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Histoire vraie

Année: 2011 (US) 2013 (Fr)
Titre original: Bernie
Réalisateur: Richard Linklater
Acteurs notoires: Jack Black

Plot: histoire vraie de Bernie, un mec vraiment gentil

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le Prix du public
Note donnée: très bien, 3/4

 Mr Orange: Retour de Jack Black dans une comédie indépendante, et comme d’habitude, Jack Black rocks his world! On oublie son rôle de lourdaud envahissant, le voilà homme le plus gentil du monde, poli, aimable, populaire parmi les petites vieilles et donc la communauté de Carthage, petite ville du Texas pleine de… texans., vous savez, ces gens qui ne voient pas plus loin que leur bottes?!

 Tiré d’une histoire vraie, le film bénéficie d’une double narration, alternant constamment entre les hauts-faits de Bernie façon fiction et des interviews de la communauté façon documentaire… jusqu’au générique, où l’on découvre le vrai Bernie discuter avec Jack Black s’immergeant dans son rôle à l’aide d’une mustache. L’originalité de ce ping-pong entre fiction et faux docu est fortuit,  participant à la création du mythe Bernie en plus d’être une source de nombreux éclats de rires. Confère les nombreux « débordements » des témoignages et… mieux, la fabuleuse cartographie du Texas. /love

 Le petit reproche que l’on peut faire au film, c’est de s’être accroché à une réalité trop ennuyeuse, les péripéties du film n’étant pas assez caricaturées. Un peu de pure fiction aurait pu être bénéfique. Peu importe, la conclusion nous rappelle nos éclats lors de l’érection de Bernie au rang de mythe urbain. (ne cherchez pas de contre-pétrie)

Jack Black crève toujours l’écran dans une comédie indé originale à la morale encore plus originale.

Année: 1971
Titre original: The french connection
Réalisateur: William Friedkin
Acteurs notoires: Gene Hackman, Roy Scheider

Plot: des flics suivent des mecs louches

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Regarder des films d’exploitations US des années 70 c’est bien (ici), mais il ne faut pas oublier que le 7e art a aussi produit pendant cette période des films majeurs ayant fortement marqué le cinéma, façon Oscar comme celui de Gene Hackman pour French Connection.

French connection c’est LE polar. Et il sent sacrément la nouvelle vague à plein nez. Qu’on ne dise pas que le cinéma français s’américanise, c’est le cinéma américain qui s’est francisé pendant que les français se sont perdu dans leur automasturbation. Minute terminée. Donc oui, il s’agit d’un polar majeur du cinéma américain, pour son aspect très authentique. On suit  2 flics qui ont eu l’intuition qu’une bande de types était pas très réglo. Et toute la valeur du film se trouve dans le fait qu’on suit littéralement l’enquête, ses hauts et ses bas, ses moments intenses et ses moments fastidieux. Dynamique qui est très bien rendue à l’écran. Filatures, planques, une des meilleures courses poursuites du cinéma, fusillade.. on est servi jusqu’au super final!

Parce que se priver d’un petit taillage de film culte n’est pas assez fun, en voilà pour son grade. French? Je dirais même plus! La scène d’introduction montre un petit français, à Marseille, entrer dans son établissement favoris intitulé « Boulangerie-Pâtisserie » et en ressortir… la baguette sous le coude. Il manque la Tour-Eiffel, le béret et on a le petit cliché parfait. Par contre, niveau pratique de la langue, l’accent marseillais est tout juste audible et le français a une tendance à être natif d’espagne, histoire de ne pas avoir un accent américain (et pas d’accent français par la même occasion)… mais ça les américains s’en rendent pas compte. C’est beau.

La réputation de lenteur qui traine autour de ce classique est tout simplement bidon. Oui y’a des chutes de tension, mais quand l’action pointe le bout de son nez, le film devient d’un coup très vif. Jeu et réalisation parfaits. Un vrai petit bijou.

Bonus: j’en ai pas parlé mais c’est tiré d’une histoire vraie, les vrais flics ayant contribué au tournage

Année: 2010
Titre original: The Bang Bang Club / Shots of war (sortie DVD FR)
Réalisateur: Steven Silver
Acteurs notoires: Ryan Phillippe, Taylor Kitsch

Plot: histoire de 4 photographes de guerres

Source utile: IMDb

Mr Orange: Filmé sur les lieux historiques, The Bang Bang Club est l’histoire du… Bang Bang Club, un groupe de photojournalistes de guerre composé d’un noyau dur de 4 photographes: Kevin Carter, Greg Marinovich, Ken Oosterbroek et João Silva, ce dernier ayant écris le livre dont est inspiré l’histoire. Pour détailler, ce petit gang a couvert les affrontements sanglants entre l’ANC (African National Congress aka Nelson Mandela) et l’IFP (Inkatha Freedom Party aka des Zoulous aidés par le gouvernement) entre 1990 et 1994 à la fin de l’Apartheid.

Bien que sur fond d’Apartheid sur le déclin, le film centre son propos sur le (photo)journalisme de guerre, ces hommes qui vendent leur peau pour quelques clichés chocs qui défrayeront éventuellement la chronique, ces hommes qui essayent de faire passer un message souvent mal-interprété et qui se retrouvent dans des positions difficiles, à photographier des scènes horribles, impuissants, avec comme seule option un voyeurisme qui attirera peut-être le regard de quelques hautes sphères occidentales. Un lourd fardeaux bien difficile à porter. Un danger permanent qui les charge en adrénaline, moteur invraisemblable.

Le film aurait vraiment pu être transcendant, mais problème: la chimie n’y est pas. Certes, des moments forts du films prennent par les tripes et les scènes de photos de combat d’une tension intenable ou les photos Pulidzer ne laisseront personne indifférent. Malheureusement, des étoiles montantes d’Hollywood ont été ajoutées au casting et le film s’en trouve trop « étoilé ». Leur jeu n’est pas foncièrement mauvais, mais ça ne colle pas parfaitement. Même pas d’accent. Le film aurait dû rester sud-africain. Et le réalisateur, habitué aux documentaires, n’a pas su saisir son spectateur comme il l’aurait dû, malgré le potentiel énorme du film. Une photographie plus sale, rude… une musique qui vous prend les tripes… que de choses qu’il manque. Volonté de rendre la réalité telle qu’elle est: dure, sans filtre ni musique? Probablement… un montage mieux alambiqué alors… ?!

Loin d’être mauvais, le film pêche pourtant à prendre le spectateur, le mettre en bouillie et l’essorer sans scrupule… chose à laquelle on s’attend avec un tel sujet. Dommage. Petit point positif: on a droit aux vraies photos pendant le générique final!

Depuis 1994, spoiler [ les survivants ont continué à couvrir des guerres, ont repris des dommages collatéraux et João a perdu ses 2 jambes sur une mine en Afghanistan en 2010…….. ]

Année: 2011
Titre original: Les Lyonnais
Réalisateur: Olivier Marchal
Acteurs notoires: Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval, Lionnel Astier

Plot: Momon, gangster à la retraite, est rattrapé par son passé.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Soyons honnêtes, on va pas y aller par 4 chemins: un film d’Olivier Marchal est un bon film, par définition… d’autant plus qu’il est ici accompagné de bonnes gueules du cinéma. En guest: Simon Astier (Hero Corp), frère de son frère Alexandre (Kaamelott) et fils de son père… Lionnel!

Pour son 4e film, notre marshal national passe du côté obscure de la force, centrant son objectif non plus sur des flics, mais sur des ripoux… et quels ripoux: le gang des Lyonnais qui a eu ses heures de gloires autour des années 70 notamment grâce à des braquages sans bavures. C’est à peu près là que s’arrête l’aspect « histoire vraie ». Le scénario mêlant réalité et fiction s’inspire du biopic d’Edmond Vidal, Lyonnais à la retraite.

Le film se situe entre 2 époques et est définitivement une déclaration d’amour à l’une d’elle. Pour le citer: « Les gangsters d’hier avaient une morale. » … et … « les gens attendent des flics qui, au lieu de les agresser, les protègent. » Le reste de sa très bonne interview ici (long) ou  (plus court), il en a des choses à dire. Pour en revenir au sujet, le film est a cheval entre les années 70, couleur sépia, et un présent sans filtre. L’aspect braquage / jeu du chat et de la souris sont mis à l’écart, le film s’intéressant plus à la rédemption d’un ancien gangster dont les valeurs vont le pousser inexorablement à remettre les mains dedans.

Les gros défaut du film sont finalement ses acteurs de trop gros calibres:
– le charisme des gueules des Lyonnais vétérans écrasent complètement les jeunes premiers qu’ils étaient au moment de leurs faits d’armes.
spoiler: l’effet twist est gâché par Tcheky Karyo (/love ++) qui joue irrémédiablement des rôles de pourris, on l’aime pour ça, mais on l’attend aussi pour ça. ]

Notes:
– c’est le 1er patron d’Olivier Marchal, alors flic, qui a démantelé le dis gang des Lyonnais.
– c’est Roger Knobelspiess (ancien gangster, maintenant acteur) qui l’a contacté, Edmond Vidal ayant envisagé Olivier Marchal comme seule option d’une éventuelle adaptation à l’écran de son livre.

Olivier Marshal, maître du bon gros polar made in France, signe un film plus léger qu’à son habitude, moins rocambolesque, moins tendu, moins sombre mais qui ne perd pas pour autant en qualité pour un film plus mature.

Année: 2012
Titre original: Bad ass
Réalisateur: Craig Moss
Acteurs notoires: Danny Trejo, Ron Perlman, Charles S. Dutton

Plot: un senior se découvre des talents de super héros.

Source utile: IMDb

Mr Orange: Un film de bad ass avec Danny Trejo tiré d’une histoire vraie, WTF? L’aspect histoire vraie s’arrête à un incident survenu entre 2 concitoyens américains qui a bien évidement été filmé par un 3e joyeux luron… video qui a buzzé sur les réseaux sociaux à l’époque. Pour les curieux, voici le détail in english et la video originale.

La video initiale montre un homme blanc qui tabasse un homme de couleur… le réalisateur a dû y voir source de polémique, car il a choisi de prendre un acteur de couleur pour tabasser des neo-nazis. Ca évite les bavures et on aime toujours. Et pour rendre notre Danny favoris plus sympathique, il est dépeint en train de protéger un aimable citoyen. Ceci dis, Danny se coltine le même look que le bad ass originel: casquette noire, tee-shirt bleu tagué « I am a motherfucker », veste treillis, banane, short et… énorme barbe! Dès lors, la fiction prend le dessus, Bad Ass devient un héros national malgré lui, embrassant la notoriété avec satisfaction après une vie de misère… avant de se retrouver malgré lui embarqué dans une histoire qui le dépasse et mener l’enquête sur fond de vengeance, politicien vereux etc…

Assez parlé de la trame, tout l’intérêt du film se trouve au niveau de la réalisation, qui a penché pour donner un relatif ton de réalisme à l’histoire: photographie sur-exposée mexican-style, senior en choc culturel avec les réseaux sociaux vecteurs de sa gloire et surtout une action brutale mais modérée, sans excès de fioritures à part quelques judicieux ralentis sur des coups de poings bien placés ou un accompagnement musical constitué de heavy hip-hop west cost bien dosé (bon, j’avoue la course poursuite en bus… bon, voilà…). Bref, bien loin du film de bad ass sur-vitaminé auquel on pourrait s’attendre avec un Danny Trejo entre Machete et Machete Kills!!

Un bon film de Bad Ass est toujours le bienvenue!

Année: 2006
Titre original: A prairie companion home
Réalisateur: Robert Altman
Acteurs notoires: Meryl Streep, Tommy Lee Jones, Garrison KeillorJohn C. ReillyWoody HarrelsonLindsay LohanKevin Kline

Plot: dernier spectacle d’un show radiophonique.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: S’eusse-t-été volontaire qu’on aurait pas pu mieux faire. The last show est le dernier film de Robert Altman qui est parti manger les pissenlits par la racine l’année de sortie du film. Et The last show c’est quoi? Une déclaration d’amour au midwest, à la culture américaine et au monde du spectacle au travers de A prairie companion home, une réelle émission de radio apparue dans les 70’s et très suivie depuis que ce soit à la radio ou directement dans la salle du Fitzgerald Theater de Saint Paul (ou ailleurs), ambiance country de rigueur.

Le film est à la douce limite entre fiction et réalité. Bien que tout le facteur « dernière diffusion » et la présence d’acteurs notoires (hello Miss MILF… pardon…  Miss Oscar 2012) sont pure fiction, l’action se passe néanmoins bien dans le vrai théâtre, avec un vrai publique, avec le vrai présentateur ainsi qu’une partie de l’équipe et de vraies improvisations. J’y reviens: le maître de cérémonie Garrison Keillor est effectivement le vrai bonhomme derrière la vraie émission de radio et aussi celui qui a initié le projet du film. Concernant les vraies impro’, R. Altman a une tendance naturelle à laisser ses innombrables acteurs en pâtures avec une montagne de texte, des caméras pour ne rien rater aboutissant à de (faux) plans séquences incroyables au cours desquels les acteurs s’en sortent comme ils peuvent.

Dusty: Did you hear about the Viagra shipment that got stolen? 
Lefty: No. Who do they think did it? 
Dusty: Well, they don’t know, but they’re on the look out for hardened criminals.

Robert Altman a beau encenser la critique, il n’est pas connu pour transcender le public. The last show ne déroge pas à la règle. Je m’explique: c’est original, subtile, critique, bourré de dialogues. Mais on n’assiste pas à du divertissement, il n’y a ici carrément pas de scénario, le film dure le temps de l’émission, point. Pour avoir vu M.A.S.H (comédie improbable en pleine de guerre de Corée) ou The player (satyre hollywodienne), ses films sont à voir avec des pincettes, seul Cookie’s fortune ( comédie blues) semble abordable pour le commun des mortels.

Ceci dit, malgré le ton sinistre du film – faire table rase d’une gloire démodée – celui-ci est emprunt d’une légèreté inattendue et est une mine de petites séquences succulentes:
– l’improvisation de la pub ratée pour le scotch,
– les interventions morbides de Lindsay Lohan,
– le duo Dusty (Woody Harrelson) et Lefty (John C. Reilly) avec leur chanson de blagues paillardes (exemble ci-dessus) … mine d’authentiques jeux de mots vaseux pour nous petits frenchy que nous sommes /love +++, (brûlez toute version française)
– le tact de Guy Noir et sa mystérieuse blonde
… et en bonus, la séquence de la bouteille de champagne: on peut entendre un « ow! » provenant d’un technicien hors-champ suivit d’un « sorry » de Kevin Kline… celui-ci ayant honoré Robert Altman d’un splendide headshot au bouchon de champagne (aucun rapport avec sa mort). La présence de cet incident dans le film témoigne d’ailleurs de la liberté qu’offrait Robbie à ses acteurs. /love

Paisible comédie pour spectateur averti signée de la patte de feu R. Altman

Année: 2011
Titre original: Battle: Los Angeles
Réalisateur: Jonathan Liebesman
Acteurs notoires: Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez

Plot: Des aliens envahissent la Terre.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Que personne ne se fasse d’illusion: le titre résume complètement le film. Jonathan Liebesman nous évite brillamment toute nécessité de réflexion, d’introspection et autres inepties. Le film dure 2h et comprend environ 1h40 de combats urbains, donc mettez votre intellect dans une boite noire, et récupérez le intact à la fin du film. J. Liebesman c’est qui? Le mec qui a fait le remake de Massacre à la tronçonneuse et depuis le succès (oui oui) de Battle Los Angeles, il a obtenu la confiance des producteurs et s’est vu chargé de l’imminent La Colère des Titans et prochainement: Les Tortues Ninja (yiiiiiihaaaaa) et … Battle: Los Angeles 2. Ca, c’est dit.

Pour suivre le modèle de Skyline, le film nous met direct dans le jus avant un petit flashback de 15 minutes sur nos héros histoire de planter le décor. Mais à l’opposé TOTAL de Skyline dans lequel on voit l’invasion depuis le point de vue de civils avec une armée observée de loin, ici on voit l’invasion vue l’armée avec 2-3 civils observés de loin, avec une petite « famille » histoire de faire passer les femmes et les enfants d’abord. Ne pas s’affoler, les civils, on s’en tamponne royalement, ils ne sont qu’excuse à péripéties.

Points bonus:
– Le film ouvre sur California Love de 2pac… haha
– Les aliens sont évidement bien fait et changent évidement de nos habitudes avec cette fois une organisation plus militaire avec troupes au sol, armes lourdes…
– Les vaisseaux aliens qui s’assemblent comme de grosses pizzas géantes (dixit le producteur).
– Le site promotionnel ReportThreats.org avec tout plein de fausses interviews / anecdotes de « spécialistes ».
– Le film est inspiré d’une histoire vraie. Oui oui, l’artillerie U.S a enflammé le ciel de L.A. à la suite de la détection d’un « OVNI » en 1942.
– Michelle Rodriguez campe décidément les films de mec…
– Le bataillon de Marines mis en avant dans le film serait le plus médaillé de l’histoire. L’anecdote racontée dans le film est d’ailleurs sensée être vraie.

Je ne vous ai pas convaincu que c’est un film de mec par excellence, voilà une petite citation pour justifier mon propos:
Cpl. Kevin Harris: Santos, you okay?
TSgt. Elena Santos: Yeah. I got that nasty stuff all over my mouth, man.
[…]
Cpl. Kevin Harris: Ha. You let him do you on the first date. 

Pas suffisant?
Lt. Col. K.N. Ritchie: … the Air Force will tear them a new asshole …

 Bilan? Un La chute du faucon noir version aliens. Pas mal du tout dans le genre brainless.