archive

Europe

departement-v-misericorde-profanation-1

Année: 2013 (FR: 2015)
Titre original: Kvinden i buret et Fasandræberne
Réalisateur: Mikkel Nørgaard
Acteurs notoires: Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares

Plot: un flic teigneux fouille les archives.

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: Série de polar importée du Danemark, les 2 premiers volets des Enquêtes du Département V, Miséricorde et Profanation sont sortis quasi simultanément, l’un en e-cinéma, l’autre au cinéma. Choix appréciable qui nous change des sagas avec une sortie calée à chaque Noel. Attention, il parait que nous avons affaire à des « cartons cinématographique » adaptés de « cartons littéraires »… au Danemark. Reste à voir ce que cela donne à l’internationale…

Rentrons de le vif du sujet.

C’est un polar noir, drôle parfois. Il y a un flic bourru, teigneux, alcoolique, divorcé, irrespectueux, je-m’en-foutiste, têtu, taciturne, dont-personne-ne-veut-malgré-son-talent-indéniable… et son acolyte basané, sympa et sociable. Il y a un scénario / fait divers glauque. L’ensemble (montage, image) est bien alambiqué. L’enquête avance à petit pas. Quelques scènes assez graphiques nous rappellent qu’on est pas au Club Mickey. Les acteurs ont une bonne gueule et nous changent des petits princes hollywoodiens. Certains « flashbacks » sur les victimes restent de trop… comme dans beaucoup de polars.
Tout ce qu’on attend… mais rien de plus.

L’un et l’autre? Ils se complètent, on ne trouve pas de redondance dans l’histoire ni dans la façon de la mener. Autant le premier joue sur une histoire abracadabrantesque dont on ne découvrira les derniers ressorts qu’au dénouement, autant le second joue plutôt sur l’enquête et la complexité de montrer ce qui nous est pourtant évident. Côté « saga », il y a du foutage de gueule. Aucune linéarité si ce n’est les banalités de l’évolution mollassonne des personnages et du Département V. Vraiment rien. Et ce n’est pas l’amour qu’on porte au duo qui nous ferait accrocher. Mais que va devenir le chat? Est-ce qu’ils attendent le 3e volet pour que le frère du méchant du 1 vienne se venger? … hum.
Tout ce qu’on attend… mais rien de plus.

En somme? Deux polars sans risque mais sans écueil.

Publicités

XP SUGAR MAN 120 Année: 2012
Titre original: Searching for Sugar Man
Réalisateur: Malik Bendjelloul
Acteur notoire: Sixto Díaz Rodríguez

Plot: Documentaire sur le talentueux mais méconnu Rodriguez

Sources utiles: Allociné & IMDb
.
.
.
.
.
Mr Blonde :
Premier long métrage de Malik Bendjelloul, ce bijoux n’a failli pas voir le jour faute de moyens. Après 3 ans de labeur et de recherche de financement, le film sort sur nos écrans mais est très peu diffusé en France. Il relate le parcours de Sixto Rodriguez, chanteur et guitariste, qui au début des années 70 enregistra 2 albums sous le label Motown (le label qui a entre autres pris sous ses grandes ailes Michael Jackson, Diana Ross, Marvin Gaye, Stevie Wonder et j’en passe…).

Ce chanteur de folk américain de grand talent aurait du percer et faire un carton. Au lieu de ça il se retrouve à bosser sur les chantiers à Detroit, laissant de côté la composition.
Le documentaire commence à prendre tout son intérêt lorsqu’on découvre que cet ovni du Motown fait un carton en Afrique du sud, en plein apartheid. Ses chansons deviennent un symbole d’émancipation pour la jeunesse blanche sud-africaine qui lutte contre la ségrégation raciale et la répression du gouvernement. Le mystère Rodriguez grandit au fur et à mesure que les copies pirates de son disque inonde le pays et une sorte d’enquête débute afin de dénicher la moindre info sur ce fantôme dont les supposées conditions de mort vont du simple suicide par balle à l’immolation sur scène en plein concert.

Allez le voir c’est bien!

Mr Blonde

PS : Searching for Sugar Man vient d’être nominé aux Oscars 2013 dans la catégorie Meilleur documentaire.

La paradeAnnée: 2012
Titre original: Parada
Réalisateur: Srdjan Dragojevic
Acteur notoire: aucun

Plot: gangster & gaypride en ex-yougoslavie

Sources utiles: AllocinéIMDb

Champs-Elysées Film Festival: Clôture, avant-première

Mr Orange: Le cinéma Serbe se développe doucement, mais surement. Vous avez probablement entendu parler du controversé A Serbian Film, qui a buzzé grâce à ses excès. On ne peut qu’espérer un destin similaire à La parade après une belle avant-première… mais pour son humour, son message de tolérance.

Les balkans portent encore les cicatrices de la guerre. Les Serbes, Bosniaques, Croates, Albanais.. s’haïssent les uns les autres. Cependant, malgré leurs différents, ils s’accordent sur un point: personne n’aime les pédés. C’est dans ce contexte que quelques courageux illuminés tentent tant bien que mal d’organiser une Gay Pride dans les rues de Belgrade… face à des hooligans voulant casser d’la pédale. Ayé, j’ai tué l’ambiance? Et pourtant, il s’agit d’une fabuleuse comédie.

Comédie qui joue sur le choc de culture entre un gangster ultra-brutal accessoirement homophobe et une bande d’homo décomplexés. Raison d’un tel rapprochement? La bonne femme du gangster est amie avec nos chers manifestants. Et à force de tourner l’homophobie au ridicule, notre gangster national va se lier d’amitié avec des pédés, malgré lui… forcément.

Un ton humoristique pour traiter d’un sujet sérieux. Quel meilleur choix que d’aborder le sujet de tolérance dans une région fracturée par les différences? Un vrai petit bijoux d’humour et de leçon de vie.

Année: 1962
Titre original: El Ángel exterminador
Réalisateur: Luis Buñel
Acteur notoire: aucun

Plot: bourgeoisie entre 4 murs

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Subtilement évoqué dans Minuit à Paris (super critique ici), L’ange exterminateur est un des pré-établis chefs d’oeuvre de Buñuel, éminent réalisateur hispano-mexicain aux racines surréalistes. Sur-brossés par les critiques, film et réalisateur ne sont pour autant pas exempts de déceptions.

Outre le titre accrocheur totalement gratuitle scénario inspiré par Gil Pender est l’aspect le plus vendeur du film. Une bande d’aristocrates se retrouvent emprisonnés par une force supérieure chez leur hôte après une soirée mondaine et ne trouveront d’échappatoire avant de s’être mis à nu. Le décor mis en place sert alors le discours moqueur et critique envers la haute société – et l’Eglise accessoirement. Autre atout, la force surréaliste inexpliquée fort drôle et futée qui joue des tours de passe-passe avec le psyché de nos convives et vaut quelques scènes exquises.

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. D’abord côté technique: la mise en scène fait mal aux yeux, trop théâtrale. Explication: les entrées/sorties de champ avec arrêt inopiné en plein milieu pour jouer sa ligne de texte/action ne sont pas du tout fluides, surtout lors de plus ou moins plans séquences au cours desquels plusieurs personnages interviennent à tour de rôle. On entend presque Buñuel dicter les allées et venues de ses acteurs. Où est le naturel? Le jeu y perd toute sa crédibilité…

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. Ensuite côté théorique: la volonté de Buñuel de ne pas matérialiser la « force supérieure » va trop loin. Dès le lendemain de la soirée, tout le monde se plaint d’être coincé dans la demeure sans essayer d’en sortir (à moins d’un excès de somnolence de ma part?), sans même esquisser un seul pas vers la sortie. Une ou deux tentatives avortées auraient justifié l’abandon qui s’en suit. Et puis le contexte: la bourgeoisie mexicaine sustente difficilement notre vision des sphères huppées. Une bonne bourgeoisie bien so british eusse été de rigueur et aurait par là même accentué le comique des scènes… regret d’ailleurs avoué par Buñuel.

Bilan: une immersion bancale qui entache un excellent scénario et un discours intemporel souffrant légèrement de son degré d’approche un peu vieillot. Coups de coeur pour la chute.

Année: 2012
Titre original: The Angels’ Share
Réalisateur: Ken Loach
Acteur notoire: aucun

Plot: une jeunesse désillusionnée découvre le whisky

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Dernière tournée de Ken Loach, La part des anges fait hommage au whisky, le bon, le vrai sur fond de détresse sociale (un Ken Loach reste un Ken Loach… ) dans le format d’une comédie dramatique orchestrée d’une main de maître. Le prix du Jury de Cannes 2012 est loin d’être volé.

Ouverture comique sur l’énumération des chefs d’inculpation d’une tripotée de rebuts de la société. Kenny donne le ton… mais n’oublie pas de nous rappeler que le meilleur des mondes n’existe pas dans son monde: la réalité. Ainsi se crée une tension pesante accentuée par notre connaissance de la capacité du Ken à envoyer du drame en spray. C’est ainsi qu’il nous mène par le bout du nez, entre rire, effarement, tension, soulagement, émerveillement… et instruction en bonne et due forme.

L’Ecosse, ses accents, ses saveurs, ses paysages, un de ses châteaux, sa culture (sauf pour certains) pour redorer une jeunesse sans avenir dans un film sacrément bien foutu soutenu par de bons acteurs souvent castés « sur le tas ».

Ressentir un petit frisson à l’ouverture d’une bouteille de whisky, ça n’a pas de pris.

Année: 1968
Titre original: De uomo a uomo (It), Death rides a horse (US)
Réalisateur: Giulio Petroni
Acteurs notoires: Lee van Cleef, John Phillip Law

Plot: double vengeance

Source utile: IMDb

Mr Orange: Preuve qu’un bon western spaghetti n’est pas forcément réalisé par un Sergio (Leone, Corbucci, Solima…), La mort était au rendez-vous permet à G. Petroni de rejoindre le panthéon des maîtres. Le scénario de Luciano Vincenzoni (trilogie du Dollars et plus) y est probablement pour quelque chose…

Fort d’un univers western riche et authentique: poker, duels, whisky, évasion, poussière, fusillade, entourloupes, mexicains… Fort d’un Lee van Cleef en pleine heure de gloire. Fort d’une musique et surtout d’un thème d’Ennio Morricone. Fort d’une double histoire de vengeance, parce qu’une seule ne suffisait pas. Fort de dialogues épiques, drôles, cinglants… La mort était au rendez-vous transporte son spectateur en plein farwest, dépaysement assuré.

Mais le truc en plus, le truc qui déboite, LE truc, c’est tout simplement son influence sur Quentin Tarantino qui marque Kill Bill au fer rouge. Rappelez-vous les climax quand La Mariée voit sa future proie, lorsque l’écran vire au rouge pour des flashbacks fondus sur son passage à tabac. Bah c’est tiré tout droit de La mort était au rendez-vous, au plan près. Mais parce que l’hommage n’était pas suffisant, QT nous livre le fabuleux thème d’E. Morricone lorsque La Mariée appelle Oren Ishii avant de couper le bras de Sophie Fatale. Mais parce que l’hommage n’était toujours pas suffisant, des dialogues sont tout simplement repris (je vous laisse l’honneur de les trouver). Mais parce que l’hommage était vraiment, mais vraiment encore trop subtile, la scène de massacre de la famille d’Oren Ishii reflète celui de la famille de Bill, tête de mort à l’appuis. Et puis bon… le scénario général de Kill Bill transpire ce spaghetti avec 5 malfrats à refroidir tout au long du film. Yumy!

Un excellent western, une histoire de uomo a uomo, un impact majeur sur QT… un must have.

Petit mot de QT sur le film.

Année: 2011
Titre original: Hodejegerne
Réalisateur: Morten Tyldum
Acteurs notoires: Aksel Hennie

Plot: histoire de chasseurs de tête.

Source utile: IMDb

Mr Orange: Véritable triomphe du cinéma norvégien, Headhunters a fait la 2e meilleure sortie de l’histoire dans les salles norvégiennes, s’exporte à merveille et s’est fait racheter en vue d’un remake… avant même qu’il ne soit diffusé. Mais qu’est-ce qui peut bien valoir un tel engouement?

Un thriller exceptionnel, tout simplement. Officiellement recruteur, Roger Brown est en réalité un voleur d’art accompli afin de compenser son complexe d’insécurité conjugale. Bien évidement, sa double vie va heurter un gros cailloux qui va lui donner du fil à retordre. Et quel fil! Aksel Hennie est exquis en bad golden boy et ses pérégrinations surréalistes n’auront de cesse de nous surprendre, renouvelant continuellement notre intérêt de petit spectateur. avec des scènes foutrement bien faites et un humour latent qui accompagne cette chute vertigineuse. Bonus: le réalisateur n’a pas froid aux yeux et sait nous les réchauffer sans détours.

La réalisation est parfaite, les idées sont succulentes, le scénario est surprenant, l’histoire est jonché d’humour noir… une subtile bombe nordique maitrisé avec brio!