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Archives de Tag: Musique anthologique

Année: 1968
Titre original: De uomo a uomo (It), Death rides a horse (US)
Réalisateur: Giulio Petroni
Acteurs notoires: Lee van Cleef, John Phillip Law

Plot: double vengeance

Source utile: IMDb

Mr Orange: Preuve qu’un bon western spaghetti n’est pas forcément réalisé par un Sergio (Leone, Corbucci, Solima…), La mort était au rendez-vous permet à G. Petroni de rejoindre le panthéon des maîtres. Le scénario de Luciano Vincenzoni (trilogie du Dollars et plus) y est probablement pour quelque chose…

Fort d’un univers western riche et authentique: poker, duels, whisky, évasion, poussière, fusillade, entourloupes, mexicains… Fort d’un Lee van Cleef en pleine heure de gloire. Fort d’une musique et surtout d’un thème d’Ennio Morricone. Fort d’une double histoire de vengeance, parce qu’une seule ne suffisait pas. Fort de dialogues épiques, drôles, cinglants… La mort était au rendez-vous transporte son spectateur en plein farwest, dépaysement assuré.

Mais le truc en plus, le truc qui déboite, LE truc, c’est tout simplement son influence sur Quentin Tarantino qui marque Kill Bill au fer rouge. Rappelez-vous les climax quand La Mariée voit sa future proie, lorsque l’écran vire au rouge pour des flashbacks fondus sur son passage à tabac. Bah c’est tiré tout droit de La mort était au rendez-vous, au plan près. Mais parce que l’hommage n’était pas suffisant, QT nous livre le fabuleux thème d’E. Morricone lorsque La Mariée appelle Oren Ishii avant de couper le bras de Sophie Fatale. Mais parce que l’hommage n’était toujours pas suffisant, des dialogues sont tout simplement repris (je vous laisse l’honneur de les trouver). Mais parce que l’hommage était vraiment, mais vraiment encore trop subtile, la scène de massacre de la famille d’Oren Ishii reflète celui de la famille de Bill, tête de mort à l’appuis. Et puis bon… le scénario général de Kill Bill transpire ce spaghetti avec 5 malfrats à refroidir tout au long du film. Yumy!

Un excellent western, une histoire de uomo a uomo, un impact majeur sur QT… un must have.

Petit mot de QT sur le film.

Année: 2010
Titre original: Blank city
Réalisatrice: Celine Danhier
Individus notoires: Jim Jarmusch, Amos Poe, Charlie Ahearn, Eric Mitchell, Nick Zedd

Plot: effervescence culturelle New-Yorkaise durant les 70’s

Sources utiles: IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le prix du Public
En présence de la réalisatrice
Note donnée: coup de coeur, 4/4

Mr Orange: Auto-masturbation intellectuelle d’une culture de niche? S’eusse pu être le cas si le réalisateur n’avait pas été une petite réalisatrice frenchy fraichement débarquée à New-York qui s’est lancée il y a de ça 6 ans dans l’aventure avec tout l’art et la méthode de l’époque d’intérêt: magouille & débrouille. Chapeau pour cette ode au cinéma New-Yorkais né d’une vague trash.

Recentrons le propos. Dans un coin de Manhattan, le Lower East Side, le No Wave apparait à la fin des 70’s. Mouvement cinématographique, musical, artistique… culturel issu de l’esprit punk nihiliste, prônant le do-it-yourself… surtout si t’as pas de talent. Evidement, le fruit de cette culture n’était pas ou peu médiatisé. Si c’est pas de la niche ça. Les films sont majoritairement inregardables, mais c’est pas grave, vous ne les trouverez pas, ou seuls ceux qui le sont, regardables. Durant les 80’s, cela évoluera vers le Cinéma de la transgression, plus trash. Une ère morte qui influence pourtant le ciné indé et dont sont ressortis quelques noms.

Idée de l’époque:  » Tu fais de la peinture? Ca tombe bien, j’aime ta coiffure et j’ai besoin d’un guitariste dans mon groupe. Tiens, voilà une basse désaccordée, ça fera l’affaire. »

Et… c’est absolument génial! 1h30 d’hyper-culture hyper-underground qui vaut de l’or. Littéralement.  Des extraits de films choisis que vous ne verrez jamais. Un tissage chronologique du No Wave et du Cinéma de la transgression par leurs acteurs majeurs, rendant compte de la richesse extrême du vivier intellectuel de l’époque. Des jeunes avec des idées. Une pauvreté extrême, facteur stimulant. Des dealers pour permettre de travailler sans s’arrêter. Le maire et le SIDA pour fermer le clapet de ses auto-proclamés intello. Génial. Attention, les informations déferlent à une vitesse inouïe, incitant un 2e visionnage… qui ne sera pas de refus.

Du précurseur The Blank Generation d’Amos Poe à la consécration cannoise de Jim Jarmusch avec Stranger in paradise en passant par les débuts de Steve Buscemi, un aperçu sur un autre quartier effervescent de New-York dans Wild Style de Charlie Ahearn et la surenchère de provocations de la part de Nick Zedd ou de Beth B & Scott B… prenez ce gros facial de culture inaccessible avec délectation, et avalez goulument.

Un documentaire sur une époque clé de l’intellect moderne et malgré tout obscure. Non intrusif, la parole est laissée aux progéniteurs, qui recréent un mythe se suffisant à lui-même. Un travail monstre d’une valeur inestimable. Un documentaire qui sublime l’expression « tu dormiras moins con ce soir », instruisant l’indigent sur ce qui différencie New-York d’Hollywood. Génial.

Bémols:
– un rappel écrit et permanent des dates aurait été le bienvenu.
– pour (cinéphiles) curieux et passionnés avant tout.

Année: 1982
Titre original: Blade Runner
Réalisateur: Ridley Scott
Actrice notoire: Harrison FordRutger HauerDaryl Hannah

Plot: Rick Deckard, blade runner, doit « réformer » 4 réplicants, des androïdes hors-la-loi.

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde : Promis la semaine dernière dans la One track, elle arrive enfin : la critique de Blade Runner. Les plus jeunes ne le connaissent sûrement pas (le film a quand même 30 ans) donc pour résumer… Blade Runner est un des bijoux SF de Ridley Scott et un des meilleurs films d’Harrisson Ford.

Le scénario original est tiré de l’oeuvre de  Philip K. Dick Do Androids Dream of Electric Sheep ?. Cet écrivain américain apporta énormément à l’univers SF grâce à des oeuvres telles que Totall Recall, Planète Hurlante ou encore Minority Report. Bref le papa :).
Le script arriva dans les mains de Michael Deeley (producteur de Voyage au bout de l’enfer) qui pensa alors à Ridley Scott pour la réalisation (tout juste auréolé de son succès d’Alien). Une fois le script réécrit par David Webb Peoples (scénariste de L’Armée des 12 singes), Ridley Scott consentit à s’y atteler et à abandonner son projet du moment : Dune, reprit par un certain  David Lynch (ce qui donna naissance à un autre chef-d’oeuvre SF).

Il a fallu pas moins de 5 versions différentes du film (merci la Warner) pour n’aboutir au final cut qu’en décembre 2007, version qui me sert de base pour cette critique. À noter au passage que la version de Blade Runner sortie en 1992 est l‘une des toutes premières à porter la mention « Director’s Cut ». 

Le film et le bouquin sont vraiment différents :
-Philip K. Dick appuie  l’intrigue sur la psychologie des personnages en créant un Rick Deckard marié, névrosé, plein d’incertitudes et de remises en question sur son métier, ses proies et surtout lui-même. Il est obsédé par l’envie de posséder un animal, un vrai, pas un ersatz mécanique créé pour remplacer les espèces quasi-disparues. Philip introduit dans cet univers une réalité virtuelle et mystique incarné par un prophète, Mercer, avec qui la population peut « communier »  grâce à des boîtes à empathie. Enfin l’action se déroule à San Francisco contrairement au film où le choix s’est porté sur Los Angeles.

-Rien de tout ça chez Ridley Scott. Afin d’offrir au public un scénario plus accessible et efficace, il a sacrément épuré l’intrigue. Plus de femme, plus de Mercerisme, plusieurs réplicants en moins ainsi que des remaniements dans la répartition de leur rôle. OUT l’intrigue avec le faux commissariat rempli de réplicants. OUT la rencontre avec un autre Blade Runner aux allures d’androïde. Il met en scène un Rick Deckard faible, lâche et désabusé (ce qui a choqué l’opinion public à l’époque car le héros est très différent de l’image qu’Harrison Ford venait de donner dans Star Wars ou Indiana Jones). Cependant, notre bon vieux Indi rentre parfaitement dans le rôle du flic bourru qui suit sa vie plus qu’il ne la vit, déambulant au fil de son enquête dans une ambiance de film noir. Car il s’agit encore et toujours de cela chez Mr Scott : l’ambiance. Une ambiance sombre  inspirée des films noirs américains de la fin des années quarante mettant en scène un Los Angeles futuriste avec tous les ingrédients d’un bon polar : la pluie incessante, la nuit profonde, les rues désertes, une atmosphère glauque et oppressante. Je me permet d’éluder l’analyse musicale, déjà abordée lors de l’avant-dernière One track.

J’aimerais vraiment en dire plus et pousser l’analyse plus loin mais The Reservoir Blog n’est pas un blog d’analyses mais de critiques cinéma. Pour plus d’informations je vous conseille la page wikipédia qui éclairera les fans du films sur les thèmes abordés dans le film, tels que le symbolisme religieux, les allusions à René Descartes (Rick Deckard), la thématique des animaux ou encore les très nombreuses références cinématographiques.

Vous l’aurez compris Blade Runner est un très bon film, un pillier du monde SF, un must-to-see. Seulement il faut être avertit. C’est lent, c’est brumeux, c’est sombre, mais c’est ce qui fait toute la magie du film.

BONUS SPOILER : Seulement pour ceux qui l’ont déjà vu  : je ne peux m’empêcher malgré la doctrine du blog de mettre une scène spoiler. Très spoiler vu que c’est la scène finale. Cette scène mythique où Roy Batty, le dernier réplicant vivant sur la liste de Rick, prononce son monologue pré-mortem. Ce discours est en fait un pur moment d’improvisation de la part de l’acteur qui n’est autre que  Rutger Hauer, que l’on a pu voir dernièrement dans Hobo with a Shotgun  (pour voir notre critique cliquez ici). Pour voir ou revoir la scène finale, cliquez ici

Année: 2012
Titre original: Cloclo
Réalisateur: Florent Emilio Siri
Acteurs notoires: Jérémie RenierBenoît Magimel

Plot: Biopic sur Claude François

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Attention! cette critique contient plusieurs scènes incrustées d’une kitchitude navrante !
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Mr Blonde :  Ça fait 2 semaines que je dois la faire, elle arrive enfin. Le film n’est plus très frais dans mon esprit mais tant pis.

Enfin un biopic sur notre chanteur malheureux, idole des minettes des 60’s! Le film retrace tout son parcours depuis son enfance égyptienne, plus ou moins heureuse sous le joug d’un père très (trop) autoritaire, jusqu’à sa mort dont les circonstances ne sont pas encore éclaircies. (désolé ^^)

Le réalisateur Florent Emilio Siri a dû se dire : je vais pas faire comme d’habitude. En effet, quand on voit la filmo du bonhomme : Nid de guêpesOtage et L’Ennemi intime ; on se demande quelle mouche l’a piquée pour en venir à faire un biopic sur Claude François. Cependant, il réussit plutôt bien l’exercice.
Pour le rôle titre, il a choisi Jérémie Renier avec qui il avait déjà travaillé 3 fois (cf sa filmo). L’acteur belge à la tignasse blonde n’avait encore jamais chanté ou dansé (en pro) et a fourni un sacré travail de préparation. 5 mois de boulot, plusieurs coaches et 200 pompes tous les matins (d’un autre côté c’est la base) ont été nécessaires pour transformer le Jérémie Renier de Possessions (où il joue un montagnard grassouillet) en la bête de scène qu’est Cloclo. Sans être un sosie, la transformation est assez frappante pour faciliter l’immersion du spectateur.

Bien sûr si vos cheveux se hérissent dès que vous entendez Belinda,  vous aurez du mal à venir à bout des 2h28. Sinon, bien que le film se penche principalement sur les aspects obscurs du mal aimé et laisse une grande place au drame, les fans apprécieront de (re)découvrir les coulisses de la création de tubes tels que Belles! Belles! Belles! ou encore Magnolia Forever.
Les non-initiés (comme moi) seront surpris de la jalousie et la paranoïa maladive qui le caractérisait. Cet aspect est particulièrement développé dans le film, donc les amoureux des comédies joyeuses passez votre chemin.

Bref, si vous êtes fan de Claude François et pour faire honneur à la prestation de Jérémie Renier qui s’est sacrément sortit les doigts pour le rôle, allez voir le film!. C’est entraînant, touchant, poignant même par moments … Les fans aimeront, les novices apprécieront l’histoire d’un bourreau de travail, dur avec lui et surtout implacable envers son entourage.

Bonus : Une des meilleures scènes du film pour moi est la découverte par Claude François de la reprise de sa chanson Comme d’habitude par le grand Frank Sinatra (son idole). Résultat? Une des  chansons les plus connues au monde  : My Way.
Guest gratos : le crooner est joué par Robert Knepper! /love

Année: 2003 (originaux), 2005 (fan edit)
Titres originaux: Matrix reloaded / Matrix revolutions
Réalisateurs: Andy & Larry Lana Washovski remixé par CBB
Acteurs notoires: Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Lambert Wilson, Monica Bellucci

Plot: Matrix sans Sion.

Source utile: FanEdit

Mr Orange: En cette semaine de gloire à l’honneur de Matrix, voici probablement l’un des fan edits les plus connus, Matrix De-ZION-ized qui est un remodelage des 2 derniers volets par un groupe de fans qui ont tout bonnement supprimé toute référence à Sion (fr) / Zion (en) et bidouillé 2-3 autres détails. Loin d’être capilotractée, la manoeuvre tend à réunir les fans de la franchise qui ont été déçu par les suites du sacro-saint 1er volet, The Matrix, en écartant le principal sujet des débats.

 138 min (Reloaded) + 129 min (Revolutions) + 1 min (The Matrix) – 95 min = 163 minutes
(erreur sur Fan edit)

Cette version possède son petit charme et condense le film sur cet univers qui nous a tant fasciné: THE Matrix! Beaucoup plus rapide (malgré ses 2h40), l’histoire est simplifiée (trop?), son action incessante légèrement condensée (petits accros). Idéal pour revoir avec passion nos héros favoris dégommer des programmes mais ne peut remplacer les originaux.

Pour les fanatiques, il y a d’autres fan edits des 2 derniers volets de la saga. Finalement, les avis sont très variables, l’avis d’un fan ne valant pas celui d’un autre, personnellement, je rendrais à Neo son statut de seul élu, réduirait l’importance de l’agent Smith et conserverait une portion de Zion pour diluer un peu l’action et garder la défense de Zion…

Finalement la version livré par les frangins est pas si mal que ça… bien qu’elle soit incapable de rassembler les fans réunis autour du 1er volet. Dommage dommage…

Année: 1978
Titre original: Game of Death
Réalisateur: Robert Clouse
Acteur notoire: Bruce Lee

Plot: un champion de kung-fu se fait harceler par un syndicat du crime.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange:  Le jeu de la mort est notamment connu pour:
– l’hommage de Tarantino dans Kill Bill avec Uma Thurman qui arbore la même combi jaune à bande noire que B. Lee.
être le seul film dans lequel Chuck Norris se prend une raclée.
– être le dernier film de B. Lee.

Chose importante: B. Lee n’est visible que dans très peu de scènes (moins de 15 minutes). En effet, il a interrompu le tournage pour jouer dans Opération Dragon et sa mort prématurée (1973) à quelque peu perturbé sa possibilité de finir le film. Après sa mort donc, le réalisateur a adapté le scénario pour finir le film coûte que coûte (très différent du projet initial, les documentaires A warrior’s journey et Bruce Lee in G.O.D. en parlent). Pour cela, une doublure de B. Lee prend sa place, justifié par des histoires de défiguration et autre déguisements. Des scènes d’autres films ont été utilisées pour combler le manque de B. Lee… et notamment celle où Mr Lee fout une raclée à notre Chuck Norris planétaire, qui est tirée de La fureur du dragon! Il s’agit bien de l’effet spécial le plus cher du cinéma… au point qu’il ait été réutilisé… Il faut aussi savoir, que la scène de funérailles est simplement un montage des vraies funérailles de B. Lee ! Si c’est pas de l’hommage ça….

Ceci étant dis, tout l’intérêt du film est la série de combats finaux, au cours desquels on a droit justement au vrai B. Lee  dans sa combinaison jaune. Le reste du film est juste « bateau ». Le cinéma HK années 70, ça vaut quand même de l’or, faut l’avouer… Entre les ralentis tellement moches, les cascades tombant facilement dans le ridicule… il faut être en condition, mais c’est drôle.

Bilan, le cinéma HK version 70’s vieillit quand même mal. Seul le final vaut vraiment le coup. Mais… il faut avouer que les combats rythmés à coup de Aaaaah, Ouuuhouuu, Yah ! Yah ! … valent de l’or !

Note: mention spéciale pour le thème, signé John Barry (James Bond…), et depuis réutilisé fréquemment par les DJ’s… donc si ça vous dis vaguement quelque chose, c’est normal !

Année: 1979 (Original), 2001 (Redux)
Titre original: Apocalypse Now Redux
Réalisateur: Francis Ford Coppola
Acteurs notoires: Martin Sheen, Marlon Brando, Laurence Fishburne, Harrison Ford, Albert Hall, Francis Ford Coppola, Dennis Hopper, Robert Duvall

Plot: Des mecs au Viêt Nam.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Regarder le making of avant permet d’apprécier d’autant plus le génie et les capacités d’improvisation, d’adaptation de F.F. Coppola.

Mr Orange: Histoire de taper dans le culte, voilà un MONUMENT du cinéma. J’ai parlé de son «  » »making of » » », Aux coeurs des ténèbres – l’apocalypse d’un metteur en scène pas plus tard qu’avant hier et n’ayant jamais vu la version redux, c’était donc une bonne occasion. Ayant déjà vu la «  »version courte » » du haut de mes 16 ans, et été le seul de la bande de potes à avoir pu tenir éveillé jusqu’à la fin, j’avoue que j’appréhendais BEAUCOUP de le revoir. J’avais donc oublié une bonne partie du film, et le making-of ne m’a rappelé que les scènes cultes… A posteriori, voir le making-of avant n’est pas létal pour le film. Certes, on voit la scène final… m’enfin bon, on comprend aussi l’authenticité de celle-ci… ça évite de crier au loup pour certaines. Bref…

A propos du film en général, je vais pas revenir sur la quantité de scènes qui valent un gros détour mais simplement présenter les trois dynamiques composant le film. Première heure, c’est le « joyeux » Viêt Nam, c’est drôle (Surf…), puissant (Wagner…). La deuxième heure, nos joyeux lurons s’enfoncent dans la jungle, leur réel voyage commence et on assiste à l’évolution de chaque personnage sans avoir trop de séquences spirituelles. La troisième heure, les Yankee touchent leur but, et la ça devient carrément psyché, c’est à ce moment, après 2h de film perdant progressivement de dynamisme que les têtes risquent de tomber. Je ne dis pas que c’est nul, loin de là, je dis que c’est dur. Bon, les 45 minutes de somnolence sont bien récompensées par un dénouement qui tue.

Concernant la version Redux, comme j’ai pu le dire, je me souviens peu de la version Originale. Et faut vraiment avoir un grain pour enchainer les deux. Quoi qu’il en soit, les 45 minutes supplémentaires valent vraiment le coup, notamment dans le second segment, avec des plans boobs magnifiques. Plus sérieusement, F.F. Coppola délivre enfin la séquence avec les français, qui avait couté cher au tournage… pour qu’il la coupe, excédé par le coût faramineux de la scène. Drôle de punition, surtout qu’il s’est endetté pour le film, mais soit. Toute cette séquence est géniale, avec une critique acerbe des américains et puis des français, pas de jaloux. D’ailleurs, les français: on a droit à des VRAIS français, qui parle vraiment français avec un vrai accent français audible. Encore mieux, les français ont un vrai accent anglais pourri et fond de vraies fautes d’anglais. Autre scène ajoutée que j’ai pu noter, la séquence avec les pin-ups, qui est pleine de sens – pour une séquence surchargée en plans boobs – et drôle.

Bon, sinon, le film n’a pas vieilli, il est vraiment bien, ce n’est pas un film culte juste pour initiés. Et la version Redux est au final meilleure et plus digeste que l’original, si tant est qu’on est pas un puriste.

Bonus:
– la scène hélico-« Chevauchée des Walkyrie » est une si ce n’est la scène favorite de Tarantino, all-time.
– Laurence Fishburne a menti sur son âge, il avait 14 et non 17 ans.
– Marlon Brando ne mérite pas sa place en tête de générique, ne s’étant que peu investi, contrairement à Martin Sheen
– la voix off accompagnant le film n’est pas celle de Martin Sheen – occupé ailleurs lors du montage- , mais celle de son frère.
– c’est une adaptation ULTRA libre de Heart of darkness de Joseph Conrad, se passant en Afrique coloniale…
– cameo de F.F. Coppola dirigeant une équipe de télé… joli.
… bref, regardez le making of quoi…

Citation cadeau: 
Kurtz: We train young men to drop fire on people, but their commanders won’t allow them to write « fuck » on their airplanes because it’s obscene!  

Année: 1966
Titre original: Un dollardo a testa (It), Savage run (US), A dollar a head  (US).
Réalisateur: Sergio Corbucci
Acteur notoire: Burt Reynolds

Plot: Suite au massacre de sa tribu, un Navajo décide de se venger.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Yippee-kai-yay !! J’ai enfin pu voir ce film dont j’ai écouté en boucle la bande originale avant d’en voir la moindre image…

Sergio Corbucci d’abord. Alors, comme ses « cousins » Leone et Sollima (Colorado…) il fait parti des réalisateurs majeurs ayant marqué le western spaghetti. S. Corbucci a la particularité de signer des westerns sombres et notoirement violents. Celui-ci est sans nul doute mon préféré, n’ayant pas trop aimé l’univers boueux de Django (grosse boucherie… vraiment). A noter quand même, Le grand silence avec Jean-Louis Trintignant (sombre… vraiment) est le seul western se déroulant dans la neige.

Navajo Joe dépeint vraiment l’Ouest qu’on attend: saloon avec danseuses, des indiens, une attaque de train… dans des décors splendides (si tant est qu’on soit satisfait de la Sierra Nevada) et une réelle qualité de l’image… chose peu fréquente. Gros point positif, on a ENFIN droit à un héro indien 100% pur jus! Pas de 1/2 mesure avec une arrière grand-même qui a connu une fois un sioux, non. Un « vrai » indien qui se venge de la mort de sa tribu. Bref, c’est un film de vengeance, magnifiquement calé dans un super farwest.

/love pour le « pianiste ».

La musique… aaaaah, la musique! Alors attention pour les « néophytes », si les chants indiens type cris discordants vous dérange, arrêtez-vous là. Pour les autres, suivez Rafiki, il connait le chemin. Bande originale encore et toujours signée par Ennio Morricone himself…. et résultat encore et toujours splendide, avec un thème principal rythmé par des cris indiens. J’ai prévenu, faut aimer – moi j’adore – parce que ce thème… on se le bouffe, j’peux l’assurer (futur One Track?!). Bon, ceci étant dit, on a aussi droit à quelques morceaux plus classiques…

Parce que j’aime chipoter:
– il nous manque quelques répliques-qui-tuent… un duel réglementaire et ça deviendrait parfait.
– bon, oui, les scènes de «  » »nuit » » » sont risible.. m’enfin, c’est d’époque.
– vrai défaut selon moi: le « vrai » indien est joué par un Burt Reynolds qui s’est roulé dans la terre… bon, essayons d’en faire abstraction, difficile d’imaginer un vrai indien d’amérique en movie star dans les années 60…
– les bandes de bandits de 50 individus… c’est du fantasme hein… 20 max, dixit Emmett Dalton.

Et… roulement de tambours… Navajo Joe n’est autre qu’une GROOOOOSSE mine d’inspiration pour notre Père à tous, le seul, l’unique… Quentin Tarantino! Option: ne pas lire les paragraphes signalés par « § » et chercher soit-même les liens. J’avais un peu oublié que si je voulais voir ce film, c’était pour l’effet qu’il avait eu sur l’organisme de QT et j’ai pris un malin plaisir à redécouvrir tout ça.
§ Côté musique, c’est simple, QT s’est joyeusement servit et a réutilisé 2 morceaux du film pour Kill Bill vol. 2: « A Silhouette of Doom » entendu avant/pendant le refroidissage d’Elle Drive qu’on retrouve dans la BO et « The Demise of Barbara and the Return of Joe » quand Béatrix s’occupe de notre cher Bill, non présent sur la BO.
§ Côté référence, QT s’est inspiré de Navajo Joe, l’indien qui venge ses frères en tuant ses ennemis et en leur gravant un symbole indien sur le front au couteau pour créer le personnage d’Aldo Raine (Brad Pitt) dit « Aldo l’Apache » qui venge ses frères en tuant ses ennemis et en leur gravant une croix gammée  sur le front au couteau.
Y’en d’autre… m’enfin on va pas trop rentrer dans le détail…

Bref, c’est géant, c’est génial ! # Retire la poutre prise dans le torse et décole les steacks envoyés dans sa face #

Année: 1999 (2D), 2012 (3D)
Titre original: Star Wars : Episode I – The Phantom Menace
Réalisateur: George Lucas
Acteurs notoires: Liam Neeson, Ewan McGregor, Natalie Portman, Samuel L. Jackson, Yoda, R2D2, C3PO…

Plot: Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Sources utiles: Allociné & IMDb

Attention, pour ceux qui vivent dans un abris atomique depuis 1977, vous entrez dans un terrain miné de spoilers.

Mr Orange: Pour présenter les choses 25th hour-style’s: « J’emmerde les fans qui renient la prélogie, j’emmerde les fans qui renient la 3D, j’emmerde les fans qui renient Jar jar Binks, j’emmerde ceux qui renient la remasterisation, z’ont vraiment rien compris à la vision du père fondateur » Parce qu’on a beau avoir une dent contre Jar Jar Binks, être un peu réticent à la niaiserie de quelques répliques (la VF pouvant être responsable de certaines), ça reste un Star Wars ! Et pas des moindres (j’y reviendrais) !

Personnellement, le lancement du thème de John Wiliams accompagnant l’apparition du titre du film en 3D en jaune en énorme procure toujours le même gros sourire de gamin… qui reste scotché tout le long du film. Faut être réaliste, la 3D n’est pas ouffissime, la profondeur de champ incrusté ne provoque pas une fracture occulaire, les flous ne sont pas toujours artistiques et ont tendance à dégrader légèrement la qualité de certaines images, les scènes d’action trop intenses peuvent en ressortir brouillon… bref, des défauts, m’enfin quoi qu’on en dise, on parle quand même de Star Wars en 3D, c’est génial, cet argument d’autorité suffit amplement à la justification du film. Sans parler du fait que Star Wars au ciné, c’est encore mieux!

Donc en gros, la 3D n’apporte rien d’extraordinaire, même si c’est cool. Mais contrairement à tous les films qui (re)-sortent en 3D juste parce que c’est la mode – et donc essentiellement pourraves -, il faut quand même noter ici un désir du patron antérieur à l’effet de mode actuel. George Lucas a attendu que la technologie se développe… peut-être aurait-il dû attendre qu’elle se perfectionne. Les prochains seront surement bien mieux foutus… et j’ai déjà hâte de les (re)-voir !

Allez ranger l’argument « 3D = commercial » pour Star Wars. De une, parce que dans ce cas précis, c’est faux, de deux, parce que Star Wars, à la base – même avant la remasterisation -, c’est grave commercial… mais on s’en fout, c’est génial!!

Pour revenir au sujet qui fâche, l’épisode I en tant que tel, franchement, j’avais été – très – déçu la première fois que je l’avais vu à sa première sortie au ciné comme beaucoup de gens. Et finalement, après avoir revu l’intégral récemment (4-5-6-1-2-3, VOST), glané 2-3 infos sur l’univers étendu… je l’apprécie bien mieux, j’accepte volontiers les vannes burlesques de J.J. Binks, je (re)-découvre les milliers d’indices disséminés par G. Lucas… et je suis toujours dingue de la course de pods, des combats au sabre laser, les complots palpatiniens, de Yoda, de Mace Windu…

Bilan: un Star Wars au cinéma, c’était, c’est et ce sera toujours un plaisir. Une sortie 3D est une bonne excuse pour ça, pourquoi s’en plaindre? Glaner des infos sur la période pré-prélogie (avant la Menace Fantôme), faire une révision sur les complots etc… ouvre vers une nouvelle lecture du film fort appréciable!

Bonus: Nathan, fils de Mark Hamill (Luke Skywalker pour les intimes) fait un caméo dans les gradins de la course de pods.

Indices: Relevez les subtiles évocations du thème de l’empire et autres jeux de caméras avec certains personnages.

 Année: 1966
Titre original: La resa dei conti (It), The big gundown (us)
Réalisateur: Sergio Sollima
Acteur notoire: Lee Van Cleef

 Plot: Un chasseur de prime de renom est envoyé sur les traces d’un mexicain qui a violé et tué une jeune fille.

 Sources utiles: Allociné & IMDb

 Mr Orange: Voilà un petit western spaghetti méconnu, signé du 3e Sergio: ni Leone, ni Corbucci mais Sollima cette fois. Bon, il faut l’avouer, Sollima n’a pas le même talent que Leone pour jouer avec sa caméra, certes, m’enfin l’ensemble est loin d’être décevant. On retrouve Lee Van Cleef en chasseur de prime, et… comme d’hab, Ennio Morricone aux platines, pour une bande son anthologique, comme d’hab, qui justifie à elle seule la nécessité de voir le film.

Point positif: autant dans les Sergio Leone, le concept good guy vs bad guy se trouve légèrement perturbé, autant ici, la limite est carrément trouble, avec un violeur assez joueur et un chasseur de prime pas du tout orthodoxe.

Info bonus: un épisode One Track consacré au film, ici.

A voir.