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Frenchy

zuluZulu de Kérôme Salle, 2013

Aaaaaah, un vrai bon film français! Orlando Bloom a enfin un rôle sombre, viril… et il est doué le garnement! Il volerait – presque – la vedette à Forest Whitaker, qui impose toujours son talent.

Une bonne réalisation qui dessert un scénario bien ficelé. Résultat: bon polar qui sait nous prendre aux tripes quand il faut.

En plus, l’équipe du film est sympa :).

A voir. Précipitez vous dans les salles!

Mr Orange.

PS: et voui, nous expandons le blog, nous créons de nouvelles rubriques :)

Festival Paris Cinéma: ciné-mix

Ouverture de la double nuit HK avec un ciné-mix du film Etudes à Paris par Jeff Mills.

Le film: Etudes sur Paris d’André Sauvage, 1928
Documentaire muet en noir et blanc, Etudes à Paris immortalise un tout-Paris des années 20 au travers de 5 thèmes. Une entrée fluviale dans Paris par le Nord, via les canaux de Saint-Denis puis St Martin, tiré par un toueur. Une traversée Nord-Sud de la Porte de la Chapelle à la Porte de Versailles. Les iles de Paris, le Luxembourg, la périphérie. Toutes la classes sociales, toutes les architectures, toutes les vies quotidiennes y passe… même si cela reste très contemplatif, certains plans sont drôles, d’autres intéressant – pour l’aspect historique – et de rares mises en parallèle feront réfléchir. C’est pas fondamentalement chiant, loin de là, y’a des choses sympa, mais ça casse pas non plus des pattes à un canard, surtout quand on dépasse l’heure.

Le Dj: Jeff Mills (accompagné d’un percussioniste)
L’un des pères spirituels de la techno (ceci vous dis peut-être quelque chose?), Jeff Mills est la figure de proue du beat from Detroit (le Berlin d’outre-atlantique) et oeuvre à sa diffusion depuis plusieurs décennies désormais. Et avec les années qui passent, ce Dieu ambulant malgré tout méconnu se diversifie et produit notamment des ciné-mix (non vus), celui-ci étant son 1er film français et son 1er documentaire.

Contrairement à la majorité de ceux qui liront ces lignes, Jeff Mills a découvert Paris (ou tout au moins le Paris hors clubs) au travers de ce film… avant de reparcourir les mêmes quartiers de ses propres yeux. Expérience fortuite et – d’après lui – fascinante, il a spécialement apprécié l’aspect mystique de l’architecture parisienne.

D’où un mix assez mystique, lancinant qui ondulera entre des phases calmes et d’autres plus énergiques, celles qui vous titillent et donnent envie d’aller s’agiter sur un dancefloor. Le mec est bon, point.

Le Ciné-mix:
Le mix est clairement bénéfique au film ce dernier étant muet et peu rythmé, un bon beat réfléchi est fort appréciable. Mention spécial pour l’accord entre l’entrée de la péniche dans le tunnel avec un plan agressif sur des chaînes en mouvement frénétiques, propulsant la péniche dans l’obscurité et le ton donné par Jeff Mills au son qui colle parfaitement. On appréciera aussi la séquence de plongeons  en rythme et d’autres détails.

Le film est clairement pas optimal pour la discipline. Les images globalement sympa et le format documentaire / noir & blanc / muet sont appropriés. Mais… mais, ce qui ne colle pas c’est le rythme, ou plutôt l’absence de rythme. Jeff Mills – parce qu’il est bon le saligaud – a trouvé le moyen de justifier ses modulations musicales avec par exemple le passage du Paris fluvial lent au Paris terrestre hyper-dynamique… mais c’est lui qui imprime le rythme. Il ne devrait que le suivre… ce qui est difficile quand il n’y en a pas.

Bilan:
Des images sympa, Jeff Mills est bon et assure comme il peut. Problème, une fiction (ou un documentaire rythmé) est plus adapté au développement d’une musique de plus d’une heure qui doit nécessairement voir son rythme et ses tonalités se diversifier en fonction de l’image, chose difficile ici, même si Jeff Mills est bon. (je l’ai assez dis, ça va?) Pour comparer avec ce qui est comparable, déjà vu un ciné-mix de Duel (1972, Spielberg), film a suspens avec peu de dialogues … et par conséquent tout à fait adapté à la manoeuvre.  Mais on pardonne, la tentative était louable et ça reste sympa à voir. Un mix-video eusse pu être une idée…

Mr Orange

Année: 2012
Titre original: Wrong
Réalisateur: Quentin Dupieux aka Mr. Oizo
Acteur notoire: Eric Judor, William Fichtner

Plot: plot absurde

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première frenchy
En présence de l’équipe du film

Mr Orange: Comme à son habitude, Flat Dupieux a des desseins plus importants que d’honorer son public. S’atteler à son prochain film est bien plus essentiel que d’assurer la promotion de son précédent – pas encore sorti en salle – auprès de ses fans entassés pour l’avant-première. Un coup fourré qui rappelle un certain festival (cliquez pas pour pas voir, c’est pas important). Ceci étant dis, non aficionados du monsieur, juste curieux, je ne peux comparer à ses travaux précédents, mais les ricanements du fond de la salle ont vite mis le ton..

Bienvenue dans le monde de l’absurde, du « tiens, et si je faisais ça? », « pourquoi faire? », « pourquoi ne pas le faire? », « ah oui, dis comme ça… ». C’est drôle, vraiment, ça tape sur les nerfs, un peu… mais ça reste drôle, vraiment…. mais punaise qu’est-ce qu’on a envie de s’éclater la tête sur un mur. Bim. Et c’est re-drôle. Petite pensée à Schizopolis de Soderbergh, évoqué ici.

Les acteurs sont bien, vraiment. Saut qu’il y a Eric, de Ramzy, tous 2 acolytes de Flat Piaf. Mais tiens donc?! J’aime pas eux. Au point de ne pas tilter à la lecture de présence et annonce d’absence d’Eric Judor. Oui, lui aussi a un film mieux à faire à L.-A… j’espère qu’il y améliorera son accent volontairement pourri.

Parce qu’un petit topo… : Paul se fait kidnapper, un justicier écrit, Dolph cherche son chien, une nympho-brutie livre des pizza, un joggeur  ne s’assume pas, un arbre mute, un logo laisse pensif, un mec repeint.. tout ceci n’est pas cohérent? c’est normal.

Au bout d’1h30, le rire devient nerveux, mais on rit toujours. Appréciation non garantie.

Année: 2012
Titre original: Cloclo
Réalisateur: Florent Emilio Siri
Acteurs notoires: Jérémie RenierBenoît Magimel

Plot: Biopic sur Claude François

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Attention! cette critique contient plusieurs scènes incrustées d’une kitchitude navrante !
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Mr Blonde :  Ça fait 2 semaines que je dois la faire, elle arrive enfin. Le film n’est plus très frais dans mon esprit mais tant pis.

Enfin un biopic sur notre chanteur malheureux, idole des minettes des 60’s! Le film retrace tout son parcours depuis son enfance égyptienne, plus ou moins heureuse sous le joug d’un père très (trop) autoritaire, jusqu’à sa mort dont les circonstances ne sont pas encore éclaircies. (désolé ^^)

Le réalisateur Florent Emilio Siri a dû se dire : je vais pas faire comme d’habitude. En effet, quand on voit la filmo du bonhomme : Nid de guêpesOtage et L’Ennemi intime ; on se demande quelle mouche l’a piquée pour en venir à faire un biopic sur Claude François. Cependant, il réussit plutôt bien l’exercice.
Pour le rôle titre, il a choisi Jérémie Renier avec qui il avait déjà travaillé 3 fois (cf sa filmo). L’acteur belge à la tignasse blonde n’avait encore jamais chanté ou dansé (en pro) et a fourni un sacré travail de préparation. 5 mois de boulot, plusieurs coaches et 200 pompes tous les matins (d’un autre côté c’est la base) ont été nécessaires pour transformer le Jérémie Renier de Possessions (où il joue un montagnard grassouillet) en la bête de scène qu’est Cloclo. Sans être un sosie, la transformation est assez frappante pour faciliter l’immersion du spectateur.

Bien sûr si vos cheveux se hérissent dès que vous entendez Belinda,  vous aurez du mal à venir à bout des 2h28. Sinon, bien que le film se penche principalement sur les aspects obscurs du mal aimé et laisse une grande place au drame, les fans apprécieront de (re)découvrir les coulisses de la création de tubes tels que Belles! Belles! Belles! ou encore Magnolia Forever.
Les non-initiés (comme moi) seront surpris de la jalousie et la paranoïa maladive qui le caractérisait. Cet aspect est particulièrement développé dans le film, donc les amoureux des comédies joyeuses passez votre chemin.

Bref, si vous êtes fan de Claude François et pour faire honneur à la prestation de Jérémie Renier qui s’est sacrément sortit les doigts pour le rôle, allez voir le film!. C’est entraînant, touchant, poignant même par moments … Les fans aimeront, les novices apprécieront l’histoire d’un bourreau de travail, dur avec lui et surtout implacable envers son entourage.

Bonus : Une des meilleures scènes du film pour moi est la découverte par Claude François de la reprise de sa chanson Comme d’habitude par le grand Frank Sinatra (son idole). Résultat? Une des  chansons les plus connues au monde  : My Way.
Guest gratos : le crooner est joué par Robert Knepper! /love

Année: 1988
Titre original: The bear
Réalisateur: Jean-Jacques Annaud
Acteurs notoires: Tchécky Karyo, l’Ours

Plot: « Un ourson orphelin, un grand ours solitaire, deux chasseurs dans la forêt. Le point de vue des animaux. »

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Contexte: ex-traumatisé anonyme en petit enfant que j’étais, j’ai été renvoyé au casse-pipe en tant qu’éclaireur pour mes nièces. J’y suis allé à reculons jusqu’à ce soir où j’ai foncé tête baissée, louant Odin, engaillardi par l’hydromel, armé d’une hache à 2 mains, en hurlant « the world is mine ». Bilan: scènes pas évidentes et difficilement évitables pour un jeune enfant. Bambi c’est une promenade de santé à côté.

Jean-Jacques Annaud est de ces réalisateurs hors-systèmes qui a réussi à trouver des producteurs pour financer ses projets les plus fous, lui permettant de s’imposer comme une figure à part du cinéma français à un échelon international. Tourné en anglais dans les Dolomites (Italie), L’ours est un film formidable qui montre la nature telle qu’elle est: magnifique, cruelle, attachante, difficile, drôle (petit ourson sous lsd, c’est magique). Et comme si ça ne suffisait pas, de foutus humains viennent mettre leur nez dedans.

Info bonus: Jean-Jacques Annaud s’est fait mordre les fesses par un ours sur le tournage. Pour le reste, il y a le livre « Les secrets de l’ours« , contant le tournage épique.

Côté acteurs: les ours ont dû être dressés pendant plusieurs années avant le tournage afin de pouvoir exécuter les scènes avec brio. Et quelles scènes: un mâle grizzli se travestit en femelle devant donc afficher une démarche efféminée, un mâle kodiak (ours plus gros qu’un grizzli) doit accepter la présence d’un ourson (le dresseur a reçu des félicitations de ses pairs pour ça) ou boiter. Tcheky Karyo a quant à lui simplement dit au public « coucou, j’suis bon ». Sachez que le dressage d’animaux sauvage est un métier très éclectique: un des dresseurs d’ours a aussi participé au dressage des… mouches dans La mouche de D. Cronenberg!

Bilan: passages difficiles compensés d’une multitude de scènes fabuleuses de la vie de notre petit ourson ultra attachant et de son papa adoptif rancunier qui vont devoir affronter quantité d’épreuves dans un décor époustouflant! Seul reproche: la musique a pris un coup de vieux.

Rassurez-vous: la fin est très drôle :)

Année: 2012
Réalisateur: Alexandre de La PatellièreMatthieu Delaporte
Acteurs notoires: Patrick BruelCharles BerlingValérie BenguiguiGuillaume De TonquédecJudith El Zein.

Plot: Repas entre amis/famille qui dégénère à cause du prénom d’un futur nouveau-né.

Sources utiles: Allociné
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Mr Blonde :  Bonne surprise! Je suis rarement aficionado des productions françaises qui sont en générale de qualité douteuse, mais là c’est pas mal. Voire pas mal du tout! Une des premières raisons est qu’avant tout il y a une écriture derrière le film. Eh oui messieurs les scénaristes français, dans votre nom de métier y’a scénario souvenez-vous en plus souvent : ) .

Le Prénom est l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre à succès éponyme. Le film conserve les mêmes metteurs en scène et les mêmes acteurs que la pièce. UNE exception : Charles Berling remplace Jean-Michel Dupuis dans le rôle de l’intello de gauche, odieux mais délicieux. En « rôle principal », Patrick Bruel en playboy de droite à l’humour douteux qui se défend plutôt bien dans un rôle déjà répété 250 fois sur les planches.

À noter deux très bon acteurs :
Valérie Benguigui : mais si vous savez….la voyante dans Kaamelott saison 5 :p
Guillaume De Tonquédec : qui joue souvent les seconds rôles. On a pu l’apercevoir dans Frantic (Polanski) ou le très très bon Deux jours à tuer.

Après m’être fait spammé la bande annonce au cinéma 4 ou 5 fois dans le mois, je m’attendais à avoir tout vu (comme il est coutume), mais il n’est point. Au contraire la bande annonce est plutôt bien faite.

Spoiler : [je dirais même plus, elle lance sur de fausses pistes. ]

La comédie vire rapidement en comédie dramatique et c’est là toute la force du film : pouvoir faire des aller-retours entre rires et silences gênés (très gênés). Le film gagne en puissance et en intensité, le tout à rythme soutenu : on ne s’ennuie pas. Il ne faut juste pas oublier que c’est avant tout un scénario de théâtre, les traits de caractère des personnages sont donc grossis à l’extrême.

Le film ne tourne pas en rond évolue rapidement vers des discours plus profonds qui la démarque d’une bête comédie dramatique. À voir!

Année: 2011
Titre original: Les Lyonnais
Réalisateur: Olivier Marchal
Acteurs notoires: Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval, Lionnel Astier

Plot: Momon, gangster à la retraite, est rattrapé par son passé.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Soyons honnêtes, on va pas y aller par 4 chemins: un film d’Olivier Marchal est un bon film, par définition… d’autant plus qu’il est ici accompagné de bonnes gueules du cinéma. En guest: Simon Astier (Hero Corp), frère de son frère Alexandre (Kaamelott) et fils de son père… Lionnel!

Pour son 4e film, notre marshal national passe du côté obscure de la force, centrant son objectif non plus sur des flics, mais sur des ripoux… et quels ripoux: le gang des Lyonnais qui a eu ses heures de gloires autour des années 70 notamment grâce à des braquages sans bavures. C’est à peu près là que s’arrête l’aspect « histoire vraie ». Le scénario mêlant réalité et fiction s’inspire du biopic d’Edmond Vidal, Lyonnais à la retraite.

Le film se situe entre 2 époques et est définitivement une déclaration d’amour à l’une d’elle. Pour le citer: « Les gangsters d’hier avaient une morale. » … et … « les gens attendent des flics qui, au lieu de les agresser, les protègent. » Le reste de sa très bonne interview ici (long) ou  (plus court), il en a des choses à dire. Pour en revenir au sujet, le film est a cheval entre les années 70, couleur sépia, et un présent sans filtre. L’aspect braquage / jeu du chat et de la souris sont mis à l’écart, le film s’intéressant plus à la rédemption d’un ancien gangster dont les valeurs vont le pousser inexorablement à remettre les mains dedans.

Les gros défaut du film sont finalement ses acteurs de trop gros calibres:
– le charisme des gueules des Lyonnais vétérans écrasent complètement les jeunes premiers qu’ils étaient au moment de leurs faits d’armes.
spoiler: l’effet twist est gâché par Tcheky Karyo (/love ++) qui joue irrémédiablement des rôles de pourris, on l’aime pour ça, mais on l’attend aussi pour ça. ]

Notes:
– c’est le 1er patron d’Olivier Marchal, alors flic, qui a démantelé le dis gang des Lyonnais.
– c’est Roger Knobelspiess (ancien gangster, maintenant acteur) qui l’a contacté, Edmond Vidal ayant envisagé Olivier Marchal comme seule option d’une éventuelle adaptation à l’écran de son livre.

Olivier Marshal, maître du bon gros polar made in France, signe un film plus léger qu’à son habitude, moins rocambolesque, moins tendu, moins sombre mais qui ne perd pas pour autant en qualité pour un film plus mature.

Année: 1997
Titre original: Dobermann
Réalisateur: Jan Kounen
Acteurs notoires: Vincent Cassel, Tcheky Karyo, Monica Bellucci, Romain Duris

Plot: des braqueurs braquent, des flics fliquent.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Dobermann fait parti de ces bons gros classiques, ceux dans  lesquels on se perd à revoir une scène… puis deux… puis la quasi-totalité encore et encore… Premier film de Jan Kounen, et pas des moindres: une véritable perle « tarentinesque » frenchy. C’est pas tous les jours qu’on en voit des comme ça. Ce film est juste dingue: acteurs dans l’apogée de leur art, réalisation magistrale… pour un enchainement de scènes exquises, aux dialogues cultissimes… du divertissement testostéroné à l’état pur, la perle de la perle.

 Quand tu rentres dans la banque, le souffle de la roquette a collé tout le monde au mur…
 Le souffle de la roquette… C’est beau, c’est noël !
 Ça sent l’sapin…

Les personnages, caricatures ambulantes, sont extraordinaires: Moustique, le Curé, Manu, Pitbull, le Dob’, la Gitane… raaaah /love ++  houba   \ o /  houba  \ o /  ! Purement et simplement, tous. Et celui qui tire encore mieux son épingle du jeu, ce n’est pas V. Cassel qui sort de la gloire de La Haine ni R. Duris méconnu à l’époque et bien loin de son parigo-trentenaire-blasé-Klapisché… mais bien Tcheky Karyo (mon petit favoris… il devrait faire un duo de bad guy avec Gary Oldman…bref…) qui vole la vedette en génie malfaisant ultime et confirme… sublime une règle inébranlable: la qualité d’un film se mesure au bad guy. Il avait déjà fait ses preuves dans Nikita (L. Besson), Bad Boys (M. Bay)… et il est revenu depuis à son rôle de prédilection, mais c’est ici qu’il embrasse la malfaisance ultime en flic pourri ultime, immoral au possible. Et il confirme la 2e règle du méchant: quand le méchant a des tendances nazies, c’est mieux. C’est pas pour rien que Christoph Waltz s’est payé son heure de gloire…

– C’est le motard il nous a allumé à bout portant.
– Le Seigneur l’a châtié, il a rejoint le paradis des hommes sans tête.

C’est violent (voire gore, attention au final), c’est bourré d’humour, c’est gratuit et totalement décomplexé, ça avance à 200 km/h, ça défourraille sévère et on assiste à un super duel gentils malfrats VS flics pourris… véritable bombe cinématographique… se torchant (littéralement) avec Les Cahiers du Cinéma… que demander de plus? franchement?

[à son père]
– Nan, c’est moi qu’ils sont venus chercher… J’ai jamais été à la fac, je suis une putain. Tu voulais que je devienne un avocat ? Ben c’est à moitié réussi je suis déjà un enculé… Et toi maman c’est pas la peine de me filer tous tes médicaments, si je pète tout le temps c’est que j’arrête pas de me faire défoncer le cul.

Bonne nouvelle: un Dobermann 2 serait en pré-production Hollywoodienne, V. Cassel et T. Karyo ayant donnés leur aval pour reprendre leur personnage respectif… mais snobé par Jan Kounen…

– Putain ça me fait chier de travailler à côté d’une équipe de nazis. Je te jure, ça me fait vraiment chier!
– Bah achète des boules quies…

Année : 2012
Réalisateurs : Alain Chabat

Acteurs notoires : Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot, Géraldine Nakache , Lambert Wilson, Patrick Timsit

Plot : Houba!

Liens utiles : IMDb, Allociné
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Mr Blonde : Prenez un album de la bande dessinée  « Le Marsupilami » d’André Franquin, déchirez le en mille morceaux, brûlez les morceaux, sniffez les cendres, mouchez vous et jettez le mouchoir dans la première poubelle qui passe. Vous êtes à une vache près rendu au même niveau d’écriture que ce qui sert de scénar à cette bouse inter galactique qu’est Sur la piste du Marsupilami.

Après m’être défoulé je peux modérer mon propos : Il y a de bonnes choses mais le film manque cruellement d’écriture. Pourtant je suis un fan d’Alain Chabat. Mais là on est loin de son talent qui nous a tant fait rire avec Mission Cléopâtre, Les Nuls & Co. Même RRRrrrr !!! qui pourtant peut paraître franchement lourd pour certains m’a fait beaucoup rire. Ce qui m’inquiète c’est que selon ses dires lors des récentes interviews : Il travaille le scénario depuis 2005!   Ah bon???

Premièrement : Le Marsupilami…. IL FAIT HOUBA!!!!!!!!! Il fait pas un ruminement bizarre entre le gremlin et le raton laveur. C’est un détail mais il est de taille.
Je cite Allociné : « Pour coller le plus possible à l’œuvre originelle, le réalisateur Alain Chabat alla même jusqu’à respecter la tonalité des « HOUBA ! » du Marsupilami ! Il s’appuya pour cela sur une bande sonore où André Franquin enregistre pendant plusieurs heures le parfait ton à emprunter pour ce fameux cri.  » FAUX!

Jouons au jeu des 7 différences :

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On va encore dire que je chipote mais … d’où le Marsupilami a le torse blanc??
Le soucis du détail a été respecté pour beaucoup de choses : le nid, ses déplacements, la façon dont il se bat… Alors pourquoi ne pas être fidèle jusqu’au bout?

Deuxièmement : le scénario. Comme toute bonne comédie française à 2 francs qui se respecte, on a affaire à une succession de sketchs plus ou moins drôles dont 90% sont passés dans la bande annonce pour appâter le badaud moyen.
Le vrai soucis du film c’est les scènes de remplissage. Tout le temps la même chose, prévisibles et peu originales. On sent la patte Chabat par-ci par-là mais la mayonnaise prend pas. Au point qu’on vient à se demander si ce qu’on voit est un sketch ou une scène de remplissage. De plus, la plupart des sketchs sont complètement WTF?? Mais alors vraiment WTF!!

Dans cette purée surnagent tout de même quelques instants d’une grande qualité humoristique. Debbouze et Chabat s’en tirent pas trop mal en tant qu’acteur. (j’ai dit pas trop mal…) Lambert Wilson  est complètement magique et offre une prestation finale très très éloignée Des hommes et des dieux  et par la même occasion un fou rire assuré. Cependant, Fred Testot et Patrick Timsit irritent assez rapidement et ne sont pas à la hauteur de leur talent.

Pour sa défense Alain Chabat respecte bien les codes de la BD : pas de morts, pas de sang, pas de gros mots, pas de sexe et une  vision écolo du film.

En bref : Film réservé aux enfants <6 ans et aux fans acharnés de l’humour Chabat pour quelques  scènes drôles.

PS : Je ne verrai plus jamais un chihuahua de la même façon.

Et paf, prenez-vous en plein les mirettes

Bande à part c’est quoi? Un film de Jean-Luc Godard, acteur majeur de la Nouvelle Vague alors en pleine effervescence. On suit 2 petits voyous, Franz et Arthur qui apprennent l’existence d’un magot caché chez la tante d’Odile camarade un poil trop naïve et centre du triangle amoureux. Le film n’est pas transcendant mais contient de nombreuses scènes anthologiques.

Nouvelle Vague kézako? C’est le mouvement de cinéma français qui est né à la fin des années 50 de jeunes réalisateurs voulant chambouler le cinéma traditionnel. En l’occurrence, ici Godard n’y va pas de main morte: voix off (de Godard lui-même) s’adressant directement au spectateur qui se perd dans des descriptions d’un lyrisme exacerbé. Oui, Godard qualifie la place de Clichy comme étant l’une des plus belles places de Paris. C’était y’a 50 ans hein! Et Godard est joueur, lorsqu’Odile propose une minute de silence, Godard coupe littéralement le son du film, pendant une petite minute jusqu’à ce que Franz tranche par un « ça suffit ».

Et Bande à part c’est quoi d’autre? Un des films favoris de Quentin Tarantino qui a notamment nommé sa société de production: A Band Apart et s’est inspiré de la fameuse scène de Madison avec Franz, Arthur et Odile pour le « twist contest » avec Uma Thurman et John Travolta.

/love le rush du Louvre en 9 minutes et 43 secondes.

Mr Orange

 Année: 2012
Réalisateur: Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès

Acteur notoire: Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty

Plot: 6 sketchs sur l »infidélité.

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde :  Décidément Dujardin enchaîne les films à risques. Après un noir et blanc muet, on le retrouve ici dans un film à sketch. L’essai est plutôt réussi mais pas transformé. Loin de là.
Ce qui caractérise Les Infidèles c’est son inégalité.

Le film peut se scinder en 3 couples de sketch : 2 plutôt mauvais , 2 moyens, 2 très bons. L’impression finale est donc mitigée. On passe d’un sketch très lourd avec une ambiance pesante et un comique de répétitions grossier dont ressort un ridicule qui met mal à l’aise….   (Déception de la part de Michel Hazanavicius)

… à un sketch drôle, vraiment très drôle où Manu Payet et Sandrine Kiberlain nous offrent une belle performance d’acteur. (Manu Payet est juste Magique!)

La déception vient du fait que la bande annonce et les teasers ne préparent pas assez le spectateur au 45 min de drame qui compose en partie le film. L’infidèle est parfois drôle mais il est surtout dépeint comme un looser fini dont la déchéance n’a d’égale que le malaise et la honte  que l’on peut ressentir pour lui. Perdu dans sa solitude , triste, s’engluant dans les méandres de ses réflexions sur les relations Hommes-Femmes, l’infidèle nous inspire alors que de la pitié.

Bravo tout de même à Emmanuelle Bercot qui selon moi réussit le mieux l’exercice en confrontant Dujardin et sa femme Alexandra Lamy dans un sketch dont l’intensité et l’émotion montent crescendo. Le résultat est poignant.  On découvre une Alexandra Lamy meilleure que jamais. On regrette presque qu’elle n’ait pas été plus présente.

Les multiples réalisateurs ont voulu montrer les différentes facettes de l’infidèle. L’ensemble ressort déséquilibré où certains sketchs manquent sévèrement d’écriture et d’autres comme « La Question » et « Les Infidèles Anonymes » valent franchement le détour.

Année: 2011
Titre original: The Artist
Réalisateur: Michel Hazanavicius
Acteurs notoires: Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, Malcolm McDowell

Plot: Une star du film muet doit faire face à l’arrivée du film parlant.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Comment présenter un film qui fait le buzz depuis Cannes 2011?! Comment dire ce qui a déjà dû être sur-dis?! J’avoue que ça fait 6 mois que j’me dis qu’il faut le voir… mais que le format muet-N&B est plutôt répulsif et n’étant pas un grand fan du ciné pré-60’s… pas motivé quoi. M’enfin, j’ai beau avoir ignoré les récompenses reçues à foison jusqu’ici… après un week-end riche en statuettes dorées, j’ai dû faire face à la bête… et quelle bête!

Pour faire bref, sans en être fan, on doit reconnaître que c’est un superbe hommage au cinéma des années 20-30… au point de presque donner envie de s’en payer une tranche! Enfin faut pas déconner… du muet-N&B c’est rigolo sur un film d’1h30… m’enfin de là à ne jurer que par ça, y’a des limites. Ceci étant dit, très bel exercice technique remporté avec brio… au point que M. Hazanablabla s’octroie le droit de jouer avec le format du film, ce qui est d’autant plus jouissif. Le scénario est vraiment sympa (quoi que la phase de dépression m’a un peu bercé), la mise en scène est parfaite… bref, chapeau!

Quand aux acteurs, bah si ils raflent les petites statuettes dorées, c’est pas pour rien hein. Le jeu est génial, J. Dujardin est comme un poisson dans l’eau. Ce film est d’ailleurs une superbe expérience,  rappelant qu’avec un bon jeu d’acteur et une réalisation adéquate, la parole devient facilement futile. On se surprend à apprécier le cinéma sous un angle plus profond, par simple lecture de l’image, et ça, c’est cool.

A voir.

Bonus: la présence de guests tels que John Goodman et Malcolm McDowell (pas vu depuis Caligula… ça change!) pour appuyer internationnalement nos petits frenchies est fort appréciable !

Année: 2006
Titre original: Astérix et les Vikings
Réalisateur: Stefan Fjeldmark et Jesper Møller
Voix notoires: Roger Carel, Lorànt Deutsch, Pierre Palmade

Plot: Adaptation (libre) d’Astérix et les Normands

Source utile: Allociné

Mr Orange: Oui, la consonance des noms des réalisateurs n’est pas là pour nous duper, c’est bien des réalisateurs danois qui ont réalisé Astérix et les Vikings… avec une équipe française, bénie par Uderzo en personne, dans laquelle on retrouve par exemple la traditionnelle voix d’Astérix, Roger Carel.

Quoi qu’il en soit, cet Astérix n’est pas anodin: ce n’est autre que le 1er Astérix animé depuis… 12 ans! Le cinéma ayant été préféré dernièrement. D’ailleurs, fort de l’expérience cinématographique et notamment d’Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, ce dernier opus s’est remis un peu au goût du jour, avec des jeux de mots et autres références culturelles plus d’actualité.

Bon, ceci étant dis, le film reste essentiellement adressé à un public jeune, une histoire très simple, des gags assez simples… et pourtant plutôt efficaces. S’octroyer 1h30 d’enfantillages n’est pas forcément désagréable…

 Année: 2007
Titre original: Le renard et l’enfant
Réalisateur: Luc Jacquet
Acteurs notoires: Isabelle Carré, Bertille Noël-Bruneau

 Plot: Une jeune fille se lie d’amitié avec un renard.

 Sources utiles: Allociné & IMDb

 Mr Orange: Pour contrebalancer avec les derniers films présentés (ici ou ), voilà un fabuleux conte d’une belle amitié entre une petite fille et un renard sauvage. Luc Jacquet n’en est pas à sa première avec les animaux, ayant déjà réalisé La marche de l’empereur. Mais contrairement aux manchots, ici on a le droit à un vrai film, issu d’un scénario avec toutes les contraintes imaginables. Le film est donc issu à la fois  d’un tournage traditionnel, avec des animaux dressés, ainsi que d’un tournage « into the wild » avec de vrais animaux sauvages. Et le jeu en vaut la chandelle.

Les images sont tout simplement époustouflantes. Les moments de vie – relativement – sauvage sont absolument géniaux. Bien évidement, il vaut mieux pas être trop fatigué, sinon on se retrouve tellement bercé par ce conte qu’on risque d’en louper des bouts. Quoi que l’on a droit à nos petits moments de montée en tension très appréciés. Et cet apparent quasi-documentaire sait nous mener par bien des sentiments, rire, haine, peur, stress, émerveillement…

Côté acteur, c’est trèèèèès limité (pour ça que j’ai précisé le nom de la petite fille qui est totalement inconnue au bataillon). Bertille, petite rouquine au jeu très juste, qui court dans les champs, à la recherche de son renard bien aimé, et Isabelle Carré en voix off, qui nous compte ses impressions.

Point positif ou négatif, tout dépend des opinions: on a le droit à tout pleeeeeeein d’animaux sauvages, dont certains n’ont plus galopé sur des versants alpins depuis bien des années. Donc, c’est d’une authenticité relative… m’enfin qui va se plaindre d’avoir le droit à tant de spectacle?

Bref, grosse bouffée de nature, superbe conte prenant la défense d’une vie sauvage épanouie… parfait pour s’apaiser l’esprit et se détacher d’un monde de béton et de pollution…

 Année: 1991
Réalisateur: Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro
Acteurs notoires: Dominique Pinon, Chick Ortega

 Plot: Une communauté cannibale centrée autour de la boucherie alimentant l’immeuble voit l’arrivée d’une nouvelle proie: un clown inconscient du danger qui le guette.

 Sourcces utiles: Allociné & IMDb

 Mr Orange: Premier long-métrage de Jeunet & Caro: bienvenue dans leur univers poétique et tordu. Le film se passe dans un univers ébranlé, hiver nucléaire? Les gens s’organisent pour survivre en groupe, les temps sont durs, la nourriture est une denrée rare… au point de devenir une monnaie d’échange. Il reste néanmoins des résidus de société: facteur, taxi, journaux, télé (N&B), commerce de jouets (boîtes à meuh…).

Bien sûr, Dominique Pinon est là, véritable muse du couple Jeunet / Caro, que l’on retrouve dans TOUS leurs films. Ancien clown, il devient homme à tout faire, il va s’immiscer dans la routine cannibale de notre communauté hétéroclite, et bien évidement, la perturber. Les habitants de l’immeuble sont très stéréotypés et hauts en couleurs, survivant à leur façon dans ce monde de débrouille.

Caractéristique de Jeunet/Caro, l’univers dépeint est truffé de petites histoires, de petits bidules, gadgets et autres inventions steampunk. Mention spéciale pour les divers tentatives de suicide de Madame Inteligator. Autre mention spéciale: la séquence montrant l’immeuble vivant au rythme du coït entre le boucher et sa belle.

Bref, avec un univers, une image, une poésie parfaitement maitrisée, Delicatessen mérite bien ses oscars, et demande une attention particulière, pour en apprécier la quantité de détails.

Note: oui on parle d’un film où une dizaine d’individus se font un bon gueuleton de la cuisse du voisin, mais non, nous n’assistons à aucune scène trash, tout est dans la suggestion.