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Frenchy

zuluZulu de Kérôme Salle, 2013

Aaaaaah, un vrai bon film français! Orlando Bloom a enfin un rôle sombre, viril… et il est doué le garnement! Il volerait – presque – la vedette à Forest Whitaker, qui impose toujours son talent.

Une bonne réalisation qui dessert un scénario bien ficelé. Résultat: bon polar qui sait nous prendre aux tripes quand il faut.

En plus, l’équipe du film est sympa :).

A voir. Précipitez vous dans les salles!

Mr Orange.

PS: et voui, nous expandons le blog, nous créons de nouvelles rubriques :)

Festival Paris Cinéma: ciné-mix

Ouverture de la double nuit HK avec un ciné-mix du film Etudes à Paris par Jeff Mills.

Le film: Etudes sur Paris d’André Sauvage, 1928
Documentaire muet en noir et blanc, Etudes à Paris immortalise un tout-Paris des années 20 au travers de 5 thèmes. Une entrée fluviale dans Paris par le Nord, via les canaux de Saint-Denis puis St Martin, tiré par un toueur. Une traversée Nord-Sud de la Porte de la Chapelle à la Porte de Versailles. Les iles de Paris, le Luxembourg, la périphérie. Toutes la classes sociales, toutes les architectures, toutes les vies quotidiennes y passe… même si cela reste très contemplatif, certains plans sont drôles, d’autres intéressant – pour l’aspect historique – et de rares mises en parallèle feront réfléchir. C’est pas fondamentalement chiant, loin de là, y’a des choses sympa, mais ça casse pas non plus des pattes à un canard, surtout quand on dépasse l’heure.

Le Dj: Jeff Mills (accompagné d’un percussioniste)
L’un des pères spirituels de la techno (ceci vous dis peut-être quelque chose?), Jeff Mills est la figure de proue du beat from Detroit (le Berlin d’outre-atlantique) et oeuvre à sa diffusion depuis plusieurs décennies désormais. Et avec les années qui passent, ce Dieu ambulant malgré tout méconnu se diversifie et produit notamment des ciné-mix (non vus), celui-ci étant son 1er film français et son 1er documentaire.

Contrairement à la majorité de ceux qui liront ces lignes, Jeff Mills a découvert Paris (ou tout au moins le Paris hors clubs) au travers de ce film… avant de reparcourir les mêmes quartiers de ses propres yeux. Expérience fortuite et – d’après lui – fascinante, il a spécialement apprécié l’aspect mystique de l’architecture parisienne.

D’où un mix assez mystique, lancinant qui ondulera entre des phases calmes et d’autres plus énergiques, celles qui vous titillent et donnent envie d’aller s’agiter sur un dancefloor. Le mec est bon, point.

Le Ciné-mix:
Le mix est clairement bénéfique au film ce dernier étant muet et peu rythmé, un bon beat réfléchi est fort appréciable. Mention spécial pour l’accord entre l’entrée de la péniche dans le tunnel avec un plan agressif sur des chaînes en mouvement frénétiques, propulsant la péniche dans l’obscurité et le ton donné par Jeff Mills au son qui colle parfaitement. On appréciera aussi la séquence de plongeons  en rythme et d’autres détails.

Le film est clairement pas optimal pour la discipline. Les images globalement sympa et le format documentaire / noir & blanc / muet sont appropriés. Mais… mais, ce qui ne colle pas c’est le rythme, ou plutôt l’absence de rythme. Jeff Mills – parce qu’il est bon le saligaud – a trouvé le moyen de justifier ses modulations musicales avec par exemple le passage du Paris fluvial lent au Paris terrestre hyper-dynamique… mais c’est lui qui imprime le rythme. Il ne devrait que le suivre… ce qui est difficile quand il n’y en a pas.

Bilan:
Des images sympa, Jeff Mills est bon et assure comme il peut. Problème, une fiction (ou un documentaire rythmé) est plus adapté au développement d’une musique de plus d’une heure qui doit nécessairement voir son rythme et ses tonalités se diversifier en fonction de l’image, chose difficile ici, même si Jeff Mills est bon. (je l’ai assez dis, ça va?) Pour comparer avec ce qui est comparable, déjà vu un ciné-mix de Duel (1972, Spielberg), film a suspens avec peu de dialogues … et par conséquent tout à fait adapté à la manoeuvre.  Mais on pardonne, la tentative était louable et ça reste sympa à voir. Un mix-video eusse pu être une idée…

Mr Orange

Année: 2012
Titre original: Wrong
Réalisateur: Quentin Dupieux aka Mr. Oizo
Acteur notoire: Eric Judor, William Fichtner

Plot: plot absurde

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première frenchy
En présence de l’équipe du film

Mr Orange: Comme à son habitude, Flat Dupieux a des desseins plus importants que d’honorer son public. S’atteler à son prochain film est bien plus essentiel que d’assurer la promotion de son précédent – pas encore sorti en salle – auprès de ses fans entassés pour l’avant-première. Un coup fourré qui rappelle un certain festival (cliquez pas pour pas voir, c’est pas important). Ceci étant dis, non aficionados du monsieur, juste curieux, je ne peux comparer à ses travaux précédents, mais les ricanements du fond de la salle ont vite mis le ton..

Bienvenue dans le monde de l’absurde, du « tiens, et si je faisais ça? », « pourquoi faire? », « pourquoi ne pas le faire? », « ah oui, dis comme ça… ». C’est drôle, vraiment, ça tape sur les nerfs, un peu… mais ça reste drôle, vraiment…. mais punaise qu’est-ce qu’on a envie de s’éclater la tête sur un mur. Bim. Et c’est re-drôle. Petite pensée à Schizopolis de Soderbergh, évoqué ici.

Les acteurs sont bien, vraiment. Saut qu’il y a Eric, de Ramzy, tous 2 acolytes de Flat Piaf. Mais tiens donc?! J’aime pas eux. Au point de ne pas tilter à la lecture de présence et annonce d’absence d’Eric Judor. Oui, lui aussi a un film mieux à faire à L.-A… j’espère qu’il y améliorera son accent volontairement pourri.

Parce qu’un petit topo… : Paul se fait kidnapper, un justicier écrit, Dolph cherche son chien, une nympho-brutie livre des pizza, un joggeur  ne s’assume pas, un arbre mute, un logo laisse pensif, un mec repeint.. tout ceci n’est pas cohérent? c’est normal.

Au bout d’1h30, le rire devient nerveux, mais on rit toujours. Appréciation non garantie.

Année: 2012
Titre original: Cloclo
Réalisateur: Florent Emilio Siri
Acteurs notoires: Jérémie RenierBenoît Magimel

Plot: Biopic sur Claude François

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Attention! cette critique contient plusieurs scènes incrustées d’une kitchitude navrante !
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Mr Blonde :  Ça fait 2 semaines que je dois la faire, elle arrive enfin. Le film n’est plus très frais dans mon esprit mais tant pis.

Enfin un biopic sur notre chanteur malheureux, idole des minettes des 60’s! Le film retrace tout son parcours depuis son enfance égyptienne, plus ou moins heureuse sous le joug d’un père très (trop) autoritaire, jusqu’à sa mort dont les circonstances ne sont pas encore éclaircies. (désolé ^^)

Le réalisateur Florent Emilio Siri a dû se dire : je vais pas faire comme d’habitude. En effet, quand on voit la filmo du bonhomme : Nid de guêpesOtage et L’Ennemi intime ; on se demande quelle mouche l’a piquée pour en venir à faire un biopic sur Claude François. Cependant, il réussit plutôt bien l’exercice.
Pour le rôle titre, il a choisi Jérémie Renier avec qui il avait déjà travaillé 3 fois (cf sa filmo). L’acteur belge à la tignasse blonde n’avait encore jamais chanté ou dansé (en pro) et a fourni un sacré travail de préparation. 5 mois de boulot, plusieurs coaches et 200 pompes tous les matins (d’un autre côté c’est la base) ont été nécessaires pour transformer le Jérémie Renier de Possessions (où il joue un montagnard grassouillet) en la bête de scène qu’est Cloclo. Sans être un sosie, la transformation est assez frappante pour faciliter l’immersion du spectateur.

Bien sûr si vos cheveux se hérissent dès que vous entendez Belinda,  vous aurez du mal à venir à bout des 2h28. Sinon, bien que le film se penche principalement sur les aspects obscurs du mal aimé et laisse une grande place au drame, les fans apprécieront de (re)découvrir les coulisses de la création de tubes tels que Belles! Belles! Belles! ou encore Magnolia Forever.
Les non-initiés (comme moi) seront surpris de la jalousie et la paranoïa maladive qui le caractérisait. Cet aspect est particulièrement développé dans le film, donc les amoureux des comédies joyeuses passez votre chemin.

Bref, si vous êtes fan de Claude François et pour faire honneur à la prestation de Jérémie Renier qui s’est sacrément sortit les doigts pour le rôle, allez voir le film!. C’est entraînant, touchant, poignant même par moments … Les fans aimeront, les novices apprécieront l’histoire d’un bourreau de travail, dur avec lui et surtout implacable envers son entourage.

Bonus : Une des meilleures scènes du film pour moi est la découverte par Claude François de la reprise de sa chanson Comme d’habitude par le grand Frank Sinatra (son idole). Résultat? Une des  chansons les plus connues au monde  : My Way.
Guest gratos : le crooner est joué par Robert Knepper! /love

Année: 1988
Titre original: The bear
Réalisateur: Jean-Jacques Annaud
Acteurs notoires: Tchécky Karyo, l’Ours

Plot: « Un ourson orphelin, un grand ours solitaire, deux chasseurs dans la forêt. Le point de vue des animaux. »

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Contexte: ex-traumatisé anonyme en petit enfant que j’étais, j’ai été renvoyé au casse-pipe en tant qu’éclaireur pour mes nièces. J’y suis allé à reculons jusqu’à ce soir où j’ai foncé tête baissée, louant Odin, engaillardi par l’hydromel, armé d’une hache à 2 mains, en hurlant « the world is mine ». Bilan: scènes pas évidentes et difficilement évitables pour un jeune enfant. Bambi c’est une promenade de santé à côté.

Jean-Jacques Annaud est de ces réalisateurs hors-systèmes qui a réussi à trouver des producteurs pour financer ses projets les plus fous, lui permettant de s’imposer comme une figure à part du cinéma français à un échelon international. Tourné en anglais dans les Dolomites (Italie), L’ours est un film formidable qui montre la nature telle qu’elle est: magnifique, cruelle, attachante, difficile, drôle (petit ourson sous lsd, c’est magique). Et comme si ça ne suffisait pas, de foutus humains viennent mettre leur nez dedans.

Info bonus: Jean-Jacques Annaud s’est fait mordre les fesses par un ours sur le tournage. Pour le reste, il y a le livre « Les secrets de l’ours« , contant le tournage épique.

Côté acteurs: les ours ont dû être dressés pendant plusieurs années avant le tournage afin de pouvoir exécuter les scènes avec brio. Et quelles scènes: un mâle grizzli se travestit en femelle devant donc afficher une démarche efféminée, un mâle kodiak (ours plus gros qu’un grizzli) doit accepter la présence d’un ourson (le dresseur a reçu des félicitations de ses pairs pour ça) ou boiter. Tcheky Karyo a quant à lui simplement dit au public « coucou, j’suis bon ». Sachez que le dressage d’animaux sauvage est un métier très éclectique: un des dresseurs d’ours a aussi participé au dressage des… mouches dans La mouche de D. Cronenberg!

Bilan: passages difficiles compensés d’une multitude de scènes fabuleuses de la vie de notre petit ourson ultra attachant et de son papa adoptif rancunier qui vont devoir affronter quantité d’épreuves dans un décor époustouflant! Seul reproche: la musique a pris un coup de vieux.

Rassurez-vous: la fin est très drôle :)

Année: 2012
Réalisateur: Alexandre de La PatellièreMatthieu Delaporte
Acteurs notoires: Patrick BruelCharles BerlingValérie BenguiguiGuillaume De TonquédecJudith El Zein.

Plot: Repas entre amis/famille qui dégénère à cause du prénom d’un futur nouveau-né.

Sources utiles: Allociné
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Mr Blonde :  Bonne surprise! Je suis rarement aficionado des productions françaises qui sont en générale de qualité douteuse, mais là c’est pas mal. Voire pas mal du tout! Une des premières raisons est qu’avant tout il y a une écriture derrière le film. Eh oui messieurs les scénaristes français, dans votre nom de métier y’a scénario souvenez-vous en plus souvent : ) .

Le Prénom est l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre à succès éponyme. Le film conserve les mêmes metteurs en scène et les mêmes acteurs que la pièce. UNE exception : Charles Berling remplace Jean-Michel Dupuis dans le rôle de l’intello de gauche, odieux mais délicieux. En « rôle principal », Patrick Bruel en playboy de droite à l’humour douteux qui se défend plutôt bien dans un rôle déjà répété 250 fois sur les planches.

À noter deux très bon acteurs :
Valérie Benguigui : mais si vous savez….la voyante dans Kaamelott saison 5 :p
Guillaume De Tonquédec : qui joue souvent les seconds rôles. On a pu l’apercevoir dans Frantic (Polanski) ou le très très bon Deux jours à tuer.

Après m’être fait spammé la bande annonce au cinéma 4 ou 5 fois dans le mois, je m’attendais à avoir tout vu (comme il est coutume), mais il n’est point. Au contraire la bande annonce est plutôt bien faite.

Spoiler : [je dirais même plus, elle lance sur de fausses pistes. ]

La comédie vire rapidement en comédie dramatique et c’est là toute la force du film : pouvoir faire des aller-retours entre rires et silences gênés (très gênés). Le film gagne en puissance et en intensité, le tout à rythme soutenu : on ne s’ennuie pas. Il ne faut juste pas oublier que c’est avant tout un scénario de théâtre, les traits de caractère des personnages sont donc grossis à l’extrême.

Le film ne tourne pas en rond évolue rapidement vers des discours plus profonds qui la démarque d’une bête comédie dramatique. À voir!

Année: 2011
Titre original: Les Lyonnais
Réalisateur: Olivier Marchal
Acteurs notoires: Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval, Lionnel Astier

Plot: Momon, gangster à la retraite, est rattrapé par son passé.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Soyons honnêtes, on va pas y aller par 4 chemins: un film d’Olivier Marchal est un bon film, par définition… d’autant plus qu’il est ici accompagné de bonnes gueules du cinéma. En guest: Simon Astier (Hero Corp), frère de son frère Alexandre (Kaamelott) et fils de son père… Lionnel!

Pour son 4e film, notre marshal national passe du côté obscure de la force, centrant son objectif non plus sur des flics, mais sur des ripoux… et quels ripoux: le gang des Lyonnais qui a eu ses heures de gloires autour des années 70 notamment grâce à des braquages sans bavures. C’est à peu près là que s’arrête l’aspect « histoire vraie ». Le scénario mêlant réalité et fiction s’inspire du biopic d’Edmond Vidal, Lyonnais à la retraite.

Le film se situe entre 2 époques et est définitivement une déclaration d’amour à l’une d’elle. Pour le citer: « Les gangsters d’hier avaient une morale. » … et … « les gens attendent des flics qui, au lieu de les agresser, les protègent. » Le reste de sa très bonne interview ici (long) ou  (plus court), il en a des choses à dire. Pour en revenir au sujet, le film est a cheval entre les années 70, couleur sépia, et un présent sans filtre. L’aspect braquage / jeu du chat et de la souris sont mis à l’écart, le film s’intéressant plus à la rédemption d’un ancien gangster dont les valeurs vont le pousser inexorablement à remettre les mains dedans.

Les gros défaut du film sont finalement ses acteurs de trop gros calibres:
– le charisme des gueules des Lyonnais vétérans écrasent complètement les jeunes premiers qu’ils étaient au moment de leurs faits d’armes.
spoiler: l’effet twist est gâché par Tcheky Karyo (/love ++) qui joue irrémédiablement des rôles de pourris, on l’aime pour ça, mais on l’attend aussi pour ça. ]

Notes:
– c’est le 1er patron d’Olivier Marchal, alors flic, qui a démantelé le dis gang des Lyonnais.
– c’est Roger Knobelspiess (ancien gangster, maintenant acteur) qui l’a contacté, Edmond Vidal ayant envisagé Olivier Marchal comme seule option d’une éventuelle adaptation à l’écran de son livre.

Olivier Marshal, maître du bon gros polar made in France, signe un film plus léger qu’à son habitude, moins rocambolesque, moins tendu, moins sombre mais qui ne perd pas pour autant en qualité pour un film plus mature.