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Archives de Tag: Théorie du complot

Année: 1962
Titre original: El Ángel exterminador
Réalisateur: Luis Buñel
Acteur notoire: aucun

Plot: bourgeoisie entre 4 murs

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Subtilement évoqué dans Minuit à Paris (super critique ici), L’ange exterminateur est un des pré-établis chefs d’oeuvre de Buñuel, éminent réalisateur hispano-mexicain aux racines surréalistes. Sur-brossés par les critiques, film et réalisateur ne sont pour autant pas exempts de déceptions.

Outre le titre accrocheur totalement gratuitle scénario inspiré par Gil Pender est l’aspect le plus vendeur du film. Une bande d’aristocrates se retrouvent emprisonnés par une force supérieure chez leur hôte après une soirée mondaine et ne trouveront d’échappatoire avant de s’être mis à nu. Le décor mis en place sert alors le discours moqueur et critique envers la haute société – et l’Eglise accessoirement. Autre atout, la force surréaliste inexpliquée fort drôle et futée qui joue des tours de passe-passe avec le psyché de nos convives et vaut quelques scènes exquises.

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. D’abord côté technique: la mise en scène fait mal aux yeux, trop théâtrale. Explication: les entrées/sorties de champ avec arrêt inopiné en plein milieu pour jouer sa ligne de texte/action ne sont pas du tout fluides, surtout lors de plus ou moins plans séquences au cours desquels plusieurs personnages interviennent à tour de rôle. On entend presque Buñuel dicter les allées et venues de ses acteurs. Où est le naturel? Le jeu y perd toute sa crédibilité…

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. Ensuite côté théorique: la volonté de Buñuel de ne pas matérialiser la « force supérieure » va trop loin. Dès le lendemain de la soirée, tout le monde se plaint d’être coincé dans la demeure sans essayer d’en sortir (à moins d’un excès de somnolence de ma part?), sans même esquisser un seul pas vers la sortie. Une ou deux tentatives avortées auraient justifié l’abandon qui s’en suit. Et puis le contexte: la bourgeoisie mexicaine sustente difficilement notre vision des sphères huppées. Une bonne bourgeoisie bien so british eusse été de rigueur et aurait par là même accentué le comique des scènes… regret d’ailleurs avoué par Buñuel.

Bilan: une immersion bancale qui entache un excellent scénario et un discours intemporel souffrant légèrement de son degré d’approche un peu vieillot. Coups de coeur pour la chute.

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Année: 2010 (US) 2013 (Fr)
Titre original: Tabloïd
Réalisateur: Errol Morris
Individus notoires: Joyce McKinney

Plot: « affaire du Mormon menotté

Sources utiles: IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le prix du Public
Note donnée: coup de coeur, 4/4

Mr Orange: Sacré caractère: touchante victime ou machiavélique manipulatrice, quoi qu’il en soit obsessionnelle, Joyce McKinney est au centre de l’attention dans ce documentaire qui revient sur le fait divers qui a marqué sa vie, voir plus si affinités. Errol Morris, en bon maitre de cérémonie, aborde l’affaire qui a enflammé l’Angleterre durant les 70’s en réunissant divers protagonistes impliqués dans l’affaire… sauf Kirk, le Mormon menotté, qui a préféré garder le silence. Joyce McKinney, la folle amoureuse, Troy Williams, un Mormon éclairé vulgarisant ses doctrines, 2 journalistes: Peter Tory pour le Daily Express et Kent Gavin pour le Daily Mirror… tout ce petit monde nous éclaire avec des avis très divers

Ceux qui n’avaient pas atteint l’âge de la raison à l’époque se demandent peut-être: mais, quelle fameuse affaire? Celle d’une reine de beauté qui est tombé amoureuse d’un Mormon jusqu’à passer une Lune de miel dans un magnifique petit cottage gallois / le kidnapper, séquestrer et violer avant que le Mormon ne retourne parmi les siens. Choisissez votre version préférée, la vérité se cachant ailleurs.

Succulamment monté, dynamique et drôle, Tabloïd est un mélange d’interviews actuelles, de rares anciennes, de titres de journaux – tabloïds évidement – et de clichés appuyant le propos, accompagnés d’illustrations tournant en dérision les témoignages quand ils ne se suffisent pas d’eux même. Parce qu’au delà de l’intérêt racoleur du topo – avouez qu’une histoire de bondage entre une bimbo frivole et un Mormon ça décoiffe -, le documentaire confronte et décortique les points de vues dans une veine recherche de vérité relevant la risibilité de chaque parti. Que ce soit la nympho obsessionnelle amoureuse, le mormon ayant un appétit sexuel réprimé par sa communauté inflexible et notoirement toqué ou les journalistes usant leurs talents aux services de la Livre Sterling… tout le monde en prend gentiment pour son grade.

On peut y voir une subtile critique de la presse à scandales ou de l’Eglise Mormone, un pamphlet sur la psychologie d’une bimbo… ou simplement un documentaire drôle et rafraîchissant. Ca change de la fiction (établie) et ça se conseille sans soucis.

Année: 2012
Titre original: Brake
Réalisateur: Gabe Torres
Acteur notoire: Stephen Dorff

Plot: un mec dans une boîte

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première US

Mr Orange: Nouveau film anti-claustrophobe, qui pourrait presque s’avérer avant-gardiste si on faisait attention aux dates. On découvre une fois de plus qu’il peut se passer beaucoup de chose, enfermé seul dans une boîte. Heureusement, Stephen Dorff assure son rôle de mort-vivant.

Au début très septique car peu fan du genre, j’ai mis du temps avant de croire à ce James Bond bloqué entre 6 plaques de verre. On se prend finalement au jeu, découvrant au fur et à mesure l’envergure du drame dont il est question. Parce qu’évidement, le sort du monde… enfin au sens américain du terme, repose sur les épaules d’un agent qui a le malheur de connaître une information qui pourrait être létale pour lui, ses proches ou le gouvernement.

N’espérez pas, la caméra ne sortira pas du cercueil transparent de notre agent spécial. Ce qui fait que l’on a beau être à l’aise dans notre fauteuil, on finira par ressentir l’oppression croissante, espérant le moindre plan large, le moindre plan extérieur. Mais… nope. D’autant qu’on apprendra vite qu’on est pas franchement en sécurité, dans une boîte. Un compte-à-rebours nous rappelant constamment que le temps s’écoule irrémédiablement vers une issue peu certaine.

C’est une petite réussite qu’on apprend à apprécier au fil du film, la chute vous offrant la petite claque qui séduit irrémédiablement.

Année: 2012
Titre original: Serbuan maut
Réalisateur: Gareth Evans
Acteur notoire: aucun

Plot: une équipe de policiers d’élite prennent l’assaut d’un immeuble, repaire d’un baron de la drogue.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Parti chercher la gloire en Asie, le réalisateur gallois Gareth Evans semble avoir trouvé son Graal avec The Raid qui surfe sur la vague du succès. La recette: une histoire ultra-bidon, 1h40 d’action pure et dure, façon indonésienne, point. C’est tout con, et ça marche… relativement.

Plus ou moins connus dans leur contrées, les acteurs desservent l’art martial autochtone, le silat. C’est brutal, ça tape dur… et nous surprend de temps à autre par des mouvements originaux. Armes à feu, armes blanches, mains nues… tout est bon. Le réalisateur s’est d’ailleurs amusé à illustrer l’expression « bringing a knife to a gunfight ». L’action est bien filmée, ça défourraille, rythmé par de l’electro, c’est sympa et parfois drôle… bonus pour l’infernal Mad Dog.

Ce n’est cependant pas la claque attendue. Ca ne vaudra pas un bon Crank. Des mecs qui se tapent dessus, même si ils changent d’arme… au bout d’1h40, ça devient un peu long. Longueur accentuée par des petites incohérences qui font tâche. Et ce n’est pas le semblant d’histoire ni les semblants retournements… qui rattrapent l’affaire. Ca ne fait pas trop tâche et c’est déjà pas mal. 1h20 encore plus brainless auraient été plus appréciées. Plus d’originalité dans la réalisation/narration aurait probablement payé.

Bilan, c’est sympa… mais de là à l’ériger au rang de « pure action. déjà culte », y’a des limites.

Année: 2012
Titre original: The Cabin in the Woods
Réalisateur: Drew Goddard
Acteurs notoires: Chris Hemsworth et UN GROS GUEST DE MALADE MENTAL

Plot: des jeunes vont dans une cabane au fond des bois.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Ô Josh Whedon mon amour ♥

La cabane dans les bois est un fabuleux hommage aux films d’horreur. Exempt de tout ton parodique, le film reprend à merveille l’archétype du genre: la fameuse cabane dans laquelle va se perdre une bande de jeunes insouciants. Les codes sont respectés et les références aux papas de l’horreur sont simplement indénombrables.

Le film n’est pas foncièrement flippant ni franchement gore mais y’a du sang par hectolitres. On connait les codes. On sait ce qui va arriver… et c’est d’ailleurs bien la dessus que joue le film. Le premier segment est donc très classique, par choix… et on s’amusera à voir les personnages mourir dans l’ordre pré-établi. Mieux, on s’amuse à reconnaître toutes les références plus ou moins claires au genre: Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse, Hellraiser… on en perd vite le compte. Le deuxième segment du film est du gros plaisir façon kiki tout dur en barquette de 12. Point barre.

La com’ du film est parfaite. Ce titre improbable qui colle parfaitement. Cette image de maison rubixcube qui cache son jeu. L’étalage du gros kiki de J. Whedon qui surfe – à juste titre- sur la vague des Avengers. Sans parler de cette tagline provocatrice qui entube le moindre curieux. Bah justement, on va en parler. L’histoire est originale, vraiment. On sent qu’il y a monstre sous pâquerette, mais après… allez savoir lequel? Godzilla? Mothra? King Godorah? Les 3? C’est là que pêche le film, on devine le pot aux roses un poil trop vite (au bout d’1h à vue de pif) en raison de quelques indices disséminés. Peu importe, le scénario et la narration restent géniaux, la fin sublime et il y a toujours une petite surprise cachée derrière l’angle du mur.

Point négatif, spoiler [ cela relève quand même de la totale impolitesse que de tuer une guest pareil ]

L’arme la plus dingue du siècle, un guest à vous souiller le slip, des références à gogo, un bouton rouge jouissif au possible, un effet pigeon, le fist du siècle, une idée originale vraiment géniale, un plan boobs magistralement orchestré… une bonne grosse marade!

Année: 2011
Titre original: The Conspirator
Réalisateur: Robert Redford
Acteurs notoires: James McAvoyRobin WrightJustin LongEvan Rachel WoodKevin KlineAlexis BledelNorman ReedusTom Wilkinson

Plot: « Procès » des meurtriers d’Abraham Lincoln

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde : Passé inaperçu en France car sortit directement en DVD en décembre 2011, le dernier film de Robert Redford est une perle qui vaut le détour.  Même moi qui ne suis pas un grand fan d’histoire, je me suis laissé prendre. Le film relate avec plus ou moins de romance les événements entourant l’assassinat d’Abraham Lincoln, du vice-président et du ministre des affaires étrangères le 14 avril 1865. Une fois le drame passé, Redford porte l’intrigue sur le procès de Mary Suratt, présumée coupable dans le complot visant à tuer le président.

Plusieurs raisons de le voir :
Un casting hétéroclite et efficace : James McAvoy (Pr. Xavier dans X-Men: First Class), Justin Long (le geek dans Die Hard 4), Alexis Bledel (:D :D ==> Sin City)  et une tripotée de bons seconds rôles que l’on sait qui c’est mais en fait non : Evan Rachel WoodKevin KlineNorman Reedus (Walkind Dead), Tom Wilkinson, et Danny Huston (le papa de Wolverine). Dans ce casting ressort Robin Wright (Mary Suratt) qui dégage une prestance sans pareil.

Une mise en scène immersive : Costumes, décors et surtout lumières, tout est très bien maîtrisé afin de plonger le spectateur au coeur de l’époque et par la même occasion au coeur des événements.

Un Bon scénar : Cela reste encore et toujours le principal pré-requis à un bon film. On est vite embarqué dans cette histoire de complots et de magouilles politiques et militaires où les hauts dirigeants n’hésitent pas à oublier la Constitution pour apaiser le peuple et leur offrir un coupable. La position de James McAvoy, l’avocat de Mary Suratt, est alors très intéressante car celui-ci va s’efforcer de défendre cette paria que tout accuse, l’obligeant à mettre de côté ses convictions de nordiste.

Bref, Robert Redford nous propose un vrai bon film historique dont les 120 minutes passent beaucoup plus vite qu’on ne pourrait le penser.

À voir!

Année: 2012
Titre original: Man on a ledge
Réalisateur: Asger Leth
Acteurs notoires: Sam Worthington, Elizabeth Banks, Jamie Bell, Ed Harris

Plot: un mec ne veut pas vraiment sauter du 21e étage.

Sources: Allociné & IMDb

Mr Orange: En voilà une belle petite brochette d’acteurs avec des petits nouveaux et un vieux de la vieille pour un film, au demeurant, pas si mal foutu que ça… au contraire.

Sorte d’intermédiaire entre Prison Break et Phone Game, j’ai eu la chance de ne rien savoir sur Dos au mur et ne voudrais pas vous priver de cette même chance. C’est génial de se faire bercer par les péripéties sans savoir où l’on va nous mener (du moins au début) et ce n’est peut-être qu’en ignorance du scénario que l’on pourra profiter au mieux du film. Evidement, certains événement sont – a posteriori – plutôt prévisibles (cliché de l’engueulade de couple…), mais ce n’est point grave: la relative originalité du scénario et quelques personnages sauront vous divertir.

On peut noter que Sam Worthington a une réelle peur du vide qui facilite son jeu étant donné que le film a vraiment été tourné « au bord du précipice » (il a glissé 2 fois pendant le tournage… le con).  Sans que cela soit mauvais – loin de là – on peut regretter que les scènes tournées sur une corniche de 36 cm ne rendent pas assez l’effet gouffre. Une prise de vue supérieure (comme sur l’affiche) aurait peut-être été plus bénéfique que les plans horizontaux trop fermés et retranscrivant un faux sentiment de sécurité. Ou alors serait-ce miss Banks qui ne me revient pas plus que ça?! Autre petit regret sur le traitement de la cascade du film… pas assez spectaculaire… passons.

Bref, une tambouille plutôt bien menée avec des acteurs qui jouent bien (Jamie Bell ++), on se laisse facilement embarquer… pourquoi se plaindre?