archive

Historique

noAnnée: 2013
Titre original: No
Réalisateur: Pablo Larrain
Acteurs notoires: Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro

Plot: pour ou contre Pinochet en spots publicitaires

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Conclusion du triptyque Pinochesque de Pablo Larrain, No s’attarde sur les derniers mois démocratiques du dictateur au travers de campagnes publicitaires pour ou contre son maintien au pouvoir.

Le bon point. Pablo Larrain joue la carte de l’unité visuelle en tournant son film avec des caméras d’époque pour éviter de démarquer les documents d’époque de la fiction. Résultats: un film en 4/3 et des couleurs éclatées pour une image rustique mais authentique.

Le mauvais point. No manque cruellement de dynamisme, de poigne. Le personnage de René / Gael GB accroche mais son adversaire n’inquiète que trop peu. Le sujet est peut-être son propre bourreau? La défaite de Pinochet ne pourra surprendre personne et s’avère finalement délétère à l’instauration d’une tension digne de ce nom.

Leçon d’histoire, images d’archives, images travaillées autour d’une fiction qui s’avère trop passive. Dommage.

Publicités

Django unchainedAnnée: 2012
Titre original: Django Unchained
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs notoires: Christopher Waltz, Jamie Foxx, Samuel L. Jackson, Leonardo DiCaprio, Franco Nero

Plot: vengeance, spaghetti et champs de cotton

Sources: Allociné & IMDb

Mr Orange: Attention, ceci n’est pas un article ordinaire, écrit après 2 messes, de nombreuses lectures, le visionnage de quelques références et beaucoup de brouillons rédigés au rythme de la bande originale: critiquer pour la 1ere fois son Dieu n’est point évident…

When the fan hits the spaghetti®

Retour tant attendu de notre mentor suprême, Quentin Tarantino! Et la satisfaction ne se fait pas attendre avec un générique qui nous met vite dans l’ambiance: thème du Django de Corbucci, grosse police rouge bien grasse… on ne s’est pas trompé de salle, c’est bien ce qu’on est venu voir. Fondu de western, QT nous délivrait jusqu’alors des références à ses classiques à petites doses subtiles, alors forcément quand il se décide enfin à mettre les mains dans le cambouis et réaliser son western, on n’a plus qu’à s’agglutiner dans les salles pour assister à la messe, encore et encore (bientôt).

Comme on le sait, parmi le trio de Sergio, QT a une affinité particulière pour Corbucci: violent et sale, dépeignant des personnages à la morale douteuse dans un univers sombre et impitoyable. On retrouve donc Django de Django qui traverse la boue de Django avant d’aller errer dans la neige d’El grande Silencio… Mais étonnamment, nous n’aurons pas eu droit à la crépusculaire Gatling ni au baptême des mains brisées. Soit. Seulement, QT en connait un rayon en western, et nous offre une batterie de références en différenciant les genres: du western comique classique avec Visage pâle aka The paleface aux prémices de la fin du spaghetti avec l’arrivée de Terrence Hill dans On l’appelle Trinita aka Lo chiamavano Trinità en passant forcément par (politesse?) les inévitables brutes et truands de Leone, icône phare du western (spaghetti).

Comme on le sait, parmi les B movies des 70’s, QT a une affinité particulière pour la blaxploitation qui devient encore une fois la clé de voute de son film, inspiré directement de The legend of nigger Charley – le western de blaxploitaion qui vaudra peut-être un petit dossier avec ses suites. Ainsi, après avoir vengé les Juifs en refaisant une beauté à Hitler à coups de calibre 9 mm, QT se dresse contre l’esclavagisme et venge les « Afro-Americans » ou les fameux N-word « Niggers » (selon les affinités) des atrocités de leur passé. Ainsi, après nous avoir touché à coeur avec les atrocités en question, QT mène la vendetta des esclaves à coup de fouet, de revolver et surtout de l’impitoyable ridicule. Petite cerise sur le gâteau, Django serait l’aïeul de Shaft?

Comme on le sait, le film frôle la perfection. On retrouve Christoph Waltz en trublion au phrasé pointu pour nous distraire avec brio mais cette fois épris d’empathie pour… Jamie Foxx, badass et bourreau des Sudistes qui ne lésine pas sur sa vengeance bien zélée. En face, un duo redoutable: le petit prince capricieux de DiCaprio et son domestique en chef qui lui vole la vedette, Samuel L Jackson, fin calculateur obséquieux en public et seigneur dans l’ombre. QT, lui, s’essaye à un genre inédit: la narration linéaire orchestrée sur un personnage unique… quasi exempte de flashback parce que oui, faut pas pousser mémé dans les orties non plus, ça reste QT. Toujours est-il qu’ainsi, il se détache de ses précédents et lève le pied sur la fonction « divertissement ultime » pour parler d’un sujet plus sérieux… en conservant sa marque de fabrique. Ah, et la bande originale est culte avant l’heure et les dialogues font la paire, cela va de soit.

On passera sur les apparitions subliminales de Kerry Washington, l’absence de duel Leonien ou l’intervention explosive de QT qui semble un peu artificielle.

Quentin, sculptant la fierté noire dans la viande blanche, signe un splendide western Corbuccien tantôt hilarant, tantôt horrifiant… et succulent comme toujours. Certes, ce n’est probablement pas le meilleur – quoi que difficile d’organiser un top 8 – mais certainement le plus adroit qui atterrit directement dans la case film culte. Comme toujours. A voir sans modération, comme toujours.

The D is silentMoment culte.

Année: 2012
Titre original: Abraham Lincoln, vampire hunter
Réalisateur: Timur Bekmambetov
Acteur notoire: aucun

Plot: vérité sur la double vie d’Abraham Lincoln

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Avec un titre et plot pareil, on pouvait s’attendre à une série B de haut-vol, surtout quand la bande annonce est prometteuse (voir ici)… mais on a finalement droit qu’à un divertissement tout juste honnête. Et pourtant, l’affiche vente les bonhommes qui se cachent derrière le film: T. Burton à la production, qui m’ennuie éperdument, et T. Bemambetov, que je conchie royalement. Je m’étais d’ailleurs promis d’éviter son prochain film après les déceptions successives de Wanted et de la tri bi-logie Night & Day Watch (voir ici).

Côté technique, on pouvait s’attendre à de beaux effets spéciaux pour une série B. Bilan: autant les FX de proximité (combats, vampires…) sont plus que potables, autant tous les plans larges sur les paysages, villes, batailles sont moches. Il ressemblent plus à des cinématiques d’un jeu vidéo vieux de plus de 5 ans qu’à un plan d’un film de 2012 produit par T. Burton. A cela, s’ajoute la 3D une fois de plus inutile….

Quand au réalisateur Russe, il fait ce que tout réalisateur étranger – même bon – fait en (re)débarquant à Hollywood, il n’apporte rien. Quoi que dans son cas ce ne soit pas un mal. Et bien sûr, le film défailli là où on l’attendait au tournant: il lui manque une bonne grosse dose de dérision, et au passage, une bonne grosse déferlante de violence. Les bastons, seul intérêt du film, sont trop peu nombreuses et bien trop softs. D’ailleurs, 2 remarques: pourquoi orchestrer une baston au sein d’un troupeau de chevaux sauvages lorsqu’on a pas les moyens d’assurer des effets spéciaux qui suivent? pourquoi créer tout un mythe autour du boss final si c’est pour l’éliminer si aisément? (aisance qui est quand même drôle, soit dit en passant).

Ce qui sauve le film: l’idée originale de Seth Grahame-Smith, auteur du livre sur lequel se base le film ainsi que son scénario. Inspiré par la dualité de l’exposition de biographies sur A. Lincoln et de romans de vampires en vitrine de librairie, S. Grahame-Smith se lance dans la réunion des 2 thèmes. La mission est un succès et si on n’est pas trop tatillon sur l’histoire, le scénario mêle bien la fiction à la réalité. Dès lors, c’est un vrai régal que de voir Abraham Lincoln dégainer son énorme….. hache-mousquet-baillonnette pour découper du vampire à tour de bras.

De bons éclats de rires malgré le gros gâchis qui constitue pourtant le meilleur film de l’oeuvre de T. Bekmambetov. Lui, je l’aime pas.

Année: 2011
Titre original: The Conspirator
Réalisateur: Robert Redford
Acteurs notoires: James McAvoyRobin WrightJustin LongEvan Rachel WoodKevin KlineAlexis BledelNorman ReedusTom Wilkinson

Plot: « Procès » des meurtriers d’Abraham Lincoln

Sources utiles: Allociné & IMDb
.
.
.
.
Mr Blonde : Passé inaperçu en France car sortit directement en DVD en décembre 2011, le dernier film de Robert Redford est une perle qui vaut le détour.  Même moi qui ne suis pas un grand fan d’histoire, je me suis laissé prendre. Le film relate avec plus ou moins de romance les événements entourant l’assassinat d’Abraham Lincoln, du vice-président et du ministre des affaires étrangères le 14 avril 1865. Une fois le drame passé, Redford porte l’intrigue sur le procès de Mary Suratt, présumée coupable dans le complot visant à tuer le président.

Plusieurs raisons de le voir :
Un casting hétéroclite et efficace : James McAvoy (Pr. Xavier dans X-Men: First Class), Justin Long (le geek dans Die Hard 4), Alexis Bledel (:D :D ==> Sin City)  et une tripotée de bons seconds rôles que l’on sait qui c’est mais en fait non : Evan Rachel WoodKevin KlineNorman Reedus (Walkind Dead), Tom Wilkinson, et Danny Huston (le papa de Wolverine). Dans ce casting ressort Robin Wright (Mary Suratt) qui dégage une prestance sans pareil.

Une mise en scène immersive : Costumes, décors et surtout lumières, tout est très bien maîtrisé afin de plonger le spectateur au coeur de l’époque et par la même occasion au coeur des événements.

Un Bon scénar : Cela reste encore et toujours le principal pré-requis à un bon film. On est vite embarqué dans cette histoire de complots et de magouilles politiques et militaires où les hauts dirigeants n’hésitent pas à oublier la Constitution pour apaiser le peuple et leur offrir un coupable. La position de James McAvoy, l’avocat de Mary Suratt, est alors très intéressante car celui-ci va s’efforcer de défendre cette paria que tout accuse, l’obligeant à mettre de côté ses convictions de nordiste.

Bref, Robert Redford nous propose un vrai bon film historique dont les 120 minutes passent beaucoup plus vite qu’on ne pourrait le penser.

À voir!

Année: 2005
Titre original: Good night and goog luck
Réalisateur: George Clooney
Acteurs notoires: David Strathairn, George Clooney, Robert Downey Jr., Frank Langella, …

Plot: Contribution de Edward R. Murrow, présentateur de journal télévisé à la CBS, à la chute de J. McCarthy.

Sources utiles: Allociné & IMDb

 Mr Orange: Good night and goo luck c’est le Frost/Nixon des années 50. C’est un film opposant un journaliste et son équipe à un homme politique qui dépasse les bornes. Retour aux sources: c’est le tout début des années 50 et avec, le tout début de la guerre froide qui commence sur les chapeaux de roues. Le symbole de cette période: Joseph McCarthy, un sénateur qui s’est lancé dans une chasse aux sorcières, déclarant – pour caricaturer – un individu communiste parce qu’il est le nouveau propriétaire d’un chat qui a par le passé, mangé dans une gamelle estampillée du logo d’une association qui aurait reçu un financement d’intel qui serait selon certaines rumeurs un sympathisant communiste. Nan, sans déconner, c’est presque ça. Relisez vos cours d’histoire, c’est dedans.

Alors George Clooney a beau avoir fait le clown en slip avec une cape et des oreilles pointues dans le sublissime Batman & Robin… il nous pond ici un film très sérieux. Un film de hard-journalisme, un condensé de débats touchant des sujets aussi aisés que le journalisme, la démocratie, les médias, les libertés… toussa toussa. Et forcément, l’opinion que distille G. Clooney au travers de E.R. Murrow est engagé, et avec un peu de nez, malgré le contexte bien spécifique du film, on peut y voir 2-3 métaphore de l’actualité des années 2000.

Pour la forme, c’est en noir et blanc. Oui, je sais. Motif du choix d’une photographie peu attrayante pour le commun des mortels: un soucis d’authenticité ainsi que de cohérence avec des images d’archive délayées dans le film. Le film est un quasi-huis clos dans la salle de la rédaction du JT, ambiance 50’s, tout le monde avec une cigarette au bec, fumée latente dans la pièce, climat masculin dans lequel on apprécie à l’occasion voir des traits féminins apporter un peu de douceur à la dureté des visages. On est transporté par les sauts et chutes d’humeur de la rédaction, au rythme de leurs victoires/échecs. G. Clooney a opté pour l’authenticité, la simplicité, appuyé par de bons acteurs… et ça paye.

Petits trucs rigolos:
– Frank Langella jouera Nixon dans Frost/Nixon 3 ans plus tard.
– on peut voir de super publicités vantant les mérites des cigarettes avec filtre. Ha ha ha.
– le titre vient de la phrase de conclusion fétiche de E.R. Murrow

Bref, le film est pas sexy du tout: entre discours quasi-politisé, débats à tout va, noir et blanc… mais c’est sacrément bien foutu et la petite heure et demie de film en devient presque trop courte.

Année: 2011
Titre original: The Artist
Réalisateur: Michel Hazanavicius
Acteurs notoires: Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, Malcolm McDowell

Plot: Une star du film muet doit faire face à l’arrivée du film parlant.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Comment présenter un film qui fait le buzz depuis Cannes 2011?! Comment dire ce qui a déjà dû être sur-dis?! J’avoue que ça fait 6 mois que j’me dis qu’il faut le voir… mais que le format muet-N&B est plutôt répulsif et n’étant pas un grand fan du ciné pré-60’s… pas motivé quoi. M’enfin, j’ai beau avoir ignoré les récompenses reçues à foison jusqu’ici… après un week-end riche en statuettes dorées, j’ai dû faire face à la bête… et quelle bête!

Pour faire bref, sans en être fan, on doit reconnaître que c’est un superbe hommage au cinéma des années 20-30… au point de presque donner envie de s’en payer une tranche! Enfin faut pas déconner… du muet-N&B c’est rigolo sur un film d’1h30… m’enfin de là à ne jurer que par ça, y’a des limites. Ceci étant dit, très bel exercice technique remporté avec brio… au point que M. Hazanablabla s’octroie le droit de jouer avec le format du film, ce qui est d’autant plus jouissif. Le scénario est vraiment sympa (quoi que la phase de dépression m’a un peu bercé), la mise en scène est parfaite… bref, chapeau!

Quand aux acteurs, bah si ils raflent les petites statuettes dorées, c’est pas pour rien hein. Le jeu est génial, J. Dujardin est comme un poisson dans l’eau. Ce film est d’ailleurs une superbe expérience,  rappelant qu’avec un bon jeu d’acteur et une réalisation adéquate, la parole devient facilement futile. On se surprend à apprécier le cinéma sous un angle plus profond, par simple lecture de l’image, et ça, c’est cool.

A voir.

Bonus: la présence de guests tels que John Goodman et Malcolm McDowell (pas vu depuis Caligula… ça change!) pour appuyer internationnalement nos petits frenchies est fort appréciable !

 Année: 1979
Titre original:  Caligola
Réalisateur: Tinto Brass
Acteurs notoires: Malcolm McDowell, Helen Mirren

 Plot: Retour sur la vie de Caligula, 4e Empereur Romain.

 Sources utiles: Allociné & IMDb

ATTENTION : scènes très explicites

 Mr Orange: Pour continuer sur le thème des films chocs, en voilà un qui s’en coltine une bonne couche. Bien qu’il y ait quelque bien rares scènes violentes / gores, c’est bien loin d’être le soucis du film. Le soucis du film, c’est son producteur. Il faut donc savoir que Caligula est produit par Bob Guccione, qui n’est autre que le père fondateur du magazine pornographique Penthouse, qui a eu le talent pour entourlouper acteurs, réalisateur et techniciens de renoms.

Donc pour la petite histoire, Tinto Brass a tourné un film avec des scènes de nu, présentant une sexualité débridé, en conservant un regard érotique. Bob Guccione est passé derrière, au montage, a viré Tinto Brass, et a inclus des scènes tournées « clandestinement » avec des acteurs pornographiques. Et Tinto Brass, se sentant violé, a finalement renié son film.

On a donc droit à 2 films pour le prix d’un. Parce que oui, forcément, je parle ici de la version uncut, zéro censure. Le premier est un bon péplum, dans une ambiance érotique justifiée. Le second est un gros boulard gratuit sans intérêt cinématographique. Franchement, si je n’avais pas une foutue curiosité me poussant à regarder les films les plus dingues, je me serais bien volontiers passé de la partie p0rn du film. D’autant plus qu’en cumulant toutes les scènes « productor’s cut » on a droit à 1h de film supplémentaire… inutile. Parce que oui, au bout de 2h35, on est bien content que ça s’arrête.

Ceci étant dit, en ne se focalisant que sur le péplum à proprement parler, il est pas si mal. On assiste à une belle décadence de l’empereur romain le plus sulfureux, dans un contexte retranscrivant une Rome antique sujette à moult orgies, meurtres et autres joyeusetés… bien plus proche de la supposée réalité qu’un Gladiator tout luisant. Acteurs endiablés, décors pharaoniques… que demande le peuple?!

Bilan: ce film ne présente un intérêt que dans sa version coupée par les commissions de censure. Oui, c’est la première fois que je dis un truc pareil.