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Film d’exploitation

Année: 2017
Réalisateur: Ridley Scott
Acteurs notoires: Michael Fassbender, James Franco

Plot: dans l’espace, personne ne vous entend crier.

 

 

 

 

Mr Orange: Nouveau coup de maître du (grand-)père Ridley, Alien : Covenant joue à l’équilibre entre le chef d’oeuvre mythologique et bourrin qu’est Prometheus et la cultissime saga d’horreur spatiale Alien-s-3-resurection. Posé sur les bases solides du premier, en nous ramenant à nos délices xénomorphiques de la seconde. Et pourtant méprisé par la langue venimeuse du public?

Attentions spoilers

Après cinq ans d’abstinence xénomorphique, les grosses bébêtes luisantes reviennent. En commençant par une belle com’. Si le prologue The crossing ou l’extra à 360° In utero font de parfait bonus pour ceux qui n’en ont pas eu assez, le biblique Last supper est facile certes, mais surtout un magnifique clin d’oeil / piège pour les fans. Jouant sur l’une des scènes les plus mythiques de la saga, le spectateur va s’attendre à une re-moulure 2017 du 8e passager, avec un James Franco pour donner la réplique façon moustache pré-pubère. Erreur. Si l’on retrouve des éléments clés de la saga originelle (réponse au signal, galerie des horreurs, vue subjective…), il s’agit aussi – et avant tout – de la suite de Prometheus. Prometheus avec ses aspirations et questionnement cybernétiques. L’origine de la vie et surtout des xénomorphes qui prend enfin un sens avec une révélation d’une horreur glaciale. Ces xénomorphes tapis dans les l’ombre… ces bêtes monstrueuses qui nous clouent inlassablement au siège pour notre plus grand plaisir. Semant la terreur sur un casting sorti de nulle part. Parce Ridley, il fait des barbecues avec ses movie stars. Et pour la troisième fois, sa nana d’enfer n’a pas besoin d’être célèbre pour botter de la vermine.

Certes, si Covenant ne rassemble pas les masses, c’est que ce n’est pas un sans-fautes. D’où le « maigre » 9/10 pour un film de la saga. Que ce soit la musique Hollywoodienne à deux balles lorsque le Covenant approche la planète (blurp) ou les déboires avec le réseau de panneaux solaires mis hors service dès qu’un tronçon est débranché – ou quand trop d’action tue l’action, à la Passengers. Mais ce sont des broutilles. Non. Ce qui a réellement pêché est le manque de lenteur, le point fort du premier opus de Ridley Scott. Où est passée la tension froide pleine de sueur? Un sentiment de devoir expédier la narration, de ne pas vouloir tomber dans un remake des traditionnelles chasse au xénomorphes/à l’homme? Expédition qui trouve son apogée dans une scène de hangar torchée, les effects spéciaux avec tant qu’on y est. Et pourtant, on l’attendait depuis sa visite initiale. Rempli de chaînes, de véhicules… un terrain de jeu parfait un final à la Terminator, premier du nom. Dommage.

Le point de force de Covenant est finalement cette dualité constante. Des colons assemblés en couples. De l’amour, sans que ça devienne lourdement pompeux, et du sexe, de la tension charnelle indissociable de la saga. Des cyborgs qui forment la pair. Ce magnifique duo cybernétique qui rend toute la grandeur du jeu de Michael Fassbender et culmine avec un jeu de flute bluffant et une punchline qui sort du fond du coeur/programme. Des chestburst qui vont toujours par deux et qui par la même renouvellent la dynamique de la saga. Quand il y en a plus, il y en a encore… et ils sont encore plus méchants. Une action à cheval entre un vaisseau high-tech flottant dans l’espace infini « sea of nothing » et un temple rustique planté au milieu d’une jungle suintante garnie de spores meurtriers. A cheval entre Prometheus et ses parents originels, ravivant la question de l’oeuf ou de la poule… ou plutôt de l’ovomorphe/facehugger et de la reine.

Covenant est magnifique. Garni de mythologie, de réponses et de questions, de gore, d’horreur, de réflexions, et de Walter/David. Un digne représentant de la saga. Et surtout, si Prometheus posait plus de questions qu’il n’en répondait, Covenant laisse aussi du gruyère à mastiquer. Cet éternel plaisir de retourner inlassablement le film dans sa tête, en rentrant du ciné par une belle nuit de Mai, un regard tourné vers les étoiles.

Plus qu’à attendre une nuit Prometheus-Covenant double version longue… et 2019?.

Django unchainedAnnée: 2012
Titre original: Django Unchained
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs notoires: Christopher Waltz, Jamie Foxx, Samuel L. Jackson, Leonardo DiCaprio, Franco Nero

Plot: vengeance, spaghetti et champs de cotton

Sources: Allociné & IMDb

Mr Orange: Attention, ceci n’est pas un article ordinaire, écrit après 2 messes, de nombreuses lectures, le visionnage de quelques références et beaucoup de brouillons rédigés au rythme de la bande originale: critiquer pour la 1ere fois son Dieu n’est point évident…

When the fan hits the spaghetti®

Retour tant attendu de notre mentor suprême, Quentin Tarantino! Et la satisfaction ne se fait pas attendre avec un générique qui nous met vite dans l’ambiance: thème du Django de Corbucci, grosse police rouge bien grasse… on ne s’est pas trompé de salle, c’est bien ce qu’on est venu voir. Fondu de western, QT nous délivrait jusqu’alors des références à ses classiques à petites doses subtiles, alors forcément quand il se décide enfin à mettre les mains dans le cambouis et réaliser son western, on n’a plus qu’à s’agglutiner dans les salles pour assister à la messe, encore et encore (bientôt).

Comme on le sait, parmi le trio de Sergio, QT a une affinité particulière pour Corbucci: violent et sale, dépeignant des personnages à la morale douteuse dans un univers sombre et impitoyable. On retrouve donc Django de Django qui traverse la boue de Django avant d’aller errer dans la neige d’El grande Silencio… Mais étonnamment, nous n’aurons pas eu droit à la crépusculaire Gatling ni au baptême des mains brisées. Soit. Seulement, QT en connait un rayon en western, et nous offre une batterie de références en différenciant les genres: du western comique classique avec Visage pâle aka The paleface aux prémices de la fin du spaghetti avec l’arrivée de Terrence Hill dans On l’appelle Trinita aka Lo chiamavano Trinità en passant forcément par (politesse?) les inévitables brutes et truands de Leone, icône phare du western (spaghetti).

Comme on le sait, parmi les B movies des 70’s, QT a une affinité particulière pour la blaxploitation qui devient encore une fois la clé de voute de son film, inspiré directement de The legend of nigger Charley – le western de blaxploitaion qui vaudra peut-être un petit dossier avec ses suites. Ainsi, après avoir vengé les Juifs en refaisant une beauté à Hitler à coups de calibre 9 mm, QT se dresse contre l’esclavagisme et venge les « Afro-Americans » ou les fameux N-word « Niggers » (selon les affinités) des atrocités de leur passé. Ainsi, après nous avoir touché à coeur avec les atrocités en question, QT mène la vendetta des esclaves à coup de fouet, de revolver et surtout de l’impitoyable ridicule. Petite cerise sur le gâteau, Django serait l’aïeul de Shaft?

Comme on le sait, le film frôle la perfection. On retrouve Christoph Waltz en trublion au phrasé pointu pour nous distraire avec brio mais cette fois épris d’empathie pour… Jamie Foxx, badass et bourreau des Sudistes qui ne lésine pas sur sa vengeance bien zélée. En face, un duo redoutable: le petit prince capricieux de DiCaprio et son domestique en chef qui lui vole la vedette, Samuel L Jackson, fin calculateur obséquieux en public et seigneur dans l’ombre. QT, lui, s’essaye à un genre inédit: la narration linéaire orchestrée sur un personnage unique… quasi exempte de flashback parce que oui, faut pas pousser mémé dans les orties non plus, ça reste QT. Toujours est-il qu’ainsi, il se détache de ses précédents et lève le pied sur la fonction « divertissement ultime » pour parler d’un sujet plus sérieux… en conservant sa marque de fabrique. Ah, et la bande originale est culte avant l’heure et les dialogues font la paire, cela va de soit.

On passera sur les apparitions subliminales de Kerry Washington, l’absence de duel Leonien ou l’intervention explosive de QT qui semble un peu artificielle.

Quentin, sculptant la fierté noire dans la viande blanche, signe un splendide western Corbuccien tantôt hilarant, tantôt horrifiant… et succulent comme toujours. Certes, ce n’est probablement pas le meilleur – quoi que difficile d’organiser un top 8 – mais certainement le plus adroit qui atterrit directement dans la case film culte. Comme toujours. A voir sans modération, comme toujours.

The D is silentMoment culte.

Année: 1977
Titre original: Rolling thunder
Réalisateur: John Flynn
Acteurs notoires: William Devane et Tommy Lee Jones

Plot: vengeance crochue

Source utile: IMDb

Mr Orange: Film d’exploitation haut de gamme, Rolling thunder se paye le luxe d’un joli staff: scénario de Paul Schrader connu pour avoir signé des scénarios Scorsesiens (Taxi driver et Raging bull), un Tommy Lee Jones au talent latent bien que méconnu à l’époque et William Devane vu dans Stargate SG-1 et toute une flopée d’autres séries qui montre sa capacité à revêtir un rôle principal avec brio.

Éternelle et sacro-sainte histoire de vengeance donc. Le Major Charles Rane, vétéran du Viêt Nam, retourne parmi les siens après 7 ans d’incarcération et de torture notoire. Acclamé par une fanfare, il retrouve une femme qui ne l’aime plus et un fils qui ne le connait pas. Peu importe, les tortures quotidiennes ont eu raison de l’âme du Maj. Rane formidablement interprété par W. Devane qui reste de marbre dans la douleur. Problème, quand de petits malfrats vont s’en prendre à sa famille et à lui-même, il va faire ce qu’il sait le mieux faire: tuer. Et pour ça, il va trouver un allié en Johnny, qui sort du même enfer que lui et va l’épauler dans une apothéose macabre.

Pour assouvir nos petits plaisirs simples, Tommy Lee Jones s’essaye déjà à la personnalisation de ses dialogues:
Prostitute: What the fuck are you doing?
Johnny: I’m gonna kill a bunch of people.

Rolling thunder est aussi un des petits favoris de Q. Tarantino qui a nommé la Rolling thunder pictures en hommage au film. Boite de distribution qui a permis de diffuser des films étrangers tels que Chungking express, le chef d’oeuvre de Wong Kar-waï et le bien-aimé Sonatine de Takeshi Kitano… ou de ressortir des vieux films d’exploitation (Switchblade sisters, Detroit 9000, The beyond).

Une vengeance légitime qui n’a pas honte de sa violence, de bons acteurs, donc un bon film.

Année: 2012
Titre original: Abraham Lincoln, vampire hunter
Réalisateur: Timur Bekmambetov
Acteur notoire: aucun

Plot: vérité sur la double vie d’Abraham Lincoln

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Avec un titre et plot pareil, on pouvait s’attendre à une série B de haut-vol, surtout quand la bande annonce est prometteuse (voir ici)… mais on a finalement droit qu’à un divertissement tout juste honnête. Et pourtant, l’affiche vente les bonhommes qui se cachent derrière le film: T. Burton à la production, qui m’ennuie éperdument, et T. Bemambetov, que je conchie royalement. Je m’étais d’ailleurs promis d’éviter son prochain film après les déceptions successives de Wanted et de la tri bi-logie Night & Day Watch (voir ici).

Côté technique, on pouvait s’attendre à de beaux effets spéciaux pour une série B. Bilan: autant les FX de proximité (combats, vampires…) sont plus que potables, autant tous les plans larges sur les paysages, villes, batailles sont moches. Il ressemblent plus à des cinématiques d’un jeu vidéo vieux de plus de 5 ans qu’à un plan d’un film de 2012 produit par T. Burton. A cela, s’ajoute la 3D une fois de plus inutile….

Quand au réalisateur Russe, il fait ce que tout réalisateur étranger – même bon – fait en (re)débarquant à Hollywood, il n’apporte rien. Quoi que dans son cas ce ne soit pas un mal. Et bien sûr, le film défailli là où on l’attendait au tournant: il lui manque une bonne grosse dose de dérision, et au passage, une bonne grosse déferlante de violence. Les bastons, seul intérêt du film, sont trop peu nombreuses et bien trop softs. D’ailleurs, 2 remarques: pourquoi orchestrer une baston au sein d’un troupeau de chevaux sauvages lorsqu’on a pas les moyens d’assurer des effets spéciaux qui suivent? pourquoi créer tout un mythe autour du boss final si c’est pour l’éliminer si aisément? (aisance qui est quand même drôle, soit dit en passant).

Ce qui sauve le film: l’idée originale de Seth Grahame-Smith, auteur du livre sur lequel se base le film ainsi que son scénario. Inspiré par la dualité de l’exposition de biographies sur A. Lincoln et de romans de vampires en vitrine de librairie, S. Grahame-Smith se lance dans la réunion des 2 thèmes. La mission est un succès et si on n’est pas trop tatillon sur l’histoire, le scénario mêle bien la fiction à la réalité. Dès lors, c’est un vrai régal que de voir Abraham Lincoln dégainer son énorme….. hache-mousquet-baillonnette pour découper du vampire à tour de bras.

De bons éclats de rires malgré le gros gâchis qui constitue pourtant le meilleur film de l’oeuvre de T. Bekmambetov. Lui, je l’aime pas.

Année: 2009
Titre original: Modus operandi
Réalisateur: Frankie Latina
Acteurs notoires: Danny Trejo, Michael Sottile

Plot: lutte sans merci pour 2 mallettes.

Source utile: IMDb, WikiP (en)

Mr Orange: Il y 2 façons de revenir de vacances: discrètement ou avec fracas. Voici le fracas: Modus operandi, un film faisant un hommage phénoménal aux films d’exploitation 60’s – 70’s, façon gros calibre.

Si il y a un nom à retenir dans le casting: Danny Trejo qui a la bonté d’offrir son aura au ciné indé. Les petits malins reconnaitrons une 2e tête: celle du flic qui perd une oreille dans Reservoir Dogs. Et… si il y a un nom à retenir côté production, c’est celui de…. Sasha Grey! Que les petits malins auront déjà vu dans une ribambelle de films pornographiques, et que nous avons déjà vu jouer dans Girlfriend experience de Steven Soderbergh (voir la critique ici). Productrice qui vaut au film l’en-tête « Sasha Grey presents »… chose qui claque, avouez-le. Et oui, au cas ou ce n’était pas translucide, ce film est un bijoux.

Parlons bijoux: tourné en super 8, le film est plus rétro qu’un film rétro, que ce soit par la qualité de l’image, la mise en scène ou le montage. Dingue: plus de plans boobs que de dialogues, des filles en maillot de bain dans toutes les scènes, des explosions de violence aussi soudaines que sanglantes et hilarantes. Et puis… des meurtres, des courses poursuites, de la torture, des gens tous nus, du snuff, de la dynamite…. Ultra kitsch à souhait.

Le petit plus, c’est que Modus operandi se paye le luxe de références à ses sources d’inspiration. Pour ne citer que la plus grasse: l’introduction qui reprend mot pour mot celle de Shogun assassin (voir la critique ici) en adaptant tout juste la tirade à l’histoire. On est prévenu dès le début: Frankie Latina connait ses classiques.

C’est génial.

Festival Paris Cinéma: Hong-Kong à l’honneur – Nuit HK

Voici un petit dossier tiré de La nuit Catégorie III, qui a été préférée à la nuit Johnnie To (au bout du couloir) pour le simple fait que les films de ce dernier sont plus facilement accessibles. C’est donc après un ciné-mix que de 22h à 5h30 nous avons eu droit à la perle de la perle du cinéma HK, parfois en mandarin sous titré cantonais + anglais, le petit plaisir en plus. Thé/Café offert à volonté qui n’est pas de refus sur les coups de 3h30. Brioche en récompense pour les pus farouches.

Catégorie 3: équivaut aux films interdits aux moins de 18 ans à Hong-Kong, d’abord exploité à des fins contestataires par le cinéma d’art et d’essai, le filon a très vite dévié vers des thématiques plus sanglantes et plus dénudées.

Note: le public était loin d’être exclusivement masculin !

The untold story

Année: 1993
Titre original: 八仙飯店之人肉叉燒包
Réalisateur: Herman Yau
Acteurs notoires: Anthony Wong, Danny Lee, Julie Lee

Polar gore basé sur une histoire vraie, The untold story relate l’enquête de flics flemmards, incompétents, cruels, lubriques… cherchant à coincer un psychopathe dénué de toute morale: meurtres sanglants, viol, urophilie, cannibalisme… C’est trash… et extrêmement drôle. Anthony Wong livre une interprétation impressionnante qui donne toute la crédibilité de son horrible personnage et lui vaudra un award.

Petite anecdote glauque: l’histoire ne dit pas si des animaux ont été maltraités, mais révèle que des enfants l’ont été, d’où leur jeu impeccable. Parce que oui, personne n’échappe à notre psychopathe.

Un bon polar déglingué assurant un bon moment. Depuis, Herman Yau a fait un remake avec Anthony Wrong, il s’appelle Ebola syndrome

Crazy love

Année: 1993
Titre original: 蜜桃成熟時
Réalisateur: Roman Cheung
Actrice notoire: Loletta Lee

Comédie érotique, Loletta Lee incarne Jane, une jeune femme qui s’amuse avec les hommes, profitant pleinement de son corps, parfois sadique et manipulatrice, parfois généreuse. Pourquoi tourner un tel film? Pour voir Loletta Lee nue. Sérieusement, elle a voulu casser son image de petite sainte. Mission réussie dès les… 10 premières secondes, avec une inspection en bonne et due forme. Au-delà des scènes purement érotiques qui sont finalement rares, on s’amusera énormément des gags et de la mise en scène, les attributs de la miss – bien que splendides – déclenchent finalement plutôt des rires hilares que des filets de bave abrutis.

Une femme libérée… et une grosse marade assurée.

The story of Ricky

Année: 1991
Titre original: Lik wong
Réalisateur: Nam Lai-Choi
Acteur notoire: aucun

Innovateur kung-fu gore, The story of Ricky revient sur un dilemne du kung-fu: comment ce fait-il que les mecs brisent des murs de parpaings mais ne perforent jamais leur adversaire? Gros gore caoutchouteux, tout est dans l’exagération. Le gore, déjà. Le héros invincible aussi. Et puis, parce qu’on parle de cinéma HK… des séquences émouvantes, d’un lyrisme époustouflant, une naïveté qui n’est pas du 2d degré… à HK. La fameuse flûte qui sort de nul part restera dans les annales !

Une réalisation soignée, un panel d’ennemis hauts en couleur, du gore, du niais… encore une fois extrêmement divertissant.

Sex and zen 2

Année: 1996
Titre original: 玉蒲團II之玉女心經
Réalisateur: Chin Man-Kei
Actrice notoire: Loletta Lee, Shu Qui

Conte fantastico-slasho-érotico-comique sur fond de Chine ancestrale, rien que ça, Sex and zen 2 va loin. Très loin. Il y a un 1 et un 3 qui n’ont en rapport que la structure de l’histoire: un conte comme fil directeur. Contrairement au film cité plus haut, celui-ci est plutôt bien garni en scènes érotiques jusqu’à s’aventurer à des jeux de bougie, d’acuponcture, de supra-sex-toys… et même l’apparition d’un monstre tentaculaire et autres sexualisées déviantes. Et en dehors de tous les gags, on s’amusera énormément de l’utilisation du sexe comme moteur de l’histoire et détenteur de tous les rouages. D’autant que le film étant un conte, il délivre une morale… utilise un mythe… succube-like. Evidement.

Anecdote pas glauque: Shu Qi voulait être connue, elle a joué nue. Depuis qu’elle s’est mise au cinéma d’auteur, elle essaye d’oublier… contrairement aux spectateurs.

Drôle, sexy, une caméra bien maîtrisée et de bons délires fantastiques… je regrette d’avoir eu quelques chutes d’attention sur cette fin de nuit.

Bilan
C’était gore, c’était sexy… mais surtout: c’était très drôle! Les DVD de qualité médiocre, les sous-titres sortant de l’écran, le voisin qui râlent lors des éclats de rire, les rires pourris (moi le premier)… tous les éléments étaient réunis pour une authentique nuit Catégorie 3. Une expérience inoubliable. Merci aux organisateurs qui ont gardé le sourire jusqu’à l’aube.

En video:
La nuit du CINEMA par festivalpariscinema

Mr Orange

Année: 2012
Titre original: Project X
Réalisateur: Nima Nourizadeh
Acteurs notoires: aucun

Plot: best party ever.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange:  Initialement peu enclin à voir Projet X, l’expérience s’est finalement avérée fort divertissante. Pourquoi? Parce qu’en le considérant pour ce qu’il est à mon sens – un film de teensploitation -, il s’avère bon dans son genre. Si les comportements excessifs d’une jeunesse trop joyeuse vous agace, si une fourchette positionnée à droite de l’assiette vous horripile, si vous êtes une féministe revancharde, ce film n’est pas pour vous. Projet X a le bon goût de ne cibler que son public: jeune et majoritairement masculin, ne pas se plaindre dans le cas contraire:

Préquel-like de Very bad trip, hard-teenager caméra à l’épaule…  dans l’univers de la fête no-limit, la jeunesse dépravée et les excès de drogues diverses et variées. Ainsi, autour d’une trame de fond suffisante, s’organise la soirée de tous les excès – et extravagante façon US – apportant sa dose de gags et scènettes hilarantes. Le chien, le nain, Dax… assureront de bons éclats de rires. En plus: des plans boobs, à gogo. C’est bien l’intérêt du film. Au sens propre. Enfin un teenager qui n’a pas froid au yeux. Qui ne cache pas, que ce soit des seins ou des âneries. En excès, bien sûr. C’est bien l’intérêt du film.

Un plaidoyer de soirées insouciantes et excessives. Oui. Mais pas totalement irréfléchi. Les excès de fêtards irresponsables restent effrayant. Parce que le lendemain, il faut pouvoir assumer ses actes, l’homme s’adonnant à des agissements peu honorables sous l’emprise de la foule/alcool, tout le monde en prenant plus ou moins explicitement pour son grade, femmes-boobs et croisés en quête du saint trempage-de-nouille s’amusant de tout et n’importe quoi. Arrêt sur image d’une réalité qui n’est plaisante que vue de l’intérieur. Réalisme (caricaturé) qui est bien tout l’intérêt du film.

Problème: Projet X cible des gens suffisamment bêtes / insouciants (rayer la mention inutile) pour s’émerveiller devant les évènements exposés… et suffisamment intelligent pour ne pas tenter de réitérer les exploits. C’est un film après tout. Tagline US: « the party you’ve only dreamed about ». Vrai, mais devrait être ajouté la mention: « the party you must only dream about »… confère les débordements ultérieurs.

Un film surréel, bête et méchant… drôle pour les fêtards raisonnés.

Année: 1965
Titre original: Faster pussycat! Kill! Kill!
Réalisateur: Russ Meyer
Actrices notoires: Tura Satana, Haji, Lori Williams, Susan Bernard, Stuart Lancaster

Plot: Trois strip-teaseuses passent du côté obscure.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Après en avoir longtemps parlé (ici ou ), en avoir longtemps rêvé, Faster pussycat! Kill Kill! a enfin dévoilé ses secretsFigure de proue du B-movie, archétype du grindhouse, masterpiece de Russ Meyer, réalisateur phare qui a par ailleurs énormément apporté aux films de sexploitation. Mr Meyer est en effet un amateur déclaré de la gente féminine, et particulièrement de ses représentatrices aux attributs sur(s)exprimés. Blague: il a récemment porté plainte contre sa compagne pour « violence conjugale ».

Narrator: Ladies and gentlemen – welcome to violence! 

Mais trêve de tergiversions, revenons au sujet: 3 femmes au(x) fort(s) caractère(s) et sans morale se prélassant dans les plaisirs de la violence gratuite. Varla, leadeuse et combattante sans limites, Rosie, suiveuse et Billie, seule âme pure… si l’on occulte sa libido exubérante. Face à ce trio infernal? D’autres clichés: une frêle et innocente créature au(x) caractère(s) réprimé(s) – notez la subtilité reliant scénario et casting -,  une montagne de muscle écervelée, un bon gars, un vieux pervers, un pompiste naïf… la totale.  Pour notre plus grand plaisir.

Du B-movie, du vrai. Rien que le titre poutre. En plus: des courses de bagnoles, des nanas affriolantes n’aspirant qu’à s’exhiber (sans nudité) entre 2 fêloneries, des dialogues adéquats, une introduction de circonstance, des meurtres gratuits et des rouages scénaristiques simplissimes. Point. Et personne n’essayera d’expliquer la violence latente transcendant Varla, ni ne s’offusquera de l’intrusion d’une trame téléportée par un pompiste étrangement bavard. Sex, drugs & rock’n roll. On aime. Et surtout, des femmes qui en ont, des femmes qui s’imposent comme sexe dominant face à des mâles incapables de leur résister. Semant la dévastation, ces 3 cavalières de l’apocalypse s’évertuent à promouvoir un message féministe. Extrémiste certes. Avant-gardiste aussi.

Un film culte.

Questions:
1/ est-ce que l’accent des 2 femmes foncièrement violentes ne seraient pas une forme de décharge/critique? aka les femmes libérées ne viennent pas des USA.
2/ Varla : « I never try anything – I just do it »  … Varla, maîtresse de Yoda? :)

Il fut un temps, un remake par Mr QT a été évoqué… peut-être s’est-il suffit de la 2e partie de Boulevard de la mort… QT à propos de Tura/Varla: « I would give up five years of my life to work with Tura Satana. She is Japanese, Cheyenne, and something else, awesome. »

Année: 2009 (US) 2012 (Fr)
Titre original: Bitch Slap
Réalisateur: Rick Jacobson
Actrices notoires:

Plot: bad girls en décolletés et minijupes

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première US

Mr Orange: Big slap in you’re face !

Bitch slap sort enfin en France (20 juin), et faites passer le mot: c’est à voir sur grand écran. Pourquoi? Parce que demander à une caissière (si possible coincée) une place pour B-i-t-c-h  s-l-a-p, en articulant soigneusement, c’est totalement jouissif. Ca ne vous suffit pas? Voici d’autres raisons:

Après Black Dynamite, nouvel hommage aux séries B environnant les 70’s avec Bitch slap. Dès le début, un générique dithyrambique nous montre que le film se réfère à de sérieuses sources, avec un défilé de brefs extraits d’une quantité indénombrable de scènes de films cultes dépeignant des femmes au fort caractère: They call her one eye, Fast pussycat kill! Kill!, … du sérieux, du lourd. Mais c’est pas fini, le film est truffé de références plus ou moins évidentes à tous pleins de film. Gogo Yubari (Kill Bill vol. 1), James Bond, Pulp fiction… j’ai perdu le compte.

Parlons qualité. Le film est bien moins cheap qu’il n’en a l’air. Actrices méconnues aux formes expressives ayant quelques apparitions fugaces dans leur bagage, ce qui permet d’assurer leurs arrières. Côté technique ça ne rigole pas, mais vraiment pas du tout. Zoe Bell aka Zoe dans Boulevard de la mort aka la cascadeuse aux nombreuses décorations se charge des chorégraphies… et double tout le monde. La bande son est jouissive avec le gros son envoyé et surtout LE bruitage gag-gratuit, prêtez l’oreille. Mieux: les effets spéciaux. Géniallisimement… moches. Exquis. Du bon écran vert dégueulasse dès qu’on quitte le désert. Attention la rétine. C’est volontaire et ça tue.

Mais… de quoi ça parle? De nana en petites tenues, d’une excessive attention pour leurs attributs, d’une extorsion de diamant, de baston brutale, de gros engins: armes et bagnoles… what else?, d’alliances et de trahisons, d’explosions, d’un Keyser Söze, de dialogues exceptionnels, de tout ce qu’on osait pas espérer, de flashbacks, de textes anciens, de presque aucun flash, d’autres flashbacks… d’orgasme cinéphilique… what else?

Une bonne grosse baffe, pour nous rappeler que mine de rien… les séries B, ça déboite. 

Note: regardez le générique jusqu’au bout, pour le lap dance et aussi pour les commentaires glissés entre les remerciements… en plus de perles telles que l’ International Alliance of Breast Technicians !!

Année: 1979
Titre original: Destructor (Video) / (The amazing) Mr No Legs (UK) US
Réalisateur: Ricou Browning
Acteurs notoires: aucun

Plot: la soeur d’un flic meurt dans de drôles de circonstances

Source utile: IMBb

Mr Orange: Ce soir ma quête d’exploration des films d’exploitation des 70’s m’a emmené dans les tréfonds du genre, et j’y ai découvert le St Graal, ni plus ni moins, avec L’infernale poursuite de Ricou Browning. Vous ne le connaissez pas? C’est normal, il est spécialisé dans les films sous-marins: quelques séquences de James Bond (vous enflammez pas, c’est sa seule référence glorieuse), la série Flipper le dauphin… oui. Mais qu’a bien pu faire un type pareil?!

L’infernale poursuite aka The amazing Mr No Legs. C’est plein de chose et aucun des titres – toutes langues confondues – n’est dans la mesure de vous donner des indices. Car malgré ce que veut nous faire croire les taglines du film (ici), Mr No Legs est à L’infernale poursuite ce que Requin est à James Bond: un emblématique pion de l’ennemi, ni plus, ni moins. Quand à la poursuite… il s’agit d’1/12e du film.

Voilà des indices: une enquête policière, un combat à l’épée médiévale, un nain qui traine dans le décor, une course poursuite de 10 minutes, un estropié qui excelle dans le kung-fu à coups de moignons, deux types qui foncent vers rien, un type qui croise le destin du Titanic… nanard? Non, film d’exploitation j’ai dis, c’est pas pareil!

Bilan: une perle rare d’une qualité surprenante (si l’on ignore quelques détails). Bien meilleur que bon nombre d’autres de l’époque d’ailleurs. Vieux 35mm difficilement restauré  pour un festoch, VHSrip 4/3 dégueux sous-titré suédois… peu importe, ça ajoute au charme du genre. A voir sans concession si vous le pouvez!

#Note personnelle: y allez mollo sur les films des 70’s, vais finir par trouver la mustache à la mode#

Année: 1974
Titre original: Gone in 60 seconds
Réalisateur: Henry Blight Halicki
Acteur notoire: Henry Blight Halicki

Plot: 48 voitures de luxe à voler dont la fameuse Eleanor.

Sources utiles: Allociné & IMDb 

Mr Orange: Retour aux films d’exploitation des 70’s avec ce petit bijoux qu’est La grande casse, archétype du film de muscle car, réalisé par, d’un scénario de, et avec l’acteur/cascadeur H. B. « Toby » / « Car-Crash-King » Halicki. C’est très simple: le film dure 1h37 dont 40 minutes de course poursuite non-stop… je développe?

Ok, donc un gang de garagistes, accessoirement voleurs professionnels, se voit offrir un super job: 400 000$ contre 48 voitures volées pour la fin de la semaine avec 60 secondes allouées à chaque voiture. Chaque voiture se voit attribuer un prénom féminin, dont la fameuse Eleanor, une Fort Mustang Mach 1. Le topo vous rappelle quelque chose? c’est normal, voici l’original de 60 secondes chrono le remake avec Nicolas Cage (voir One scene). Et comme il s’agit d’un film d’exploitation, les scènes de remplissage sont complètement torpillées. On est là pour du vol de voiture et, in fine, de la bonne grosse course poursuite. Résultat: des dialogues souvent peu audibles ou re-doublés, une narration très expéditive voir brouillonne… et c’est très bien comme ça, ce qu’on veut c’est des bagnoles!

Moral ou amoral? Malgré un scénario expéditif, cette question est maîtresse dans le film. La première  moitié du film dépeint une série de 48 vols justifiés purement et simplement par l’appât du gain. Amoral. Problème, nos malfaiteurs ne veulent pas s’en prendre aux particuliers mais aux assurances, ils vont donc rendre la durement acquise Eleanor à son propriétaire qui ne l’avait pas assurée. Moral. Deuxième moitié du film: n-ième subtilisation de la tant prisée Eleanor qui s’ensuit d’une course poursuite vertigineuse de 40 minutes, assurée sans effets spéciaux, et échelonnée d’une destruction massive de tout ce que croise Eleanor, spécialement des voitures de police mais pas que (détail dans la One scene du jour). Amoral.
Bilan: anarchiste?

Bonus:
– seule actrice annoncée au générique: Eleanor, première voiture à être créditée… ce qui parait normal quand on voit tout ce que le tournage lui a couté.
– guest: Parnelli Jones (semble-t-il fameux coureur automobile des 60’s) qui se fait – littéralement – voler sa propre voiture, une Big Oly Ford Bronco.
– le film est la source de toute une franchise avec The Junkman et Deadline theft auto
– à force de prendre des risques, le Car-crash-king a fini par trouver la mort sur un tournage… hors de sa voiture.

L’héritage: à la vue de LA course poursuite, on ne peut s’empêcher de se remémorer nos courses poursuites interminables dans Driver ou GTA… sans la cagnotte qui grimpe à chaque dégât causé. Mieux: la scène d’introduction du film a tout simplement été imité par – je vous le donne en mille – Quentin Tarantino, toujours, dans Kill Bill vol. 1. Mais si, vous savez, quand Earl McGraw débarque sur le lieu du massacre avec sa collection de lunettes de soleil. Bah voilà. Et parce que ce n’est jamais suffisant pour QT, le film est tout bonnement cité dans Boulevard de la mort.

Un classique du cinéma d’exploitation avec une course poursuite cultissime. Must have de tout bon cinéphile: installez-vous dans le fond de votre siège et profitez: des pneus qui crissent, des sirènes hurlantes, un moteur qui rugit, des flics qui se font mener en bateau…

Note, si vous aimez le genre, suivez ce tag: Course-Poursuite (Bullit, Blues Brothers, Duel, Point limite zero, Macadam à 2 voies…)

Année: 2008
Titre original: Tôkyô zankoku keisatsu /  東京残酷警察
Réalisateur: Yoshihiro Nishimura
Acteur notoire: Eihi Shiina

Plot: Tokyo – gore – police

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Retour sur les séries B nippones avec ce Tokyo gore police qui a le mérite d’être totalement fidèle à son titre. On tombe donc dans un déluge de gore, d’absurde, de gore, d’improbable, de gore, de gore, de gore.. façon caoutchouc. Yoshihiro Nishimura, qui était responsable des « effets spéciaux » de Machine girl sorti la même année revient donc ici avec son film à lui. Et quel film…

Attardons nous quelques instants sur l’histoire: Ruda est membre de la nouvelle police tokyoïte, privatisée et expéditive, qui lutte notamment contre les Ingénieurs, des criminels qui ont la capacité de transformer toute blessure en arme mortelle. Je vous laisse donc imaginer librement toutes les dérives que cela peu engendrer. Ayé? Fini? Bah considérez que ce que vous avez pu imaginer n’est RIEN comparé à ce qu’a imaginé Y. Nishimura. Et son imagination va loin: voiture de police absurde,  prostituées mutantes, bio-jetpack… WHAT-THE-FUCK ?!! En plus, le film est jonché d’intermèdes publicitaires (façon Starship Troopers) vantant les mérites de cutters kawaï pour s’ouvrir joyeusement les veines. Et oui, si on veut, on peut accorder une sous-lecture au film qui critiquerait la société japonaise, la publicité omniprésente toussa toussa, mais il ne mérite pas d’être pris pour plus que ce qu’il n’est: un film gore.

Comparons avec ce qui est comparable: Machine girl était gore, drôle, absurde et efficace. Tokyo gore police est gore, drôle, gore, absurde, gore et pas efficace. Le film dure 1h50, ce qui est réellement trop long pour le genre considéré. Surtout qu’il ne devient fun qu’au bout de 45 min, le début étant franchement délétère à l’appréciation de la suite qui apporte pourtant son quota de scènes hilarantes. On tombe vraiment dans les tréfonds des délires japonais gores et crades (confère la douche générale et enthousiaste de cyprine/urine, l’homme tronc en laisse…). Et que personne ne se fasse d’illusion, la présence d’Eihi Shiina, la belle et dangereuse d’Audition de Takashi Miike, n’est en aucun cas un gage de subtilité. Aucun. On est a 10 lieues de la subtilité trash de Miike.

Trop long avec beaucoup de scènes (trop?) gores inutiles gâchant sérieusement l’intérêt que peu porter la deuxième partie du film. Pour info, j’ai failli abdiquer et l’envoyer direct dans à éviter, heureusement ça s’améliore au bout de 45 min avec quelques scènes grandioses. Dommage, trop d’excès tue l’excès. A regarder en fond pendant que vous bidouillez autre chose.

Année: 1974
Titre original: Truck Turner
Réalisateur: Jonathan Kaplan
Acteur notoire: Isaac Hayes

Plot: déboires d’un chasseur de prime

Source utile: IMDb

Mr Orange: Truck Turner est un des piliers majeurs des films de blaxploitation, offrant le 1er rôle à Isaac Hayes qui signera aussi la superbe musique funky accompagnant ses aventures. Isaac Hayes est donc « Truck Turner », un chasseur de prime totalement bad ass à qui il vaut mieux pas chercher des noises, et bien évidement un aimant à nana.

On retrouve donc nos codes favoris de la blaxploitation, dans un film plutôt bien réalisé mine de rien, chose qui n’est pas négligeable pour le genre. On a notre dose d’humour, de gros guns, de bad ass, de macs alignant une dégaine on-ne-peut-plus-flashy, de musique géniale… bref, tout ce qu’il faut pour passer un bon moment! … Ah non, j’ai failli oublier: attention, mention spéciale pour le seul et unique mais géantissime plan boobs qui dépasse les limites de la gratuité, atteignant des sommets inouïs! Cultissime!

Parce qu’il ne pouvait s’en empêcher, notre Quentin T. préféré a bien évidement repris le thème du film dans Kill Bill qui est d’ailleurs agrémenté de quelques autres morceaux d’Isaac Hayes, oui, c’est grand bonhomme de la soul pour ceux qui débarquent. A par ça, il signera la BO de Shaft (70’s) et fera quelques apparitions dans divers films: Blues Brothers 2000, Shaft (2000), des épisodes de Stargate…

Si vous voulez faire un bon petit détour dans la blaxploitation, Truck Turner est un bon choix!

Année: 2012
Titre original: Bad ass
Réalisateur: Craig Moss
Acteurs notoires: Danny Trejo, Ron Perlman, Charles S. Dutton

Plot: un senior se découvre des talents de super héros.

Source utile: IMDb

Mr Orange: Un film de bad ass avec Danny Trejo tiré d’une histoire vraie, WTF? L’aspect histoire vraie s’arrête à un incident survenu entre 2 concitoyens américains qui a bien évidement été filmé par un 3e joyeux luron… video qui a buzzé sur les réseaux sociaux à l’époque. Pour les curieux, voici le détail in english et la video originale.

La video initiale montre un homme blanc qui tabasse un homme de couleur… le réalisateur a dû y voir source de polémique, car il a choisi de prendre un acteur de couleur pour tabasser des neo-nazis. Ca évite les bavures et on aime toujours. Et pour rendre notre Danny favoris plus sympathique, il est dépeint en train de protéger un aimable citoyen. Ceci dis, Danny se coltine le même look que le bad ass originel: casquette noire, tee-shirt bleu tagué « I am a motherfucker », veste treillis, banane, short et… énorme barbe! Dès lors, la fiction prend le dessus, Bad Ass devient un héros national malgré lui, embrassant la notoriété avec satisfaction après une vie de misère… avant de se retrouver malgré lui embarqué dans une histoire qui le dépasse et mener l’enquête sur fond de vengeance, politicien vereux etc…

Assez parlé de la trame, tout l’intérêt du film se trouve au niveau de la réalisation, qui a penché pour donner un relatif ton de réalisme à l’histoire: photographie sur-exposée mexican-style, senior en choc culturel avec les réseaux sociaux vecteurs de sa gloire et surtout une action brutale mais modérée, sans excès de fioritures à part quelques judicieux ralentis sur des coups de poings bien placés ou un accompagnement musical constitué de heavy hip-hop west cost bien dosé (bon, j’avoue la course poursuite en bus… bon, voilà…). Bref, bien loin du film de bad ass sur-vitaminé auquel on pourrait s’attendre avec un Danny Trejo entre Machete et Machete Kills!!

Un bon film de Bad Ass est toujours le bienvenue!

Et paf, prenez-vous en plein les mirettes avec ce thème qui déboite!

Pour bien lancer notre nouvelle rubrique, voilà 3 films cultes dont les affiches tapent à l’oeil et répondent à une thématique: les roadmovies cultes sortis en 1971 .

Numéro 1: Point limite zero aka Vanishing point de  Richard C. Sarafian
Comme vous pouvez le voir, il s’agit ici d’une version US de l’affiche… les autres ne valent pas vraiment le coup.

Et Vanishing point, c’est quoi? 1h30 de course poursuite, rien que ça. Kowalski (Barry Newman) fait le pari à Denver de rejoindre San Francisco soit plus de 2000 km, et tout ça en moins de 15h en voiture. Pour arriver à ses fins: une Dodge Challenger R/T et une bonne dose d’amphétamines. Sur la route, il se trouve un fan: un animateur de radio qui va le chérir et l’accompagner tout au long de sa quête, en le popularisant… et diffusant une bande originale dithyrambique.

Le film est un énorme flashback contenant lui même des flashbacks, puisqu’on on a une esquisse du final au début du film. D’ailleurs, ce final, il est sensé être chargé de sens itou itou… m’enfin il est aussi pas mal chargé en WTF?!

QT fait évidement un hommage à Vanishing point dans Boulevard de la mort: le film est tout bonnement cité et on trouve une Dodge challenger dans le duel final… et dans Reservoir dogs au travers de l’animateur radio.

Ton: anti-héro, contre-culture, humour, post-Woodstock, guerre du vietnam, libertés…

Numéro 2: Macadam à 2 voies aka Two-lane blacktop de Monte Hellman
Comme vous pouvez le voir, il s’agit ici d’une version US de l’affiche… les autres ne valent pas vraiment le coup.

Macadam à 2 voies c’est quoi? 1h30 de course poursuite, rien que ça. The driver et the mecanic prennent the girl en auto-stop avant de lancer un défi à the GTO: le premier arrivé à Washington depuis l’Arizona gagne la voiture de l’autre. En jeu: une Chevrolet « Chevy » 150 de 1955 très modifiée et une Pontiac GTO de 1970. Le voyage est ici bien plus long et les concurrents gagnent de quoi payer leur trajet grâce à des courses sur piste.

Passage obligatoire par la route 66. Dennis Wilson est aussi le batteur des Beach Boys. Monte Hellman est un des producteurs exécutifs de Reservoir Dogs.

Ton: mêmes thèmes et vision désabusée que Vanishing point mais traité de façon beaucoup plus sombre.

Numéro 3: Duel de Steven Spielberg
Comme vous pouvez le voir, il s’agit ici de 2 versions US originales… et de 2 versions plus récentes

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Duel c’est quoi? Le 1er film de Steven Spielberg et 1h30 de course poursuite, rien que ça. David Mann (Dennis Weaver), commercial se retrouve pourchassé sans motif par un camioneur psychopathe.

Contrairement aux 2 autres:
– il s’agit d’un intense thriller hitchcockien réutilisant les standards du western spaghetti définis quelques années plus tôt: gros plans, étendues sauvages…
– il a été tourné pour la télévision, format 4/3
– et aucun bolide n’est mis en jeu mais un camion Peterbilt 281/381 et une voiture familiale Plymouth Vaillant.

Conclusion:
Les 2 premiers films sont cultissimes: premiers roadmovies et déclaration d’amour à la contre-culture… ils initient un renouveau du cinéma US en réponse à la nouvelle vague française. Le dernier tout autant cultissime, est un tremplin pour Spielberg qui y montre un talent indéniable dont il ne fera pas toujours preuve par la suite. Petit soucis le temps joue un peu contre eux. C’est probablement Duel qui s’en sort le mieux, suivit de Vanishing Point et de Madacam à 2 voies, enfin vu que c’est aussi mon ordre de préférence, mon avis est peut-être biaisé. Quoi qu’il en soit, Duel est indispensable, Vanishing est bien foutu et est un détour obligatoire pour les cinéphiles, quant à Macadam je le conseillerai plus aux cinéphages cherchant à parfaire leur contre-culture cinématographique…

Avant:                                                                              Après:
– Faster pussycat! kill! kill!, 1965 de Russ Meyer      – Mad max 1 & 2, 1979 et 1981 de George Miller
– Bullit, 1968 de Peter Yates                                        – The blues brothers, 1980 de John Landis
– Easy rider, 1969 de Denis Hooper                            – Boulevard de la mort, 2007 de Quantin Tarantino
…………………………………………………………..- Drive, 2009 de Nicolas Winding Refn

Mr Orange