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Amérique latine

noAnnée: 2013
Titre original: No
Réalisateur: Pablo Larrain
Acteurs notoires: Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro

Plot: pour ou contre Pinochet en spots publicitaires

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Conclusion du triptyque Pinochesque de Pablo Larrain, No s’attarde sur les derniers mois démocratiques du dictateur au travers de campagnes publicitaires pour ou contre son maintien au pouvoir.

Le bon point. Pablo Larrain joue la carte de l’unité visuelle en tournant son film avec des caméras d’époque pour éviter de démarquer les documents d’époque de la fiction. Résultats: un film en 4/3 et des couleurs éclatées pour une image rustique mais authentique.

Le mauvais point. No manque cruellement de dynamisme, de poigne. Le personnage de René / Gael GB accroche mais son adversaire n’inquiète que trop peu. Le sujet est peut-être son propre bourreau? La défaite de Pinochet ne pourra surprendre personne et s’avère finalement délétère à l’instauration d’une tension digne de ce nom.

Leçon d’histoire, images d’archives, images travaillées autour d’une fiction qui s’avère trop passive. Dommage.

Année: 1962
Titre original: El Ángel exterminador
Réalisateur: Luis Buñel
Acteur notoire: aucun

Plot: bourgeoisie entre 4 murs

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Subtilement évoqué dans Minuit à Paris (super critique ici), L’ange exterminateur est un des pré-établis chefs d’oeuvre de Buñuel, éminent réalisateur hispano-mexicain aux racines surréalistes. Sur-brossés par les critiques, film et réalisateur ne sont pour autant pas exempts de déceptions.

Outre le titre accrocheur totalement gratuitle scénario inspiré par Gil Pender est l’aspect le plus vendeur du film. Une bande d’aristocrates se retrouvent emprisonnés par une force supérieure chez leur hôte après une soirée mondaine et ne trouveront d’échappatoire avant de s’être mis à nu. Le décor mis en place sert alors le discours moqueur et critique envers la haute société – et l’Eglise accessoirement. Autre atout, la force surréaliste inexpliquée fort drôle et futée qui joue des tours de passe-passe avec le psyché de nos convives et vaut quelques scènes exquises.

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. D’abord côté technique: la mise en scène fait mal aux yeux, trop théâtrale. Explication: les entrées/sorties de champ avec arrêt inopiné en plein milieu pour jouer sa ligne de texte/action ne sont pas du tout fluides, surtout lors de plus ou moins plans séquences au cours desquels plusieurs personnages interviennent à tour de rôle. On entend presque Buñuel dicter les allées et venues de ses acteurs. Où est le naturel? Le jeu y perd toute sa crédibilité…

Le gros bémol du film: l’immersion bancale. Ensuite côté théorique: la volonté de Buñuel de ne pas matérialiser la « force supérieure » va trop loin. Dès le lendemain de la soirée, tout le monde se plaint d’être coincé dans la demeure sans essayer d’en sortir (à moins d’un excès de somnolence de ma part?), sans même esquisser un seul pas vers la sortie. Une ou deux tentatives avortées auraient justifié l’abandon qui s’en suit. Et puis le contexte: la bourgeoisie mexicaine sustente difficilement notre vision des sphères huppées. Une bonne bourgeoisie bien so british eusse été de rigueur et aurait par là même accentué le comique des scènes… regret d’ailleurs avoué par Buñuel.

Bilan: une immersion bancale qui entache un excellent scénario et un discours intemporel souffrant légèrement de son degré d’approche un peu vieillot. Coups de coeur pour la chute.

 

 

Et paf, prenez-vous un peu de folklore Brésilien dans les mirettes !

La cité de Dieu c’est quoi? Le film brésilien. Celui qui a conquis la scène internationale, s’est valu de nombreuses nominations et a raflé quelques prix. Celui qui s’octroie la 20e place du top 250 d’IMDb… alors que le 1er film frenchy est Léon en 32e position!! Celui qui a permis à Fernando Meirelles de se voir offrir la réalisation de The constant gardener. Celui qui a débouché sur une série, La cité des hommes / Cidade dos homens et un film éponyme. Bref, le film brésilien à voir.

Cidade de Deus c’est quoi? L’histoire de petits garçons des 60’s issus d’une favela de Rio de Janero qui deviennent des hommes dans les 80’s. Certains optent pour la violence, certains font avec, certains essayent de la fuir. Avec un casting autochtone, une superbe photographie et une histoire mêlant une foule de protagonistes, on obtient un film violent, complexe et touchant.

Mr Orange

Année: 2005
Titre original: El aura
Réalisateur: Fabián Bielinsky
Acteur notoire: Ricardo Darín

Plot: un type presque banal rêve du casse parfait.

Source utile: IMDb

Ne pas lire le synopsis qui traine sur Allociné & cie

Mr Orange: Après Neufs reines, sans concession le meilleur film d’arnaque de tous les temps (je pèse mes mots), on retrouve Fabián Bielinsky aux commandes de Ricardo Darín dans une nouvelle tentative de conquête d’un public loin de leur Argentine natale. Parce que oui, le cinéma Argentin est capable du meilleur, chose une nouvelle fois démontrée, même si l’on est loin de l’excellence des Neufs reines.

D’un film à scénario, il passe à un film psychologique, entre le thriller et le polar minimaliste. Photographies aux teintes froides et musique lancinante accompagneront notre enquêteur peu bavard dans sa belle aubaine. Et bien qu’il soit question de braquage – minutieusement préparé – il s’agit bien moins d’un film de braquage que d’une introspection de notre taxidermiste qui arrive comme un cheveux sur la soupe au bon moment dans cette forêt intimidante, réquisitoire d’un fantasme loin de la dure réalité.

Tandis que Neuf reines visait un public large avec un bon divertissement mêlé d’intellect, El aura s’adresse cette fois-ci à un public plus mature. Embardée réussie notamment grâce à l’excellent jeu de Ricardo Darín.