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Archives de Tag: Film dans le film

noAnnée: 2013
Titre original: No
Réalisateur: Pablo Larrain
Acteurs notoires: Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro

Plot: pour ou contre Pinochet en spots publicitaires

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Conclusion du triptyque Pinochesque de Pablo Larrain, No s’attarde sur les derniers mois démocratiques du dictateur au travers de campagnes publicitaires pour ou contre son maintien au pouvoir.

Le bon point. Pablo Larrain joue la carte de l’unité visuelle en tournant son film avec des caméras d’époque pour éviter de démarquer les documents d’époque de la fiction. Résultats: un film en 4/3 et des couleurs éclatées pour une image rustique mais authentique.

Le mauvais point. No manque cruellement de dynamisme, de poigne. Le personnage de René / Gael GB accroche mais son adversaire n’inquiète que trop peu. Le sujet est peut-être son propre bourreau? La défaite de Pinochet ne pourra surprendre personne et s’avère finalement délétère à l’instauration d’une tension digne de ce nom.

Leçon d’histoire, images d’archives, images travaillées autour d’une fiction qui s’avère trop passive. Dommage.

Année: 2012
Titre original: Keeps the lights on
Réalisateur: Ira Sachs
Actrice notoire: Julianne Nicholson

Plot: une décennie de romance homosexuelle

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le Prix du public
Note donnée: bien, 2/4
En présence du réalisateur 

Mr Orange: Inspiré de la vie d’Ira Sachs, Keep the lights on conte l’histoire d’un couple New-Yorkais pas très gai. Rongés par des dépendances solitaires, Erik et Paul forment un couple autodestructeur qui se forme et se déforme. Film homo oui, mais pas que. En terme d’amour, on est tous à la même enseigne.

A la fois force et faiblesse, le film prend le parti de montrer les bêtes noires sans honte ni secret: sexe, drogue, mensonge… Force évidente, il est de ce fait très juste, retraçant le quotidien d’un jeune gay de la fin du siècle dernier, emprunt d’une addiction au sexe. En l’occurrence les scènes de sexe sont loin d’être éclipsées, filmées à l’européenne dès le début du tournage afin d’unifier l’équipe, dixit Ira Sachs. On félicitera d’ailleurs les acteurs, inconnus au bataillon: Thure Lindhardt & Zachary Booth, le 1er nommé apportant une réelle fraîcheur par son jeu exemplaire. Le 2d, incarne sagement un crack-addict, Némésis d’Erik qui ne sait plus où donner de la tête. Mais c’est aussi une faiblesse. Le film en ressort relativement plat, les éléments perturbateurs sont presque banalisés, aboutissant à un manque de dynamisme ennuyeux.

Petit fait amusant: le film à reçu un Teddy à la berline 2012 – meilleur film LGBT -, Erik reçevant aussi un Teddy dans le film.

De gros points forts entachés d’une faiblesse non négligeable, rapport qui s’illustre dans la garniture du film: une excellente musique en face d’un générique d’introduction complètement dégueulasse.

Année: 2012
Réalisateur: Josh Trank
Acteur notoire: Dane DeHaanAlex RussellMichael B. Jordan

Plot: La vie de 3 étudiants se voit bouleversée lorsqu’ils acquièrent le pouvoir de télékinésie au contact d’une entité inconnu

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Blonde: Encore un film tourné caméra au poing Blairwitch style diront certains. En effet, il surfe sur la vague des REC, Cloverfield Paranormal Activity, mais j’ai trouvé que pour le coup il avait de bonnes idées.

Chronicle commence comme un film de teenagers (d’un autre côté avec un réalisateur et un scénariste de 26ans chacun…) avec les clichés habituels.
-Le mal dans sa peau marginalisé, qui se fait battre chez lui et au lycée et qui va prendre une caméra pour  commencer à filmer tout ce qu’il voit. (caméra qui représente une barrière physique entre lui et le monde social)
– Le beau black ultra populaire quaterback style qui veut devenir président de l’école (Yes he can). Notez quand même que l’acteur jouant ce rôle s’appelle Michael Jordan…..:)
-Le pote sympa beau gosse lui aussi , qu’on sent que ça va être le gentil de l’histoire.

Le point fort du Chronicle est qu’il réutilise les mêmes recettes que beaucoup de films mais en allant plus loin et avec de bonnes idées. Du coup la télékinésie est très bien utilisée. Les phases de découvertes de pouvoir, d’amusement et d’entraînement sont carrément jouissives. Souvent passées trop rapidement dans les films de supers-héros habituels, là on s’y attarde et on s’y complaît. La télékinésie permet aussi de s’affranchir rapidement du mode caméra « au poing » pour passer au mode caméra flottante qui donne vie à des plans assez originaux.

Le film va vite, très vite (1h24). Pas le temps de s’ennuyer , on en redemande presque.

Cependant je décerne à Chronicle la palme de la plus mauvaise tagline de l’année (oui on est février mais bon..) : « L’abus de super-pouvoir est dangereux pour la santé » Nan mais WTF??? C’est Mangerbouger.fr qui s’occupe les traductions des taglines maintenant ou quoi??

Bref c’est pas mal, ça se cale facilement dans la journée et on a le droit à quelques réflexions Darwinienne en prime.

Mr Orange: Dans la famille des histoires de super-pouvoir, Chronicle se positionne vraiment à part en  reprenant les codes et autres éléments scénaristiques inhérents au genre: obtention puis découverte de pouvoirs, acceptation/rejet des pouvoirs, combat final… mais les re-distile dans une approche totalement nouvelle, slip-less. Et le résultat est tout bonnement exemplaire.

Le jeu de la caméra subjective est maîtrisé avec merveille et l’on ne se plaint pas une seule seconde de ce choix… jusqu’à le chérir. Les drames affectant les personnages ne semblent pas du tout téléportés gratuitement et entrent à merveille en collision avec le scénar’. Comme l’a dis mon cher collègue, les phases d’apprentissage sont purement jouissives, on s’oublie complètement dans le film! En bon gros gamins qu’on a tous été, on a tous rêvé de faire pareil et on aurait fait le même genre d’âneries si seulement on avait pu… immersion au point que quand ça devient sérieux, on se dit « merde, c’est vrai qu’il faut une histoire, chiotte, moi j’aimais bien ». Et la tournure de l’histoire en question est parfaitement amenée. Tout colle, c’est génial.

Et tout ça en 1h20…

/love

Année: 1991
Titre original: Hearts of Darkness: A Filmmaker’s Apocalypse
Réalisateur: Eleonor Coppola
Intervenants notoires: Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Sheen, Laurence Fishburne…

Plot: Film du film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola

Sources utiles: Allociné & IMDb

Attention, terrain miné de spoilers, c’est difficile de parler du film du film sans parler du film.

Ajout: Voir le making-of avant le film est loin d’être létal.

Mr Orange: Pour le fameux tournage, F.F. Coppola a demandé à sa femme de l’immortaliser en réalisant une sorte de making-of. Dès le début, on est mis au parfum, dixit Francis Ford Coppola: « My movie is not about Vietnam… my movie is Vietnam. » On voit donc F.F. Coppola descendre en enfer, suivant un chemin initiatique similaire à celui emprunté par Martin Sheen alias le capitaine Willard.

Il s’agit effectivement du tournage le plus cauchemardesque de tous les temps. Pour donner quelques chiffres: doublement du budget de 15 à 30 millions de dollars, le tournage prévu pour durer 6 semaines s’est éternisé sur 16 semaines, sans parler du montage qui a pris 3 ans (en parallèle). Heureusement, il a été reçu à valeur de l’implication de l’équipe (excepté Marlon Brando peut-être…).

Sans trop rentrer dans les détails, nous avons droit à des interviews des protagonistes au cours du tournage ou plusieurs années après, des enregistrements réalisés à l’insu de F. F. Coppola, qui analysent et reviennent sur la multitude d’incidents ayant échelonnés le film: ouragan, diplomatie avec la dictature du coin, acteurs consacrés/foireux, équipe sous acide, délires de F.F. Coppola et consort…

Le petit bonus, c’est que le documentaire va bien plus loin qu’un bateau making-of. Il est agrémenté des meilleurs scènes du film (Chevauchée des Walkyries, Napalm…), distribuées  selon la chronologique du tournage qui correspond à peu de choses près à celle du film (sauf la séquence à Saïgon) . Donc pour ceux qui ne veulent pas se taper ce monstre cinématographique de 2h30, on a en 1h36 un gros condensé du film accompagné de potins et autres pensées philosophales sur la condition humaine, le cinéma… son industrie…

Après, pour ceux qui veulent vraiment en bouffer, y’a la version Redux, ressortie en 2001 et comprenant plein de scènes bonus, pour un total de 3h20… suivie du docu… z’avez plus qu’à prendre des amphèt’, vous rejoindrez l’état des acteurs et pourrez tenir les 6h de Viêt-Nam…

Enjoy !

Mise-à-jour: voilà mon commentaire sur Apocalypse Now Redux

 Année: 1980
Titre original: Cannibal Holocaust
Réalisateur: Ruggero Deodato
Acteurs notoires: Aucun

 Plot: Un anthropologue par à la recherche de quatre jeunes journalistes aventuriers ayant disparus dans une forêt peuplée de tribus cannibales.

 Sources utiles: Allociné & IMDb

  


Mr Orange: Alarme! Âmes sensibles s’abstenir, vraiment.
Et c’est moi qui le dit. Donc si comme moi vous avez pris l’habitude de vous caler tranquillement avec votre repas devant votre « petit film du soir ». Conseil: à proscrire dans ce cas très précis… ou finissez votre assiette rapidement. Oui, je trouvais que nos critiques commençaient à un peu trop vomir l’eau de rose et j’ai donc tapé en sens inverse. Bah c’est réussis. Alors ici on atteint du très très haut niveau. Saw & cie – sans grand intérêt soit dit en passant – peut aller se coucher. Et hormis quelques rares films HK méconnus (à juste titre), ou l’esprit tordu de certains chefs d’oeuvres de T. Miike et consort… les italiens en tiennent une bonne couche (je pense à Pier Paolo Pasolini et notamment son Salo ou les 120 jours de Sodome). Franchement, le film est vraiment très dérangeant. Je vais pas m’étendre sur la censure qu’il a subit, savoir que le réalisateur a dû prouver de l’état de santé de ses acteurs et dévoiler le secret de ses effets spéciaux  à la justice italienne, illustre suffisamment la chose. Le film prend les tripes.

Bref, parlons sérieusement du film. Celui-ci est découpé en 2 sections distinctes, délivrées en alternance. La première, nous montre nos jeunes compères s’enfonçant dans la jungle, caméra à l’épaule, ils tournent leur documentaire et filment toutes leurs activités avec une force de vérité bien trop dérangeante. La deuxième, suis donc un anthropologue qui part à leur recherche puis doit faire face à la gestion des images récupérées.

Ceci étant dit, le discours du film est bien loin d’être abruti et gratuit. On fait face à la nature humaine… et on découvre que les monstres ne sont pas forcément ceux qu’on croit, avec une dénonciation du journalisme sensationaliste et intrusif… La musique est très juste, dérangeante quand il faut, effectuant de subtiles virages vers une certaine insouciante pour nous aider à supporter des scènes vraiment dures… quoi que bien loin de la musique soutenant un début de film très guillerets qui peut induire les plus inconscients en erreur. Pour ce qui est de la caméra, les séquences caméra à l’épaule amplifient l’horreur des scènes… sans entrer dans les détails, je peux assurer que l’effet « je filme à distance (pas question de gros plan) avec quelques branches pour nous séparer de la scène » est très efficace… Leurs appréhensions par l’anthropologue permet de mettre un peu de distance, et un retour dans un monde bien bétonné, sans mygales ni cannibales soulage…

Points négatifs:
– Il faut quand même relativiser sur les pratiques cannibales présentées, ici exacerbées et bien loin de la réalité.
– Gros gros bémol: au cours du film, on voit de nombreux animaux se faire tuer / préparer / cuisiner / manger (barrer la mention inutile). Il faut savoir que des VRAIS animaux ont VRAIMENT été tués PENDANT le tournage pour les beaux yeux du spectateur. Et on est pas dupe, les scènes sont vraiment réalistes, d’une horreur accablante… les réflexes post-mortems ne trompent pas, faut être honnête, pas un réalisateur n’y pense. Le réalisateur a d’ailleurs avoué des regrets quand au tournage de ces scènes. Quand aux acteurs ayant acceptés d’affliger ce traitement à ces animaux… leurs états d’âmes n’ont pas été communiqués… Si ça peut rassurer certains, parait-il que les quota de chasse ont été respectés…

Bilan: film choc, culte, à voir… en étant un peu prévenu du contenu. 2e conseil: assurez-vous d’avoir quelqu’un dans les environs vers qui chercher un peu d’humanité…

Mr Blonde:  Mr Orange ayant brossé un tableau assez complet du film, je vais faire plus court.

Pour moi un film à voir, ce n’est pas qu’un film bien tourné, avec un bon scénar, une bonne BO et des acteurs crédibles. C’est avant tout aussi un film qui bouscule les émotions, quelqu’en soit la résultante et pour un peu que ça ne soit pas complètement gratuit. On peut le dire. Cannibal Holocaust bouscule les émotions. C’est une expérience, pas forcément indispensable.