais pour le bien de la critique, rien de plus). J’ai arrêté de compter également pour la simple raison qu’à la 8ème minute, on nous fait découvrir le « adult pool », et que les seins, ça passe un peu au second plan… Piranha 3DD ose tout ! Bon voilà, c’est fait, je ne reviendrais pas (trop) sur les « plan boobs ».

Venons-en au sérieux (hahaha) ! La première scène qui suit le résumé de l’épisode précédent nous plonge directement dans l’action, et de façon magistrale. Y’a du comique, y’a du sang, y’a du gore, y’a du WTF. Bref, une sorte de condensé du reste du film.

Ma seule crainte, avant le visionnage du film a été d’avoir trop attendu le film, d’avoir trop espéré de lui. Je n’avais déjà pas énormément apprécié le 1er. Et si le second me décevait… ? Hé, ben, aucune déception. Le P3DD est encore plus assumé, plus gore, plus fou, plus sexy ! Plus drôle ! Plus dégueu ! Ça fait beaucoup de « plus », mais il fallait bien justifier un D en « plus » ! Donc, on rigole, on vomit, puis on re-rigole ! On va de bouffage de tripes en stéréotypes : les blondes ne sont pas dégourdis, et c’est bien meilleur quand elles sont en bikini (j’arrête, j’arrête); tous les jeunes qui tentent d’avoir des rapports avant le mariage vont se faire dévorer, seules les gentilles vierges effarouchées vont survivre !

Dernier point : j’ai vraiment eu peur que la bande annonce m’ait spoilé une des scènes les plus trash du film… Bah en fait, non. La BA nous enlève juste la surprise, mais en fait, la scène est bien plus longue, et bien plus sanglante. Un véritable délice, qui nous fait monter les larmes aux yeux tellement on compatit à sa souffrance…

Donc, un film bien mieux que Piranha 3D, qui nous emmène encore plus loin et qui va combler les attentes des fans d’horreur et d’humeur décalé.

1979 / Alien, le 8e passager (director’s cut) / Alien
de Ridley Scott
avec Sigourney Weaver, John Hurt, Ian Holm, Tom Skerritt
1986 / Aliens, le retour (version longue) / Aliens
de James Cameron
avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Bill Paxton, Mark Rolston
1992 / Alien 3 (assembly cut) / Alien 3
de David Fincher
avec Sigourney Weaver, Charles S. Dutton, Charles Dance
1997 / Alien, la résurrection / Alien resurrection
de Jean-Pierre Jeunet
avec Sigourney Weaver, Dominique Pinon, Ron Perlman…

Plot: des xénomorphes se reproduisent au dépend des humains

Sources utiles: Wikipedia et tous ses liens

Mr Orange: En prévision de la sortie imminente de Prometheus, voici un petit dossier sur la saga Alien, monstre de S-F. Pré-requis: chaque film de la saga existe en plusieurs versions, un vrai foutoir (cf fin de l’article). Attention aux spoilers d’un film à l’autre.

Alien, le 8e passager (director’s cut)  horreur
De l’horreur spatial comme cela n’a jamais été égalé, un bijoux de science-fiction. Le 8e passager – en oubliant le chat – est un monstre indétrônable, le bébé de H. R Giger, l’énorme point fort du film avec la mystification d’une créature que l’on ne voit finalement que très peu. Le petit point faible – parce qu’il en faut toujours un – serait la lenteur cosmique du premier tiers… où c’est moi qui était trop pressé? Peu importe, l’ambiance spatiale est envoûtante, l’exploration du vaisseau extraterrestre et la tension croissante qui s’en suit sont exquis, nous scotchant littéralement devant l’écran. Autre point fort: Ellen Ripley, combattante déterminée à survivre qui crève l’écran, que ça soit à coup de lance-flamme ou en petite culotte… elle ne laisse personne indifférent, xénomorphe compris. Ridley Scott signe son premier chef d’oeuvre, culte.

« Dans l’espace, personne ne vous entend crier »

Aliens, le retour  (version longue) – action / horreur
Plus qu’une révision musclée du genre par Mr Cameron,  Aliens enrichit considérablement l’univers de la saga que Mr Scott n’avait qu’esquissé. Sauvée in extremis, Ripley est renvoyée au casse-pipe avec une bande de militaires qui en portent des grosses. Occasion de développer la biologie des xénomorphes… mais aussi le personnage de Ripley au travers de sa relation avec Newt. Soulignons au passage que c’est le seul film de la saga qui se permet d’avoir une affiche vraiment dégueulasse. Retrouver Michael Biehn en prof’ de tir juste après Terminator est un vrai petit plaisir. Autre plaisir, il s’agit d’alien DEUX, il va donc de soit que Ripley s’équipe pour sa traditionnelle chevauchée solitaire de DEUX armes lourdes. M’enfin peut importe le nombre et la taille des armes, nos xénomorphes sont toujours là pour rappeler qui sont les patrons et assurer une tension mystique tout au long du film. Culte, encore.

Alien 3 (assembly cut)  horreur
Le film qui est passé dans toutes les mains, a eu tous les scénarios avant de tomber dans les mains d’un David Fincher… qui n’a pas eu le final cut et a finalement renié son 1er film. On s’en sort pas si mal que ça, si on évince l’énorme déception du sort réservé au Cap. Hicks et à la jeune Newt. On quitte l’action pour un « retour aux sources », avec un alien à 4 pattes tout de même plus visible… et plus agressif. Bien que sommaire sur le background, Alien 3 envisage une variation dans le développement des xénomorphes en fonction de l’espèce hôte. Enorme coup de coeur pour la course-poursuite dans les couloirs avec le point de vue du xénomorphe qui se déplace indifféremment sur le sol, les murs, le plafond… et le dernier tiers du film en général. L’ambiance prison industrielle auto-gérée est finalement bénéfique, offre un renouvellement vis-à-vis de ses prédécesseurs et enrichit l’univers de la franchise. Magistral! (voir les versions plus loin)

Alien, résurrection (action / horreur)
Joss Whedon au scénario, J-P Jeunet aux commandes, S. Weaver, D. Pinon, R.  Perlman… ou comment les producteurs se sont offert un casting parfait pour la suite inattendue d’Alien 3. On retrouve à nouveau un film musclé dans un vaisseau-laboratoire de l’armée avec une bande de mercenaires et une Ripley sur-vitaminée. Petit bémol: l’alien blanc dont on ne sait trop quoi penser, l’idée est pas mal… mais ça colle pas, l’esthétique Giger-less peut-être? J-P Jeunet qui vient de boucler La cité des enfants perdus a réussi à personnaliser le film que ce soit au travers de D. Pinon ou de R.  Perlman, de leur équipement, de la chambre des horreurs… et plus généralement sur la photographie et la mise en scène (confère l’accouchement). Il apporte d’ailleurs sa petite dose d’humour fort appréciable aidé d’un R. Perlman à la prose décapante. Une bonne grosse claque hollywoodienne à la sauce frenchy. Un must have.

Vue d’ensemble
4 grands films, 4 grands réalisateurs, 1 saga anthologique.

Un fait non négligeable est qu’à l’époque, les réalisateurs en question étaient jeunes et ne bénéficiaient pas de leur renommée actuelle, ce qui a souvent conduit à des soucis avec la production, mention spéciale pour Alien 3 et David Fincher. Quoi qu’il en soit, l’absence de réelle ligne de conduite est un vrai atout pour la franchise. Même si cette option comporte ses faiblesses, les 4 réalisateurs de talents ont chacun transmis leur vision personnelle d’un même univers, ce qui permet à la saga de ne pas souffrir d’un « effet suite » sur des sequels n’ayant été prédis… loin d’être anodin. Cette identité propre à chaque film, inculquée par des réalisateurs n’ayant pas voulu faire « comme le copain » apporte une réelle richesse qui nous permet d’apprécier pleinement l’ensemble des oeuvres.

Le détail qui paye, est que les films sont loin d’avoir mal vieilli, au contraire, notamment grâce à des ambiances époustouflantes. Si l’on omet la chute d’Alien 3 et quelques bricoles, la franchise bénéficie d’effets spéciaux de qualité appuyés par un design des vaisseaux ou des costumes qui sont sublimes, en plus du travail extraordinaire d’H. R Giger. Un vrai plaisir pour les yeux.

Ripley et les xénomorphes, fils directeurs de la saga évoluent de façon concomitante dans chaque épisode, jusqu’à l’apogée finale: la fusion biologico-affective de 2 êtres qui se sont fait des misères des siècles durant. Chaque réalisateur a customisé ses xénomorphes à partir de l’original d’H.R. Giger, initialement rugueux (Scott) il devient tout luisant (Jeunet), Cameron crée une reine et Fincher un quadrupède. De simple chasseur talentueux, il devient futé… jusqu’à devenir clairement intelligent, au point d’utiliser la technologie humaine par répétition, de mettre en place des pièges réfléchis ou de sentir des pièges dressés contre lui. Ripley femme libérée imposant une tension sexuelle, survivante élue par le sort et sa volonté d’en découdre, développe des sentiments, réclame de l’attention, se rase la tête, perd espoir sans avoir dis son dernier mot… jusqu’à la mutation radicale accompagnant sa résurrection qui se traduit par des changements physiques et psychologique, exit la gringalette des épisodes précédents, Ripley est une guerrière implacable, bouya!

Au delà de l’action/horreur, la franchise questionne les abus d’une multinationale, la Weyland-Yutani, entité omnipotente et omnisciente qui se permet les pires horreurs / sacrifices sous couvert d’un intérêt militaro-économique. Questionne sur les abus de la science, que ça soit au travers d’expériences déshumanisées ou de la conception de droïdes de plus en plus humanisés. La vie humaine n’a qu’une bien faible valeur dans l’espace…

Alien c’est H.R. Giger, c’est Sigourney Weaver élue au rang de godess suprême… au point de chérir au plus haut point la moindre de ses trop rares apparitions, c’est LE super-méchant de la mort qui tue. Alien, c’est mythique.

Univers étendu:
– les jeux Alien vs Predator (1999-2000) sont vraiment extra, combinant une campagne pour chaque race: Marine, Xénomorphe, Predator… avec 3 styles de jeux différents. Et… c’est vraiment génial de se retrouver dans la peau d’un Alien. Immersion garantie.
– les films Alien vs Predator relèvent quand même de la double bouse cosmique, à quelques détails près qui ne sont pas accordés, faute de double viol impardonnable… dommage, l’idée était séduisante.

Détail des versions
/ Alien, le 8e passager
Version originale
Version director’s cut (+5min): léger élagage, ajout d’une dispute et de la découverte d’un nid
/ Aliens, le retour
Version originale
Version longue (+15min): ajout de diverses scènes apportant un background aux personnages, non négligeable
/ Alien 3
Version originale
Version assembly cut (+30min): attention, ceci n’est pas une director’s cut mais une productor’s cut bis. Ripley est découverte échouée sur une plage… mais pourquoi?! L’alien sort d’une vache ce qui colle mieux au fait qu’il soit déjà gros. Mais surtout le background des prisonniers est mieux développé avec toute une péripétie supplémentaire, indispensable. Perte du chestburst final, wtf?!
Version re-assembly cut (fan edit): reprise de l’assembly cut plage-less et vache-less. Dommage, la vache est bien et on perd un super plan d’extérieur en intro… mais lave l’aberration de la plage.
/ Alien, la résurrection
Version originale
Version DVD: générique d’introduction avec un insecte qui se fait splacher, fin pessimiste: vue sur Paris dévasté… mieux?!
Il existe une myriade d’autres fan edits que le Re-assembly cut, moins pertinents sembleraient-ils… Pas vus.

Se faire une nuit Aliens, c’est quand même top-moumoute!

Année: 2012
Titre original: The Cabin in the Woods
Réalisateur: Drew Goddard
Acteurs notoires: Chris Hemsworth et UN GROS GUEST DE MALADE MENTAL

Plot: des jeunes vont dans une cabane au fond des bois.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Ô Josh Whedon mon amour ♥

La cabane dans les bois est un fabuleux hommage aux films d’horreur. Exempt de tout ton parodique, le film reprend à merveille l’archétype du genre: la fameuse cabane dans laquelle va se perdre une bande de jeunes insouciants. Les codes sont respectés et les références aux papas de l’horreur sont simplement indénombrables.

Le film n’est pas foncièrement flippant ni franchement gore mais y’a du sang par hectolitres. On connait les codes. On sait ce qui va arriver… et c’est d’ailleurs bien la dessus que joue le film. Le premier segment est donc très classique, par choix… et on s’amusera à voir les personnages mourir dans l’ordre pré-établi. Mieux, on s’amuse à reconnaître toutes les références plus ou moins claires au genre: Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse, Hellraiser… on en perd vite le compte. Le deuxième segment du film est du gros plaisir façon kiki tout dur en barquette de 12. Point barre.

La com’ du film est parfaite. Ce titre improbable qui colle parfaitement. Cette image de maison rubixcube qui cache son jeu. L’étalage du gros kiki de J. Whedon qui surfe – à juste titre- sur la vague des Avengers. Sans parler de cette tagline provocatrice qui entube le moindre curieux. Bah justement, on va en parler. L’histoire est originale, vraiment. On sent qu’il y a monstre sous pâquerette, mais après… allez savoir lequel? Godzilla? Mothra? King Godorah? Les 3? C’est là que pêche le film, on devine le pot aux roses un poil trop vite (au bout d’1h à vue de pif) en raison de quelques indices disséminés. Peu importe, le scénario et la narration restent géniaux, la fin sublime et il y a toujours une petite surprise cachée derrière l’angle du mur.

Point négatif, spoiler [ cela relève quand même de la totale impolitesse que de tuer une guest pareil ]

L’arme la plus dingue du siècle, un guest à vous souiller le slip, des références à gogo, un bouton rouge jouissif au possible, un effet pigeon, le fist du siècle, une idée originale vraiment géniale, un plan boobs magistralement orchestré… une bonne grosse marade!

Année: 2008
Titre original: Tôkyô zankoku keisatsu /  東京残酷警察
Réalisateur: Yoshihiro Nishimura
Acteur notoire: Eihi Shiina

Plot: Tokyo – gore – police

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Retour sur les séries B nippones avec ce Tokyo gore police qui a le mérite d’être totalement fidèle à son titre. On tombe donc dans un déluge de gore, d’absurde, de gore, d’improbable, de gore, de gore, de gore.. façon caoutchouc. Yoshihiro Nishimura, qui était responsable des « effets spéciaux » de Machine girl sorti la même année revient donc ici avec son film à lui. Et quel film…

Attardons nous quelques instants sur l’histoire: Ruda est membre de la nouvelle police tokyoïte, privatisée et expéditive, qui lutte notamment contre les Ingénieurs, des criminels qui ont la capacité de transformer toute blessure en arme mortelle. Je vous laisse donc imaginer librement toutes les dérives que cela peu engendrer. Ayé? Fini? Bah considérez que ce que vous avez pu imaginer n’est RIEN comparé à ce qu’a imaginé Y. Nishimura. Et son imagination va loin: voiture de police absurde,  prostituées mutantes, bio-jetpack… WHAT-THE-FUCK ?!! En plus, le film est jonché d’intermèdes publicitaires (façon Starship Troopers) vantant les mérites de cutters kawaï pour s’ouvrir joyeusement les veines. Et oui, si on veut, on peut accorder une sous-lecture au film qui critiquerait la société japonaise, la publicité omniprésente toussa toussa, mais il ne mérite pas d’être pris pour plus que ce qu’il n’est: un film gore.

Comparons avec ce qui est comparable: Machine girl était gore, drôle, absurde et efficace. Tokyo gore police est gore, drôle, gore, absurde, gore et pas efficace. Le film dure 1h50, ce qui est réellement trop long pour le genre considéré. Surtout qu’il ne devient fun qu’au bout de 45 min, le début étant franchement délétère à l’appréciation de la suite qui apporte pourtant son quota de scènes hilarantes. On tombe vraiment dans les tréfonds des délires japonais gores et crades (confère la douche générale et enthousiaste de cyprine/urine, l’homme tronc en laisse…). Et que personne ne se fasse d’illusion, la présence d’Eihi Shiina, la belle et dangereuse d’Audition de Takashi Miike, n’est en aucun cas un gage de subtilité. Aucun. On est a 10 lieues de la subtilité trash de Miike.

Trop long avec beaucoup de scènes (trop?) gores inutiles gâchant sérieusement l’intérêt que peu porter la deuxième partie du film. Pour info, j’ai failli abdiquer et l’envoyer direct dans à éviter, heureusement ça s’améliore au bout de 45 min avec quelques scènes grandioses. Dommage, trop d’excès tue l’excès. A regarder en fond pendant que vous bidouillez autre chose.

Chronique de Mr Brown

Titre original : Shutter kod tid winyan

Année : 2004

Réalisateurs : Parkpoom Wongpoom, Banjong Pisanthanakun

Acteurs notoires : Ananda Everingham

Liens utiles : IMDb, Allociné

En termes d’horreur, le cinéma asiatique n’a jamais été égalé. On y retrouve un savoir faire unique prompte à vous faire sursauter quand vous vous y attendez le moins. Plus besoin de présenter Ring, ou même The Eye, qui sont devenus des références. Shutter, film thaïlandais, pourrait également figurer dans ce palmarès.

Un jeune photographe professionnel, Tun et sa petite amie, Jane renversent accidentellement une femme en voiture. Plutôt que de s’arrêter pour vérifier que la jeune femme n’est pas blessée, ils préfèrent prendre la fuite, et oublier l’accident. C’est à partir de ce moment que Tun remarque que sur ses clichés, une forme blanche apparait. Jane pense qu’il pourrait s’agir du fantôme de la femme qu’ils ont percutée. Mais, progressivement, des amis de Tun meurent, et ce dernier pense qu’il est le prochain sur la liste. Jane décide alors d’enquêter, pour comprendre l’origine de ce mal.

L’emploi d’un appareil photo pour détecter les fantômes ou faire apparaitre plus que ce que la vision peut afficher est récurrent dans les films asiatiques, et ceci rajoute encore plus à la tension qui habite ce film.

Certes, l’histoire reste basique, mais l’ensemble est sublimé par la prestation des acteurs, notamment  Ananda Everingham, qui interprète Tun et les rebondissements auxquels on nous soumet. Le rythme est soutenu, sans être trop rapide, suffisant pour nous faire dresser les cheveux sur la tête et nous faire apprécier la situation dramatique.

Avec un scénario très bien ficelé, du début à la fin, on plonge progressivement dans l’horreur tandis que la tension grimpe inexorablement, jusqu’au final, brillant, tragique, horrible, et inattendu.