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Chronique de Mr Blue

Chronique de Mr Blue

Créateur: David E. Kelley                                                                                 Chaîne productrice: Fox
Saisons: 1 (1997) > 5 (2002)                                                                          Statut: arrêtée
Episodes: 40+ minutes, 20+ / saison

Topo: comédie juridique / romantique déjantée

Personnages récurrents:
Ally McBeal:
avocate instable sous acide en recherche du grand amour
John « Biscuit » Cage: avocat co-fondateur talentueux toqué aux plaidoiries loufoques
Richard Fish: avocat fondateur obsédé par l’argent et le sexe aimant partager ses pensées
Elaine Vassal: secrétaire commère et nympho inventrice d’objets indispensables
Billy Thomas: avocat et ex-grand amour d’Ally
Georgia Thomas: avocate et femme de Billy
Renée Raddick: procureur et colocatrice d’Ally
Ling Woo (1998-): avocate autoritaire, odieuse et emprunte d’un sadisme latent
Nelle « Iceberg » Porter (1998-): avocate froide d’une beauté énervante
Larry Paul (2000-): Robert Downey

                                                                                               Des effets spéciaux au service des gags
Sous couvert d’une trame romantique qui induit le 1er venu en erreur se cache une comédie jubilatoire. A l’image du plus récent How I met your mother dans lequel Ted nous les brise sévère avec son vomi romantique, Ally ne nous attendrit bien longtemps et l’on imagine vite Hulk s’occuper de son cas, Loki-style. C’est donc en toute logique qu’on trouve notre bonheur dans des personnages secondaires hauts en couleurs. Le petit bonus, c’est qu’en dehors de sa fuckin’ quête spirituelle – au contraire de Ted -, Ally s’avère être la plus extravagante et délurée de tous, son imagination débordante nous offrants des séquences drôlissimes appuyées par des effets spéciaux inattendus qui surprendront les néophytes.

La série se déroule dans le cabinet d’avocat Cage & Fish de Boston qui lui vaut l’attribution de « série judiciaire ». La trame des épisodes se base effectivement sur des affaires judiciaires  parfois sérieuses, souvent critiques et majoritairement absurdes qui sont des excuses à l’illustration de la dynamique relationnelle du cabinet. Car finalement, le tribunal s’avère bien souvent secondaire et l’on passe la plupart du temps dans le cabinet et ses fameuses toilettes mixtes à se poiler au rythme des psychoses de chaque personnage.

Des effets spéciaux au service de l’imaginaire d’Ally
La musique occupe une place importante  dans l’univers d’Ally. Chaque épisode se conclue dans le bar fétiche du cabinet, ambiance pop, soul et variantes grâce à Vonda Shepard (auteur du générique, ici) et une multitude de guests qui se sont vu inviter. Mieux, Ally a sa musique fétiche (Tell Him, ici) et d’autres, comme Hooked on a feeling (Reservoir Dogs bonjour, ici) qui va accompagner sa fameuse névrose du dancing baby (Vonda en fera une version). Encore mieux, le Biscuit a pour morceau fétiche You’re my first, my last, my everything de Barry White, ici, morceau que vous allez chérir avec les innombrables séquences cultes de danse dans les toilettes mixtes. Parce que oui, quand il y a de la musique, personne ne résiste à l’envie de danser… souvent de façon très personnelle, ce qui nous vaudra des scènes exceptionnelles.

Retour sur les personnages secondaires. Le Biscuit. Il est exceptionnel. Avocat imbattable rongé par une inconfiance totale en lui, qu’il vainc grâce à une quantité d’astuces données par son psy: répéter Poughkeepsie, se motiver sur sa chanson fétiche qu’on retrouve quasi quotidiennement… et utilise ses tocs pour déstabiliser les jury: siffler du nez, faire couiner ses chaussures… tout est bon. L’incarnation de l’absurde qui se révèle fort intelligent et parfois bien plus sain que ses collègues. Richard. Une tuerie. Il partage ses fishismes, dictons à la morale bien basse, orientés argent et sexe. De manière générale, dès qu’il ouvre la bouche, il finit par déraper outrageusement par des propos…  machistes, homophobes… tout est bon et balayé d’un léger bygones (= passons), c’est génial. Lucy Liu sublime dominatrice achèvera les derniers réticents.

                                                                                    Chorégraphie dans les indispensables toilettes mixtes
Concernant le casting, il est parfait avec des têtes toujours méconnues. La fragile Calista Flockart (bien-aimée d’Indiana Jones) sublime la névrose d’Ally. Lucy Liu a simplement lancé sa carrière avec son personnage de L-ing. Je ne jure que par Robert Downey Jr. depuis Ally McBeal où il s’adonne à coeur joie à son jeu très personnel. Et bien évidement, on a droit à un défilé des guests les plus prestigieux: Bruce Willis qui chéri la comédie, le genre de ses débuts, Christina Ricci, Tina Turner, Macy Gray, l’inévitable Barry White… j’en passe et des meilleurs!

En terme de saison, les 3 premières se valent et sont fort sympa, l’arrivée de Ling et Nelle au bout d’une saison améliorant notre jolie tambouille. La 4e est clairement la meilleure, grâce à Robert Downey Jr…. et la saison 5 est un malheureux plouf tout juste sauvé par quelques guests spoiler [ Robert Downey Jr devait être l’élu d’Ally, le mariage était même prévu…s’eusse-t-été une fin parfaite… mais ses histoires d’alcool l’ont amené à se faire virer de la série par les producteurs, au dépend du réalisateur.. ce qui a relancé l’éternelle quête d’Ally pour l’emmener dans les bras de…Jon Bon Jovi…. nan mais sérieux, quelle idée? ].

Bilan: une série comique déjantée appuyée par de fabuleux personnages névrosés et Robert Downey Jr qui permettent de vite pardonner les excès de romantisme. Un petit bijoux qui est bien plus que sa simpliste attribution populaire de « série pour nanas ».

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Chronique de Mr Blue

Créateur: Dan Harmon                                                                                    Chaîne productrice: NBC
Saisons: 1 (2009) > 3 (2012)                                                                          Statut: en production
Episodes: 20+ minutes, 20+ / saison

Topo: sitcom cinéphile au Greendale Community College.

Personnages récurrents:
Groupe de travail (1ers rôles):
Jeff: ex-avocat manipulateur agnostique
Abed: cinéphile asocial musulman
Pierce: retraité raciste, sexiste, homophobe ‘néo-bouddhiste réformé’ (secte)
Troy: ex-sportif efféminé témoin de jéhova
Annie: intello névrosée juive
Britta: pin-up empathique athée
Shirley: mère de famille catho
Hors-groupe (2d rôles majeurs):
Chang: professeur borderline
Dean: doyen gay

                                                                                           Episode en hommage aux film d’horreur.
Cette joyeuse petite troupe hétéroclite – doux euphémisme – nous vend du rêve en barquette de 12 – doux euphémisme – dans ce qui s’avère être bien plus qu’une sitcom standard prenant place dans un environnement éducatif, témoignant d’une richesse et d’un humour sans limite en re-distillant grassement la pop culture US.

Pré-requis:
Les community colleges représentent l’alternative aux grandes universités US dont l’accès est coûteux/restreint. Dès lors, ils sont populairement décriées pour leur accès aisé, leur non-excellence et pour regrouper les « ratés » de la société américaine. Pré-requis sur lequel repose la série même si celle-ci tente de redorer un peu leur image. D’ailleurs, sachez que la série est tirée d’une histoire vraie de l’expérience du réalisateur qui a pris des cours d’espagnol à 32 ans au Gleendale Community College pour renouer avec sa copine, dixit lui-même: »We took Spanish together thinking, ‘Let’s force each other to work on something that isn’t sex,' », et s’est retrouvé embarqué dans un groupe d’étude.

       Notre dean-pas-gay-pour-deux-sous préféré.
Pilot: le groupe de travail qui rassemble nos joyeux lurons est une initiative de Jeff qui le forme avec un objectif totalement lubrique (Britta), mais manque de bol, toute une bande de ratés s’invitent aux festivités. S’ensuit en début de 1ère saison une mise en place des personnages plutôt banale, une monté crescendo de n’importe nawak, d’épisodes hommages et d’humour décalé caractéristiques de la série avant de finir en apothéose sur une fin de saison dantesque aux antipodes du pilot. Dynamique que nous retrouverons d’ailleurs dans les saisons suivantes, la 2e allant dans une surenchère jouissive, la 3e étant un peu en deçà (pour l’instant), faut l’avouer.

Mais que sont-ce donc que ces fameux épisodes hommages ou cet humour décalé?! Comme je le disais en introduction, la série est littéralement gorgée de références au cinéma, aux séries et à la pop culture US en général avec une orientation un brin geek… mais pas que, loin de là. Thématique initialement apporté par Abed qui transpire la cinéphilie, incapable de faire une phrase sans se référer à un film, ce sont finalement des épisodes entiers qui reprennent les codes de toutes sortes de genres: films de zombies, séries policières, films d’action, Glee (qui se fait ridiculisée :D) documentaires, films en particulier (ex: Will Hunting), films de mafieux, films en stop motion, jeux de rôles (D&DA), westerns… j’en passe et des meilleurs! Mieux, la série fait des références à nos moments cinématographiques préférés avec un génie ultime qui trouve sa consécration dans les épisodes paintball de fin de saison: Matrix, cinéma HK, Die Hard… orgasme assuré. Nan sérieux! Et l’humour… bah comment dire, notre Piece national apporte ça bonne couche de vannes douteuses, les genres sont souvent caricaturés « Be the first black man to make it to the end« , l’humour de répétition est allègrement utilisé (la main du Dean sur Jeff) et Dan Harmon n’y va pas avec le dos de la cuillère de façon générale (confère la fin de l’épisode Debate 109).

Côté casting, que des inconnus au bataillon, à part Chevy Chase (Pierce) qui n’était autre qu’un des pionniers (70’s) du Saturday Night Live aux côtés de Dan Aykroyd et John Belushi, et Donald Glover (Troy) qui mène une carrière musicale en parallèle sous le pseudo de Childish Gambino. S’ajoute aussi quelques guests distillés de temps à autre comme toute bonne sitcom qui se respecte (John Goodman…).
                                                                                            Mexican standoff dans l’épisode film d’action.

La série, bien plus qu’un pastiche, est une véritable déclaration d’amour à la pop culture, mais instaure aussi ses propres petits codes: les épisodes étaient (initialement) TOUS lancés par une annonce absurde du Dean et se terminent TOUJOURS par un petit sketch encore plus absurde concocté par Troy & Abed, les fins de saison (pour l’instant) ravagent systématiquement le college à coups de paintball… et si vous entendez quelqu’un dire « Cool! Cool-cool-cool! » … vous saurez désormais d’où il le sort, Abed©!

Bref, une série énormissime qui entre sans soucis dans mon top 5 et son côté cinéphile-friendly lui valait sans équivoque sa place dans la première chronique sériphile. Elle reste toutefois méconnue dans nos contrées, sa diffusion sur une chaîne frenchy n’étant pour l’instant pas prévue ce qui n’est pas un mal quand on y réfléchit: ça nous protège du blasphème d’une version freu.

Je vous gage de choper toutes les références au passage…

Nous aurons l’honneur d’accueillir un 3e chroniqueur pour venir compléter notre équipe de gangsters: le bien nommé Mr Blue qui va se charger d’une chronique dédiée aux séries, le fameux sidekick du cinéma qu’on ne pouvait ignorer bien longtemps. Intervenant 2 fois par mois, il va présenter des séries récentes, des séries méconnues et des séries ou épisodes de séries cultes! Top départ: mercredi prochain.

Note de l’intéressé:
« Merci à toute l’équipe de m’accueillir dans vos rangs, je suis très flatté de la proposition et vais tâcher de vous concocter de bons dossiers sur des petites et grosses séries qui ont valu mon détour. » Mr Blue

Ceux qui suivent remarquerons que l’équipe sera bientôt complète – sans Joe ou Eddie pour veiller au grain et taire les désaccords  inévitables – … mais que pourra bien faire un éventuel futur Mr White?

Mr Blonde & Orange