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Archives de Tag: Twist

Année: 2012
Titre original: Brake
Réalisateur: Gabe Torres
Acteur notoire: Stephen Dorff

Plot: un mec dans une boîte

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première US

Mr Orange: Nouveau film anti-claustrophobe, qui pourrait presque s’avérer avant-gardiste si on faisait attention aux dates. On découvre une fois de plus qu’il peut se passer beaucoup de chose, enfermé seul dans une boîte. Heureusement, Stephen Dorff assure son rôle de mort-vivant.

Au début très septique car peu fan du genre, j’ai mis du temps avant de croire à ce James Bond bloqué entre 6 plaques de verre. On se prend finalement au jeu, découvrant au fur et à mesure l’envergure du drame dont il est question. Parce qu’évidement, le sort du monde… enfin au sens américain du terme, repose sur les épaules d’un agent qui a le malheur de connaître une information qui pourrait être létale pour lui, ses proches ou le gouvernement.

N’espérez pas, la caméra ne sortira pas du cercueil transparent de notre agent spécial. Ce qui fait que l’on a beau être à l’aise dans notre fauteuil, on finira par ressentir l’oppression croissante, espérant le moindre plan large, le moindre plan extérieur. Mais… nope. D’autant qu’on apprendra vite qu’on est pas franchement en sécurité, dans une boîte. Un compte-à-rebours nous rappelant constamment que le temps s’écoule irrémédiablement vers une issue peu certaine.

C’est une petite réussite qu’on apprend à apprécier au fil du film, la chute vous offrant la petite claque qui séduit irrémédiablement.

1979 / Alien, le 8e passager (director’s cut) / Alien
de Ridley Scott
avec Sigourney Weaver, John Hurt, Ian Holm, Tom Skerritt
1986 / Aliens, le retour (version longue) / Aliens
de James Cameron
avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Bill Paxton, Mark Rolston
1992 / Alien 3 (assembly cut) / Alien 3
de David Fincher
avec Sigourney Weaver, Charles S. Dutton, Charles Dance
1997 / Alien, la résurrection / Alien resurrection
de Jean-Pierre Jeunet
avec Sigourney Weaver, Dominique Pinon, Ron Perlman…

Plot: des xénomorphes se reproduisent au dépend des humains

Sources utiles: Wikipedia et tous ses liens

Mr Orange: En prévision de la sortie imminente de Prometheus, voici un petit dossier sur la saga Alien, monstre de S-F. Pré-requis: chaque film de la saga existe en plusieurs versions, un vrai foutoir (cf fin de l’article). Attention aux spoilers d’un film à l’autre.

Alien, le 8e passager (director’s cut)  horreur
De l’horreur spatial comme cela n’a jamais été égalé, un bijoux de science-fiction. Le 8e passager – en oubliant le chat – est un monstre indétrônable, le bébé de H. R Giger, l’énorme point fort du film avec la mystification d’une créature que l’on ne voit finalement que très peu. Le petit point faible – parce qu’il en faut toujours un – serait la lenteur cosmique du premier tiers… où c’est moi qui était trop pressé? Peu importe, l’ambiance spatiale est envoûtante, l’exploration du vaisseau extraterrestre et la tension croissante qui s’en suit sont exquis, nous scotchant littéralement devant l’écran. Autre point fort: Ellen Ripley, combattante déterminée à survivre qui crève l’écran, que ça soit à coup de lance-flamme ou en petite culotte… elle ne laisse personne indifférent, xénomorphe compris. Ridley Scott signe son premier chef d’oeuvre, culte.

« Dans l’espace, personne ne vous entend crier »

Aliens, le retour  (version longue) – action / horreur
Plus qu’une révision musclée du genre par Mr Cameron,  Aliens enrichit considérablement l’univers de la saga que Mr Scott n’avait qu’esquissé. Sauvée in extremis, Ripley est renvoyée au casse-pipe avec une bande de militaires qui en portent des grosses. Occasion de développer la biologie des xénomorphes… mais aussi le personnage de Ripley au travers de sa relation avec Newt. Soulignons au passage que c’est le seul film de la saga qui se permet d’avoir une affiche vraiment dégueulasse. Retrouver Michael Biehn en prof’ de tir juste après Terminator est un vrai petit plaisir. Autre plaisir, il s’agit d’alien DEUX, il va donc de soit que Ripley s’équipe pour sa traditionnelle chevauchée solitaire de DEUX armes lourdes. M’enfin peut importe le nombre et la taille des armes, nos xénomorphes sont toujours là pour rappeler qui sont les patrons et assurer une tension mystique tout au long du film. Culte, encore.

Alien 3 (assembly cut)  horreur
Le film qui est passé dans toutes les mains, a eu tous les scénarios avant de tomber dans les mains d’un David Fincher… qui n’a pas eu le final cut et a finalement renié son 1er film. On s’en sort pas si mal que ça, si on évince l’énorme déception du sort réservé au Cap. Hicks et à la jeune Newt. On quitte l’action pour un « retour aux sources », avec un alien à 4 pattes tout de même plus visible… et plus agressif. Bien que sommaire sur le background, Alien 3 envisage une variation dans le développement des xénomorphes en fonction de l’espèce hôte. Enorme coup de coeur pour la course-poursuite dans les couloirs avec le point de vue du xénomorphe qui se déplace indifféremment sur le sol, les murs, le plafond… et le dernier tiers du film en général. L’ambiance prison industrielle auto-gérée est finalement bénéfique, offre un renouvellement vis-à-vis de ses prédécesseurs et enrichit l’univers de la franchise. Magistral! (voir les versions plus loin)

Alien, résurrection (action / horreur)
Joss Whedon au scénario, J-P Jeunet aux commandes, S. Weaver, D. Pinon, R.  Perlman… ou comment les producteurs se sont offert un casting parfait pour la suite inattendue d’Alien 3. On retrouve à nouveau un film musclé dans un vaisseau-laboratoire de l’armée avec une bande de mercenaires et une Ripley sur-vitaminée. Petit bémol: l’alien blanc dont on ne sait trop quoi penser, l’idée est pas mal… mais ça colle pas, l’esthétique Giger-less peut-être? J-P Jeunet qui vient de boucler La cité des enfants perdus a réussi à personnaliser le film que ce soit au travers de D. Pinon ou de R.  Perlman, de leur équipement, de la chambre des horreurs… et plus généralement sur la photographie et la mise en scène (confère l’accouchement). Il apporte d’ailleurs sa petite dose d’humour fort appréciable aidé d’un R. Perlman à la prose décapante. Une bonne grosse claque hollywoodienne à la sauce frenchy. Un must have.

Vue d’ensemble
4 grands films, 4 grands réalisateurs, 1 saga anthologique.

Un fait non négligeable est qu’à l’époque, les réalisateurs en question étaient jeunes et ne bénéficiaient pas de leur renommée actuelle, ce qui a souvent conduit à des soucis avec la production, mention spéciale pour Alien 3 et David Fincher. Quoi qu’il en soit, l’absence de réelle ligne de conduite est un vrai atout pour la franchise. Même si cette option comporte ses faiblesses, les 4 réalisateurs de talents ont chacun transmis leur vision personnelle d’un même univers, ce qui permet à la saga de ne pas souffrir d’un « effet suite » sur des sequels n’ayant été prédis… loin d’être anodin. Cette identité propre à chaque film, inculquée par des réalisateurs n’ayant pas voulu faire « comme le copain » apporte une réelle richesse qui nous permet d’apprécier pleinement l’ensemble des oeuvres.

Le détail qui paye, est que les films sont loin d’avoir mal vieilli, au contraire, notamment grâce à des ambiances époustouflantes. Si l’on omet la chute d’Alien 3 et quelques bricoles, la franchise bénéficie d’effets spéciaux de qualité appuyés par un design des vaisseaux ou des costumes qui sont sublimes, en plus du travail extraordinaire d’H. R Giger. Un vrai plaisir pour les yeux.

Ripley et les xénomorphes, fils directeurs de la saga évoluent de façon concomitante dans chaque épisode, jusqu’à l’apogée finale: la fusion biologico-affective de 2 êtres qui se sont fait des misères des siècles durant. Chaque réalisateur a customisé ses xénomorphes à partir de l’original d’H.R. Giger, initialement rugueux (Scott) il devient tout luisant (Jeunet), Cameron crée une reine et Fincher un quadrupède. De simple chasseur talentueux, il devient futé… jusqu’à devenir clairement intelligent, au point d’utiliser la technologie humaine par répétition, de mettre en place des pièges réfléchis ou de sentir des pièges dressés contre lui. Ripley femme libérée imposant une tension sexuelle, survivante élue par le sort et sa volonté d’en découdre, développe des sentiments, réclame de l’attention, se rase la tête, perd espoir sans avoir dis son dernier mot… jusqu’à la mutation radicale accompagnant sa résurrection qui se traduit par des changements physiques et psychologique, exit la gringalette des épisodes précédents, Ripley est une guerrière implacable, bouya!

Au delà de l’action/horreur, la franchise questionne les abus d’une multinationale, la Weyland-Yutani, entité omnipotente et omnisciente qui se permet les pires horreurs / sacrifices sous couvert d’un intérêt militaro-économique. Questionne sur les abus de la science, que ça soit au travers d’expériences déshumanisées ou de la conception de droïdes de plus en plus humanisés. La vie humaine n’a qu’une bien faible valeur dans l’espace…

Alien c’est H.R. Giger, c’est Sigourney Weaver élue au rang de godess suprême… au point de chérir au plus haut point la moindre de ses trop rares apparitions, c’est LE super-méchant de la mort qui tue. Alien, c’est mythique.

Univers étendu:
– les jeux Alien vs Predator (1999-2000) sont vraiment extra, combinant une campagne pour chaque race: Marine, Xénomorphe, Predator… avec 3 styles de jeux différents. Et… c’est vraiment génial de se retrouver dans la peau d’un Alien. Immersion garantie.
– les films Alien vs Predator relèvent quand même de la double bouse cosmique, à quelques détails près qui ne sont pas accordés, faute de double viol impardonnable… dommage, l’idée était séduisante.

Détail des versions
/ Alien, le 8e passager
Version originale
Version director’s cut (+5min): léger élagage, ajout d’une dispute et de la découverte d’un nid
/ Aliens, le retour
Version originale
Version longue (+15min): ajout de diverses scènes apportant un background aux personnages, non négligeable
/ Alien 3
Version originale
Version assembly cut (+30min): attention, ceci n’est pas une director’s cut mais une productor’s cut bis. Ripley est découverte échouée sur une plage… mais pourquoi?! L’alien sort d’une vache ce qui colle mieux au fait qu’il soit déjà gros. Mais surtout le background des prisonniers est mieux développé avec toute une péripétie supplémentaire, indispensable. Perte du chestburst final, wtf?!
Version re-assembly cut (fan edit): reprise de l’assembly cut plage-less et vache-less. Dommage, la vache est bien et on perd un super plan d’extérieur en intro… mais lave l’aberration de la plage.
/ Alien, la résurrection
Version originale
Version DVD: générique d’introduction avec un insecte qui se fait splacher, fin pessimiste: vue sur Paris dévasté… mieux?!
Il existe une myriade d’autres fan edits que le Re-assembly cut, moins pertinents sembleraient-ils… Pas vus.

Se faire une nuit Aliens, c’est quand même top-moumoute!

Année: 2008
Titre original: 20-seiki shōnen Twentieth Century Boys
Réalisateur: Yukihiko Tsutsumi
Acteur notoire: aucun

Plot: un scénario apocalyptique imaginé par une bande d’enfants est mis en place lorsqu’ils sont adultes.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Adapté du manga éponyme, 20th century boys est fait pour les fans du manga. L’adaptation est d’une fidélité époustouflante et montre un travail monstrueux côté réalisation afin de respecter l’original avec entre autre un casting le plus fidèle possible aux personnages dessinés. L’esprit manga y est tout à fait: les acteurs sur-jouent, le rythme est similaire et de façon général le sujet et le traitement de l’histoire sent le manga à plein nez.

Pour les incultes (dont je fais parti), l’histoire se déroule sur plusieurs époques: dans le passé (1967) pendant l’enfance des héros, dans un relatif présent (1997) à l’avènement de la « prophétie » puis dans un futur proche (environ 2015). L’histoire est vraiment super sympa, le héros doit décrypter son passé afin de sauver le monde d’une secte établie par un ancien ami d’enfance qui veut détruire le monde à coup de virus à hémorragie explosive, monstre mécanique… Donc oui, c’est très nippon tout ça, d’ailleurs le coup de la secte qui diffuse un virus à hémorragie explosive… sort tout droit des faits divers japonais: en 92 la secte Aum Shinrikyō est allée en Afrique au Zaïre pour tenter de récupérer une souche du virus Ebola. On me la fera pas à moi celle là. Pour le monstre mécanique… c’est juste inhérent à TOUS les manga!

Note: 20th century boys est une adaptation des tomes 1-5 et sera suivit en 2009 de 20th Century Boys, Chapitre 2 : le Dernier Espoir (tomes 6-15) puis de 20th Century Boys, Chapitre final (tomes 16-22).

Le film est vraiment fait pour les fans au détriment des autres spectateurs. Le poisson est complètement noyé entre les différentes époques, la multitude de personnages, le complot inhérent et faut l’avouer: la barrière culturelle (pourtant je ne suis pas étranger au ciné asiatique). Bref, c’est le bordel, les retournements de situation qui sont souvent prévisibles et le rythme assez lent (2h20 par film) n’aident pas à accrocher. Pourtant, le réalisateur a – un poilounet – adapté la structure du scénario aux exigences du format cinématographique, mais ça ne suffit pas. Ralala… les adaptations, toujours des mécontents :)

Tant mieux pour les fans, dommages pour les autres… parce que l’histoire est vraiment bien (virus, secte, enfant/adulte, apocalypse… que demander de mieux?). Je ne sais pas si je regarderais les suites… Après, je ne suis pas ultra-permissif aux manga / animés (même si j’en aime certains) peut-être que d’autres (moins fatigués) accrocherons plus.

1968 / La Planète des Singes / The Planet of the Apes
de Franklin J. Schaffner
avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Linda Harrison, Maurice Evans
1970 / Le secret de la Planète des Singes / Beneath the Planet of the Apes
de Ted Post
avec James Franciscus, C. Heston, K. Hunter, L. Harrison, M. Evans
1971 / Les évadés de la Planète des Singes / The escape from the Planet of the Apes
de Don Taylor
avec Roddy McDowall, Kim Hunter
1972 / La conquête de la Planète des Singes / Conquest of the Planet of the Apes
de J. Lee Thompson
avec Roddy McDowall
1973 / La bataille de la Planète des Singes / Battle for the Planet of the Apes
de J. Lee Thompson
avec Roddy McDowall

Plot initial: une expédition spatiale échoue sur une planète peuplée de singes.

Sources utiles: Wikipédia, IMDB,  Allociné (l’affiche spoile outrageusement le 1er)

On va se contenter d’apprécier l’interprétation magistrale de Charlton Heston et ignorer  son engagement pour la maudite NRA et la flétrissure démoniaque qu’est le mouvement Pro-Life.

Mr Orange: L’univers de la planète des singes est caractérisé par des fins spectaculaires, le livre et les 1ers opus des films se clôturant systématiquement sur des cliffhangers, en conséquent, ne vous aventurez du commentaire d’un film à l’autre que si vous connaissez le fin mot de l’histoire du précédent, oui, cet article est un nid à spoilers.

(1968) La planète des singes est un des monstres de la science-fiction, jugement et cauchemar de l’humanité. Il s’agit d’une adaptation du livre La planète des singes de Pierre Boulle mixé avec l’épisode La flèche dans le ciel (signé Madelon Champion) de la série La quatrième dimension. Les costumes/maquillages sont pas mal du tout malgré une bouche trop figée. Bonne réalisation accompagnée d’une musique ajoutant à l’angoisse du topo. Les thématiques abordées sont le darwinisme, une critique générale de la société humaine et du comportement humain. Le film s’achève en apothéose sur un final grandiose. Tim Burton y rendra hommage à la fin de sa version en reprenant mot pour mot la tirade finale de C. Heston.
Indispensable. 

(1970) Le secret de… approfondit la mythologie de l’univers, ajoutant un peuple, le thème de la bombe atomique (Guerre Froide bonjour) etc mais s’avère finalement moins satisfaisant que le précédent, le singeant beaucoup trop dans la 1ere partie et la 2e usant de grotesques décors loin des subtilités du 1er opus. Toutefois, l’explication logique des effets spéciaux pourris est drôle. C. Heston accepte de jouer dedans par amitié mais ne tiens qu’un rôle de guest, le rôle principal étant alloué à Brent membre d’un second équipage venu secourir le premier. Seul opus sans Roddy McDowall (qui interprète normalement Cornélius).
Dispensable.

(1971) Les évadés de… est absolument génial, offrant une version inversée du film de 1968: cette fois-ci ce sont les singes – Cornélius et Zira – qui arrivent sur Terre (époque contemporaine de la sortie du film). Cet opus se distingue des précédents par la grosse dose d’humour utilisée grâce à la situation inversée, la première moitié du film offrant de nombreuses scènes et dialogues cocasses. De plus, des idées développés dans le livre de P. Boulle mais amputés dans le film de 1968 sont re-distillées: tests psychologiques, insertion dans la société, danger potentiel d’une descendance, mélange difficile des cultures. Les difficiles se plaindront de l’explication de l’utilisation du vaisseau par les singes. Peu importe.
Perle.

(1972) La conquête de… dépeint la première révolution des singes, réduits à l’esclavage après avoir été domestiqués (situé dans un futur proche par rapport à la sortie du film). On retrouve Roddy McDowall dans la peau de César, le fils de Zira et Cornélius. Au passage, le film s’octroie un petit rappel de la belle histoire de l’humanité – clin d’oeil à l’appuis – et autres critiques des états policés dans un environnement stalinien. Le film est très sombre, la révolte étant le seul échappatoire des singes qui répugnent pourtant la violence humaine.
Chainon manquant.

(1973) La bataille de… développe, dans un futur post-apocalyptique, une approche évoqué dans les précédents films: la possibilité – et la volonté – de changer le futur, le destin n’étant pas immuable contrairement au message laissé par les films antérieurs. Il apporte donc une once d’espoir dans ce monde de brutes incarnées par les gorilles et les ancêtres des irradiés fanatiques de la bombe. Le film conclut l’avènement de la culture simienne qui ne tient qu’à un fil mais cherche à se démarquer des hommes et de leur histoire. Petit bonus: on retrouve une mise en abîme de la narration à l’image du livre.
Fin mot de l’histoire agréable.

Vision générale (spoilers sur 1er film):

Soucis:
– léger problème de dates et quelques soucis de crédibilité science-fictionique éparses.
– des humains dénués de parole, ok… mais muets?! pas de grognements?
– scénario un peu comprimé sur les 3 derniers épisodes.
– on regrette la censure de la relation ambigüe entre Zira et Taylor.

Finalement, en exploitant la théorie darwinienne, l’ensemble de la saga remet en question l’humanité des hommes, les singes étant montrés plus humains et l’inhumanité de l’homme lui coûtant sa perte. Plus généralement, en bonne saga de science-fiction, La planète des singes dénonce les points sombres de la civilisation humaine, la liste est longue. A ces fins, les trois races de primates caricaturent les comportements humains et orientent l’organisation de la civilisation simienne:
– les gorilles, brutaux, belliqueux, avides de pouvoir et pas très finauds, sont chargés du maintien de l’ordre, de l’armée, etc…
– les orang-outans, plus intellectuels, sages et intéressés par « l’intérêt général », s’occupent du gouvernement, de la religion et de la science officielle… vecteurs d’obscurantisme
– les chimpanzés sont réfléchis, curieux, emphatiques… plus proches des hommes tels qu’on aime les imaginer.
On peut cependant remarquer que les singes n’ont réalisé aucune évolution technologique, ne faisant que mimer une ancienne civilisation humaine. Modeste façon de se rassurer et de se réconforter face au triste tableau dépeint?

Malgré le budget restreint affectant chaque opus (civilisation simienne limitée: village/technologie) et toutes les tentatives d’abréger la franchise (refus de C. Heston de reprendre son rôle, spoiler[ explosion de la planète]), celle-ci trouve le moyen d’évoluer de son propre chef, en se démarquant de l’histoire originelle: spoiler[ notion de voyage temporel, bombe atomique], plus sombre et plus dure envers l’homme tout en re-distillant tous les aspects du livre sur les 5 films.

Bien que l’essence du 1er ne soit jamais égalée par ses suites, le 3e rafraichit beaucoup la saga par son approche humoristique et les 2 derniers poussent vers la fin d’une belle épopée.

Comparaison des différentes versions de l’histoire (SPOILERS):
– La planète des singes, 1963 de Pierre Boule (livre, 247 pages et lecture facile, cocorico): Ulysse, terrien humain civilisé, échoue sur la planète Soror où des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie avancée). La langue parlée sur Sorros est différente du Français parlé par Ulysse. En revenant sur Terre, il découvre qu’en son absence les singes/humains ont évolués de la même façon que sur Sorros. Darwin et évolution convergente bonjour.
– Saga 1968-1973 (films, US): Taylor, terrien humain civilisé, échoue sur une planète où des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie peu avancée) et finit par découvrir qu’il est sur la Terre, 2000 ans plus tard. Les singes se sont éveillés suite au côtoiement des humains au quotidien, ceux-ci se laissant aller à la facilité intellectuelle. Les humains, querelleurs, se sont auto-détruit. Processus facilité. Après boucle temporelle, l’avènement simien est accéléré par la descendance de Zira et Cornelius. Processus actif.
– La série, 1974, US: pas vu
– La planète des singes, 2001 de Tim Burton (film, US): Léo est dans une station spatiale de recherche, après incident, il se retrouve projeté dans le future, sur une planète à 3 lunes colonisée par les descendants des survivants de sa station spatiale, des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie peu avancée). Les singes de labo entraînés par les humains finissent par prendre le dessus. Retour sur Terre à l’époque contemporaine, elle est envahit par des singes, la statue d’Abraham Linclon est remplacée par Thade originaire de la planète aux 3 lunes… WTF?! Deux explications possibles: (1) fin métaphorique, Léo devenu plus humain sur la planète des singes ne voit que des animaux sur Terre, (2) Thade est revenu sur Terre prématurément et a changé le cours de l’histoire.
– La planète des singes – Les origines, 2011 de Rupert Wyatt (film, US): Les singes acquièrent des facultés intellectuelles, s’éveillent, se révoltent suite à la libération d’un virus, sur Terre.

Bonus: dossier complet sur l’univers entier

Année: 2011
Titre original: Retreat
Réalisateur: Carl Tibbetts
Acteurs notoires: Jamie Bell, Cillian Murphy, Thandie Newton

Plot: un couple se retrouve coincé sur une île par un militaire annonçant une pandémie mondiale sur le continent.

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde :  Sympa petite brochette d’acteur pour un Direct-to-Dvd, Retreat raconte l’histoire d’un couple qui bat de l’aile et qui décide de « se retrouver » sur une île perdue au large des côtes anglaises. Après une mise en place ennuyante mais assez courte, l’élément perturbateur débarque sous les traits de Jamie Bell, militaire blessé que les tourtereaux dépressifs recueillent. Il leur annonce qu’un virus mortel s’est répandu dans le monde civilisé et commence à barricader la bicoque.

C’est là que commence la paranoïa et la recherche des différents scénario possibles jusqu’au dénouement final. Plutôt sympa d’ailleurs. On ne le vois pas forcément venir…

Les puristes pourront reprocher quelques incohérences de scénario sur les détails épidémiologiques voire biochimiques… (/mp Mr Orange).

Le film plaira aux amoureux de twist (rien à voir avec Oliver ou Dalida) et d’IKEA (pour comprendre voir le film). On y découvre un Jamie Bell dur et intimidant, très éloigné de son tout premier rôle : Billy Elliot

En bref c’est pas trop mal et surtout 1h30 c’est vite passé.

Mr Orange: Oh, un huis-clos sur une île, tiens donc, original hein?! Oh, un thriller avec un couple sujet à une crise intestine, tiens donc, original hein?! Oh, un film avec un virus pas crédible, tiens donc, original hein?! Bref, vous l’aurez deviné, vu dans son ensemble, le film casse pas des pattes à un canard.

Notre couple foireux se retrouve séquestré par un militaire, ami qui leur veut du bien, tyrannique et manipulateur dont le mystère porte tout l’intérêt du film. On ne peut se plaindre des acteurs, qui ont fait leur preuve en ballerine, en survivant post-apocalyptique ou en Ethan Hunt’s girl. Ni de l’île, loin des tropiques on se trouve cloitré au large du Pays de Galles dans un petit cottage bien sympathique. Le soucis se trouve plus au niveau du remplissage qui est trop banal et sans trop d’intérêt dans les 3 premiers quarts du film.

Pourtant la chute est sympa, expliquant l’inexplicable, et vaut son pesant de cacahouètes! A voir en société pour passer le temps jusqu’au dernier 1/4 d’heure.

Année: 2007
Titre original: Awake
Réalisateur: Joby Harold
Acteurs notoires: Hayden Christensen, Jessica Alba, Terrence Howard, Lena OlinFisher Stevens

Plot: un jeune héritier a un coeur foireux.

Source utile: IMDb

Ne pas lire le synopsis qui traine sur Allociné & cie

Mr Orange: Conseil à ne pas prendre à la légère: moins on en sait sur le film avant de le voir, mieux c’est. Le film est bien, pas parfait mais bien, ça parle d’amour, d’amitié, de médecine, de maman, de la question du sujet, de souvenirs toussa toussa. Y’a une courte séquence assez dure, pas gore. Mais dure, même si on s’en échappe rapidement. Ceci étant dit, soumettez-vous à ma sainte parole, regardez le film sans lire toutes mes inepties qui suivent, et revenez les lire plus tard avec un petit commentaire pour me remercier de vous avoir incité à le regarder à l’aveugle.

Pour ceux qui ont vu le film, ceux qui comptent de toute façon boycotter le film pour une raison stupide ou les butés de la caboche qui veulent pas me croire, je vais essayer d’apporter un peu de richesse à mon commentaire en limitant les spoilers:

Tiens, Hayden Christensen est revenue de la galaxie lointaine, très lointaine. /love Terrence Howard. Jessica Alba… malgré sa performance esthétique de Sin City, je ne suis toujours pas fan, même si elle ne fait pas tâche non plus. Lena Olin campe éternellement une maman-milf-casse-bonbon. Fisher Stevens ou l’homme qui joue des petits rôles partout. Bilan: Ani et ses copains se portent relativement bien, globalement on les aime bien individuellement, même si j’ai inexplicablement ressentit une impression de casting de seconde zone surfait. Soucis d’alchimie? Manque de petit génie? Autre petit soucis: la réalisation. Elle est bien trop standard, fast & dirty, offrant un produit trop connu, maitrisé par le spectateur. Parce que oui, forcément, quand le spectateur s’immerge dans un univers connu, il en trouve rapidement les ficelles… Aller, soyons fous… histoire de ramener ma fraise: c’est bien connu, dans les labos, on ne fait pas des expériences scientifiques sous une lumière tamisée mystérieuse. Cf Les Experts, toute ville confondue. (Regardez Regenesis, c’est beaucoup plus réaliste). Bah dans une salle de chirurgie, pour une greffe du coeur, on se passe pas la main dans les cheveux, on est pas 3 et on y entre pas comme dans un moulin. M’enfin le jour où on verra un(e) film/série ne pas transgresser le modus operandi médical, ça se fera savoir.

Là y’a de quoi se poser quelques questions: j’ai posé mes gonades sur la table au début du commentaire en expliquant qu’il faut voir le film, et ensuite je l’ouvre en 2. Kézako? C’est tout simple: le film sait nous surprendre, et bien. Certes on voit quelques coups venir à l’avance, mais globalement, on avance dans le noir. En introduction, on nous explique qu’un certain pourcentage (exagéré) de personnes restent éveillés pendant les opérations. Ensuite, on apprend que notre chirurgien va foirer son coup, et que le héros va mourir. Et là, quoi? une séance de torture psychologique d’1h30? Que nenni, une moitié du film est consacrée aux derniers jours du martyre, avec sa maman, sa nana, son pote… Mais où tout ça peut bien aller?! Sans révéler grand chose, le film ne s’appelle pas Awake pour rien. Et quand son enfer commence à pointer le bout de son nez, il va se réfugier dans ses souvenirs, pour oublier la douleur. J’en dirais pas plus.

Bilan: un film un peu bateau porté par un scénario qui vaut un petit détour sous anesthésie générale… awake.

Année: 2012
Titre original: John Carter of Mars
Réalisateur: Andrew Stanton
Acteurs notoires: Taylor KitschWillem DafoeMark Strong

Plot: Un terrien se retrouve propulsé entre plusieurs camps rivaux sur la planète Mars.

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde  : Ça aurait pu être très bien, voire épique! Mais c’est juste bien. John Carter c’est le viol d’une des plus grandes saga de SF.

En effet, John Carter c’est avant tout un cycle de 11 bouquins (Le cycle de Mars ou Cycle de Barsoom) écrit par Edgar Rice Burroughs de 1912 à 1941. Cette saga a été classé deuxième en 1966, à l’occasion du Prix Hugo de la « Meilleure série de tous les temps », juste après le cycle Fondation d’Isaac Asimov. La saga a été une source d’inspiration énorme pour des auteurs tels que Ray Bradbury ou Leigh Brackett, sans parler d’un certain Georges Lucas qui s’est inspiré des paysages décrits pour les planètes Tatooine ou Géonosis.

Donc j’insiste sur ce point  : c’est pas par un manque de scénar que le film pêche! Le background est vaste, détaillé et original (pour l’époque).

Le film de Walt Disney reprend les évènements du premier volume du cycle intitulé La princesse de Mars. Le film débute en mode western  où l’on découvre notre héros qui, en recherchant son filon d’or, se retrouve malencontreusement propulsé sur Mars (pour comprendre aller voir le film… ). Il se retrouve impliqué dans une guerre entre deux camps dont l’un est manipulé par un troisième, le tout étant observé par un quatrième. Donc on s’écarte un peu de la rivalité pure et simple 1VS1 vue vue vue et revue. Le scénar bien qu’un peu brouillon au début, nous apprivoise petit à petit jusqu’à devenir intéressant. (sans pour autant être du Nollan, John Carter se paye le luxe d’un twist ending)

La qualité technique du film est maitrisée. Les autochtones, les costumes, les villes, les vaisseaux… tout ça est très bien fait. Les scènes de combat poutrent. Certaines surpourtent. L’idée  du chien Alien qui coure supervite séduit,  les deux grosses bêbêtent dans l’arène (bien que beaucoup trop mises en avant pour vendre le film) ça aussi c’est une bonne idée, une course de speeder volant… super!
Le problème c’est que depuis, Star Wars, Avatar et les chroniques de Riddick sont sortis et font passer John Carter pour du réchauffé alors que c’est l’inverse qui aurait du se produire.

Pour moi ce qui dessert vraiment mais alors vraiment le film, ……. c’est cette gourde de Dejah Thoris (la bimbo du film) joué par Lynn Collins (oui je ne l’ai pas crédité en Intro pour la pourrir en guest ici-même).
Elle joue maaaaaaaaaaaaal. Et c’est dommage!! Ça gâche la crédibilité de ce qui aurait pu être un pur planète opéra. Elle est pas crédible. Elle commence sa première apparition par la répétition d’un discours qu’elle doit faire plus tard. Elle n’y arrive pas et surjoue. On se dit alors avec espoir que c’est temporaire. Mais nan! Nan elle signe et persiste dans sa niaiserie tout au long du film. Tantôt elle nous offre des regards d’adolescente vierge apeurée hors de  propos, tantôt elle pique sa colère de princesse dans son coin. Heureusement, sa plastique la sauve du lynchage.

Bref, le film recèle un univers très riche qui méritait vraiment d’être adapté sur grand écran, mais pas forcément de cette façon. Attention! Cela reste un bon film de SF. Les fans du genre prendront beaucoup de plaisir à y receler tous les détails qui leur rappelleront leurs chefs-d’oeuvres préférés.