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Archives de Tag: QT

Hara-kiriAnnée: 1962
Titre original: 切腹 (Seppuku)
Réalisateur: Masaki Kobayashi
Acteurs notoires: Tatsuya Nakadai

Plot: l’honneur est sacré

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: Prix du Jury en 1963 à Cannes, Harakiri happe le spectateur dès les premières secondes pour ne le libérer qu’au générique final, satisfait d’un grand moment de cinéma. Je ne comprends vraiment pas comment ce chef d’oeuvre a pu perdre la Palme d’Or face au pale Guépard de Visconti… le manque de culture probablement.

Pour profiter du film sans le moindre spoil, arrêtez vous ici et précipitez vous sur une version HD.

Au début de la période Edo, le ronin Hanshiro Tsugumo (Tatsuya Nakadai) se présente au chateau de Kageyu Saito du clan Lyi avec une requête: qu’on lui permette de procéder au rituel du Seppuku (Harakiri) afin de sauver son honneur. S’ensuit un duel de récits entre Tsugomo et Saito, créant une tension captivante qui ne sera relâchée qu’en dernier recours, jubilatoire. Du plan sur l’armure de samouraï qui ouvre le film au même plan qui le clos, beaucoup de choses vont être révélées, mais rien ne va changer. Si ce n’est le regard du spectateur. Car le film, à l’image de Tsugumo, cache son jeu. Sous couvert d’un simple drame chanbara se délectant du code d’honneur des samuraïs, Harakiri se révèle être subversif et dénonciateur, mettant à mal des principes immuables. Acculé par la force du verbe devant son clan, Saito ne pourra répondre que par la force du sabre. Le shogunat, la hiérarchie, les castes et le code du samourai sont immuables et eux seuls resteront dans l’Histoire.

Hara-Kiri est avant tout un film magnifique. Le noir et blanc est splendide. La photographie nous estourbit de plaisir oculaire. Du temple épuré à la plaine balayée par le vent, un vrai bonheur visuel. Les plans sont hyper-soignés et la caméra est maitrisée à la perfection. Soin, maitrise et plans qui inspireront d’ailleurs d’autres prodiges tels Sergio Leone ou Quentin Tarantino. Au milieu de cette perfection, le jeu légèrement théâtral de Nakadai crève l’écran. Son regard et sa voix sont saisissants. Et le rythme. La 1e partie captivante nous colle à l’écran. Après un léger passage à vide lors du 2e récit de Tsugumo, on pense que Kobayashi s’essouffle… mais c’est pour mieux nous prendre à revers, dans une 2e partie jubilatoire. Bref…

Kobayashi signe un chanbara noir, engagé mais surtout grandiose, l’immortalisant au rang de maître. Kurosawa n’a qu’à bien se tenir…

kiteAnnée: 1998
Titre original: A カイト aka A Kaito, Kite (US)
Réalisateur: Yasuomi Umetsu

Plot: sang, sexe et jazz.

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: OAV sombre, violent et sexy, A kaito revient régulièrement au goût du jour depuis 1998, au rythme de l’assouplissement de la censure ou de la sortie de spin off et autre adaptation. Censure? Oui, c’est vraiment pas un animé pour les enfants pour ne pas dire interdit aux moins de 18 ans.

Pitch: Sawa se fait recueillir par Akai après la mort de ses parents, mais pas sans contreparties, devenant tueuse à gage et… objet sexuel, qu’elle le veuille ou non. Une sorte de Léon (lien) un tantinet plus disjoncté. De courte durée (moins de 60 min), l’anime est excellent, notamment pour l’efficacité du récit. Enchainant alternativement des assassinats méthodiques façon bain de sang explosifs et des flashbacks, A kaito est un anime réfléchi qui cache bien son jeu derrière son approche trash. Trash donc, les gunfights sont hyper-violent, et ça va crescendo, du déchirement des chairs jusqu’à la destruction de tout l’environnement, ça gicle, ça vole, y’a des morceaux partout. C’est l’éclate.

Coté cul, on parle de scènes de sexe très graphiques pour ne pas dire pornographiques valant à l’anime une misclassification de hentai. Le déploiement de telles images a alimenté la controverse, notamment les flashbacks où Sawa est encore jeune, générant une censure en bonne et due forme. Le problème est que la dite censure est réellement délétère à A kaito qui souffre d’un manque de fluidité due aux coupes. Chose regrettable, car même si ces fameuses scènes sont quelque peu gratuites, superflues, obscènes ou malsaines, elles servent aussi le comique, le propos du récit et la construction du personnage de Sawa. Après, voir un énorme mandrin fourvoyer une créature toute frêle, c’est pas forcément nécessaire, et les plans appuyés sur les boobs excessivement généreux de Sawa non plus. Heureusement que ce n’est que animé (cf Caligula). Au final, A kaito dure entre 45 et 60 min (Special Edition de 53 mn dans mon cas) selon le gradient de censure.

Concernant le goût du jour évoqué plus haut, une adaptation ciné est en cours, avec dans le rôle d’Akai, le grand, le seul, l’unique… Samuel L. Jackson, grand fan avant l’heure! Mieux, The Weinstein Company a prévu sa sortie pour 2014 (Trailer ici) !! Certains l’auront peut-être flairé, ça sent le Tarantino ça? Tout à fait. A kaito faisait parti des homeworks pour préparer le rôle Gogo Yubari et semble avoir inspiré Kill Bill. Revenons à l’adaptation. Petit bémol quand même: au vue du sujet, le scénario doit être remanié et le film devrait méchamment lever le pied côté sang… mais surtout côté cul. Espérons qu’une pointure en tête de générique ne soit pas le seul point fort et que le film restera intelligemment fait.

Petite perle animé nippone, trash et bien foutue. C’est bourrin, c’est cochon, certes malsain, mais c’est bon.

Django unchainedAnnée: 2012
Titre original: Django Unchained
Réalisateur: Quentin Tarantino
Acteurs notoires: Christopher Waltz, Jamie Foxx, Samuel L. Jackson, Leonardo DiCaprio, Franco Nero

Plot: vengeance, spaghetti et champs de cotton

Sources: Allociné & IMDb

Mr Orange: Attention, ceci n’est pas un article ordinaire, écrit après 2 messes, de nombreuses lectures, le visionnage de quelques références et beaucoup de brouillons rédigés au rythme de la bande originale: critiquer pour la 1ere fois son Dieu n’est point évident…

When the fan hits the spaghetti®

Retour tant attendu de notre mentor suprême, Quentin Tarantino! Et la satisfaction ne se fait pas attendre avec un générique qui nous met vite dans l’ambiance: thème du Django de Corbucci, grosse police rouge bien grasse… on ne s’est pas trompé de salle, c’est bien ce qu’on est venu voir. Fondu de western, QT nous délivrait jusqu’alors des références à ses classiques à petites doses subtiles, alors forcément quand il se décide enfin à mettre les mains dans le cambouis et réaliser son western, on n’a plus qu’à s’agglutiner dans les salles pour assister à la messe, encore et encore (bientôt).

Comme on le sait, parmi le trio de Sergio, QT a une affinité particulière pour Corbucci: violent et sale, dépeignant des personnages à la morale douteuse dans un univers sombre et impitoyable. On retrouve donc Django de Django qui traverse la boue de Django avant d’aller errer dans la neige d’El grande Silencio… Mais étonnamment, nous n’aurons pas eu droit à la crépusculaire Gatling ni au baptême des mains brisées. Soit. Seulement, QT en connait un rayon en western, et nous offre une batterie de références en différenciant les genres: du western comique classique avec Visage pâle aka The paleface aux prémices de la fin du spaghetti avec l’arrivée de Terrence Hill dans On l’appelle Trinita aka Lo chiamavano Trinità en passant forcément par (politesse?) les inévitables brutes et truands de Leone, icône phare du western (spaghetti).

Comme on le sait, parmi les B movies des 70’s, QT a une affinité particulière pour la blaxploitation qui devient encore une fois la clé de voute de son film, inspiré directement de The legend of nigger Charley – le western de blaxploitaion qui vaudra peut-être un petit dossier avec ses suites. Ainsi, après avoir vengé les Juifs en refaisant une beauté à Hitler à coups de calibre 9 mm, QT se dresse contre l’esclavagisme et venge les « Afro-Americans » ou les fameux N-word « Niggers » (selon les affinités) des atrocités de leur passé. Ainsi, après nous avoir touché à coeur avec les atrocités en question, QT mène la vendetta des esclaves à coup de fouet, de revolver et surtout de l’impitoyable ridicule. Petite cerise sur le gâteau, Django serait l’aïeul de Shaft?

Comme on le sait, le film frôle la perfection. On retrouve Christoph Waltz en trublion au phrasé pointu pour nous distraire avec brio mais cette fois épris d’empathie pour… Jamie Foxx, badass et bourreau des Sudistes qui ne lésine pas sur sa vengeance bien zélée. En face, un duo redoutable: le petit prince capricieux de DiCaprio et son domestique en chef qui lui vole la vedette, Samuel L Jackson, fin calculateur obséquieux en public et seigneur dans l’ombre. QT, lui, s’essaye à un genre inédit: la narration linéaire orchestrée sur un personnage unique… quasi exempte de flashback parce que oui, faut pas pousser mémé dans les orties non plus, ça reste QT. Toujours est-il qu’ainsi, il se détache de ses précédents et lève le pied sur la fonction « divertissement ultime » pour parler d’un sujet plus sérieux… en conservant sa marque de fabrique. Ah, et la bande originale est culte avant l’heure et les dialogues font la paire, cela va de soit.

On passera sur les apparitions subliminales de Kerry Washington, l’absence de duel Leonien ou l’intervention explosive de QT qui semble un peu artificielle.

Quentin, sculptant la fierté noire dans la viande blanche, signe un splendide western Corbuccien tantôt hilarant, tantôt horrifiant… et succulent comme toujours. Certes, ce n’est probablement pas le meilleur – quoi que difficile d’organiser un top 8 – mais certainement le plus adroit qui atterrit directement dans la case film culte. Comme toujours. A voir sans modération, comme toujours.

The D is silentMoment culte.

Quentin Tarantino, génie accompli du cinéma, oeuvre au rang de Grand Maître de la réalisation. Mais derrière ce talent indéniable se cache son premier talent: l’écriture de scénario, la base sine qua non d’un bon film! Auteur du scénario de chacun de ses films et même plus, il a la plume magistrale qui mérite son pesant de naquada.

Parce que nous sommes en pleine semaine Matrix dont vous connaissez les thèmes directeurs, on va se laisser aller à un petit peu de diffusion culturelle borderline en vous proposant des scénarios originaux écrits par QT ayant été portés à l’écran:
– Reservoir Dogs, 1992 de Q. Tarantino
– True Romance, 1993 de T. Scott
– Tueurs nés / Natural born killers, 1994 d’O. Stone
– Pulp Fiction, 1994 de Q. Tarantino
– Groom service / Four rooms, 1995 dont le quart The Man from Hollywood est signé de Mr QT
– Une nuit en enfer / From Dusk Till Dawn, 1996 de R. Rodriguez
– Jackie Brown, 1997 de Q. Tarantino
– [Kill Bill vol. 1/2, Boulevard de la mort manquants, si vous les avez, faites nous signe]
– Inglourious basterds, 2009 de Q. Tarantino
– Django unchained, 2012 de Q. Tarantino (merci TarantinoFiction et à Jé)

Sacro-saints scénarios (14 Mo)

Au delà du pur plaisir de la lecture, je tiens à relever que nous avons ici les vraies 1ères versions de QT,  ce qui n’est pas anodin pour les films qu’il n’a pas réalisés, notamment True Romance et Tueurs nés. Mea culpa, je n’ai pas encore TOUT lu, mais je peux déjà confirmer qu’il y a des variations entre le scénario initial d’Inglourious basterds et le film diffusé… avec des petites scènes succulentes supplémentaires et une fin légèrement différente avec un magnifique mexican standoff dans le cinéma!

Attention, la lecture peut être frustrante et induire une névrose: pourquoi nos chers réalisateurs (dont QT) ont touché aux scénar’ originaux?! Sacrilège! Blasphème!

Notes:
– les scénarios sont bien évidement en anglais
– si le lien s’avérait non fonctionnel (se désactive automatiquement après 30 jours d’inactivité), faites nous signe!
– si on est trop borderline, faites nous signe aussi… nous irons en Corée du Nord

Mr Orange

L'homme aux poings de ferAnnée: 2012
Titre original: The Man with the Iron Fists
Réalisateur: RZA
Acteurs notoires: RZA, Russell Crowe, Lucy Liu, Gordon Liu, Pam Grier, Eli Roth, Cung Lee, David Bautista…

Plop: prends ça dans ta face.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Transpirant la culture kung-fu depuis la mythologie ou les textes du Wu-Tang Clan qui l’a fait connaître, RZA (RaiZAa) plonge inexorablement dans le cinéma: bandes originales pour Ghost dog, la voie du samurai, Kill Bill vol. 1, Afro samuraï… et diverses apparitions à l’écran dont la plus notoire est probablement « Samouraï Apocalypse » dans Californication. C’est donc sans surprise qu’après s’être amouraché de Jarmusch et Tarantino, il finisse par passer de l’autre côté de la caméra pour faire son propre film de kung-fu.

Fan de kung-fu, RZA recrute une tripotée de talents pour l’épauler: Eli Roth l’assiste pour livrer un scénario très kung-fu, Corey Yuen confirme ses talents de chorégraphe (réalisateur/chorégraphe du bon La légende de Fong Sai-Yuk notamment), Russell Crowe brille à l’écran en flegmatique pervert, Lucy Liu nous resserre son rôle inlassable, des champions d’arts martiaux font acte de présence… et l’inévitable maître Gordon Liu livre le « cameo obligatoire à tout film de fan » (cf Kill Bill).

Bons acteurs, bon chorégraphe, bon scénar’…. mais qu’est-ce qui pêche alors? Ah… la réalisation: brouillonne, elle sabote un film qui aurait pu valoir de l’or: il vaut du bronze. Oui, RZA a beau être fan de film de kung-fu, il n’en n’est pour autant réalisateur. S’entrainer le jeune padawan doit, s’il veut atteindre l’excellence. Par contre, la où l’on attendait réellement, c’était à la bande originale! Vindiou! Mais non. Pour l’histoire, non satisfait de la BO qu’on lui proposait, il a demandé conseil à PAPA Tarantino (qui «  »présente » » le film et) qui lui a répondu de la faire lui même. RZA aurait dû écouter plus attentivement QT et se débrouiller tout seul avec son Clan. Il a jusque là été très bon à ça. Parce qu’autant on peut apprécier la présence d’Issac Hayes… celle de Kayne West est vraiment très déplacée! Il aurait dû produire, se concentrer sur la BO et confier la réalisation à quelqu’un de bien au lieu de se perdre entre l’avant et l’arrière de la caméra. Parce que je n’en ai pas parlé mais son jeu n’est pas au mieux de sa forme.

Oh gloire, des petits plaisirs vont venir sauver l’honneur:
– un oeil qui vole suite à un coup de poing dévastateur, hommage à Kill Bill vol. 2 évidement… mais aussi image du degré de violence que s’est permis RZA, rien de plus plaisant qu’un film de kung-fu avec des liquides et des solides qui volent.
– des répliques d’exception qui vont souvent de paire avec l’humour gras qui tourne autour du temple de dépravation dirigé par une Lucy Liu impassible.
– Pam Grier, icône sexy de la blaxploitation, qui nous offre un caméo en mère libératrice de…
– … Thadeus (RZA) qui devait apparaître dans… Django unchained!!

A force de vouloir tout faire, RZA se disperse. Il jongle avec l’excellence mais ne maitrise pas encore son Khi et ne nous livre que de petits bons moments.

Tarantino et Playboy, une véritable histoire d’amour. Voici une compilation des interviews du Grand Maître pour le magasine masculin par excellence à l’occasion de la sortie de la dernière en date, le 15 novembre 2012 pour être exact.

N°1: 1994, cliquez ici
Après Reservoir dogs et Pulp Fiction
De l’anthologique « Mexican standoff » aux céréales du petit déjeuner, pensées de QT.

N°2: 2003, cliquez ici
Après Jackie Brown et avant Kill Bill
« 
Traversée du désert », conception de Kill Bill et sexualité du patron.

N°3: 2012, cliquez ici
Après Inglourious Basterds et avant Django Unchained
Une floppée d’informations sur Django Unchained, forcément, mais pas seulement. L’avis de QT sur l’ecstasy, la weed, la violence….

Oui c’est génial, oui c’est en anglais, oui c’est du copier-coller.

Mr Orange

Année: 1977
Titre original: Rolling thunder
Réalisateur: John Flynn
Acteurs notoires: William Devane et Tommy Lee Jones

Plot: vengeance crochue

Source utile: IMDb

Mr Orange: Film d’exploitation haut de gamme, Rolling thunder se paye le luxe d’un joli staff: scénario de Paul Schrader connu pour avoir signé des scénarios Scorsesiens (Taxi driver et Raging bull), un Tommy Lee Jones au talent latent bien que méconnu à l’époque et William Devane vu dans Stargate SG-1 et toute une flopée d’autres séries qui montre sa capacité à revêtir un rôle principal avec brio.

Éternelle et sacro-sainte histoire de vengeance donc. Le Major Charles Rane, vétéran du Viêt Nam, retourne parmi les siens après 7 ans d’incarcération et de torture notoire. Acclamé par une fanfare, il retrouve une femme qui ne l’aime plus et un fils qui ne le connait pas. Peu importe, les tortures quotidiennes ont eu raison de l’âme du Maj. Rane formidablement interprété par W. Devane qui reste de marbre dans la douleur. Problème, quand de petits malfrats vont s’en prendre à sa famille et à lui-même, il va faire ce qu’il sait le mieux faire: tuer. Et pour ça, il va trouver un allié en Johnny, qui sort du même enfer que lui et va l’épauler dans une apothéose macabre.

Pour assouvir nos petits plaisirs simples, Tommy Lee Jones s’essaye déjà à la personnalisation de ses dialogues:
Prostitute: What the fuck are you doing?
Johnny: I’m gonna kill a bunch of people.

Rolling thunder est aussi un des petits favoris de Q. Tarantino qui a nommé la Rolling thunder pictures en hommage au film. Boite de distribution qui a permis de diffuser des films étrangers tels que Chungking express, le chef d’oeuvre de Wong Kar-waï et le bien-aimé Sonatine de Takeshi Kitano… ou de ressortir des vieux films d’exploitation (Switchblade sisters, Detroit 9000, The beyond).

Une vengeance légitime qui n’a pas honte de sa violence, de bons acteurs, donc un bon film.

Voici en One Scene une des scènes qui m’a le plus marqué parmi la 30aine de films HK vus au Festival Paris Cinema: la séquence d’introduction de Deaf mute heroine, 1971, un des premiers films de Wu Ma. Au menu: une héroine sourde et muette qui slashe, et qui slashe, et qui slashe….

Pourquoi elle m’a marqué? parce qu’elle dépeint un combat extrêmement stylisé, que ça soit dans la chorégraphie, la mise en scène, la musique ou la photographie. C’est magnifique et annonce la couleur: le film est une tuerie, au sens propre et figuré.

Et puis… faut l’avouer… ça fait énoooooooooooormément penser à la fameuse séquence de The House of Blue Leaves / La Maison des Feuilles Bleues de Kill Bill vol. 1

Mr Orange

Année: 1993
Titre original: 少年黃飛鴻之鐵馬騮 , Siu nin Wong Fei Hung ji: Tit Ma Lau
Réalisateur: Yeun Wo Ping
Acteur notoire: Donnie Yen

Plot: un Robin des Bois se moque des autorités tandis que la relève se prépare

Festival Paris Cinéma: Hong-Kong à l’honneur – Focus Yuen Wo Ping
En présence du réalisateur

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Que ça se sache: un bon film de kung-fu est un film de premier choix. Qui plus est lorsqu’il est question d’une oeuvre de Yuen Wo Ping, un maître chorégraphe pas radin en combats grandioses, pour le plus grand plaisir de nos yeux écarquillés. Sous la production de Tsui Hark, Yuen Wo Ping  s’amuse avec l’enfance de Wong Fei-Hung, héros chinois populaire réutilisé dans une multitude de films, ex: Il était une fois en Chine, avec Tsui Hark à la réalisation, Yuen Wo Ping à la chorée…

Le point fort: les combats, évidement. Les coups sont puissants, précis et récités, la subtile touche kitsch. Surtout: nous ne sommes pas limités aux prouesses d’un seul et unique champion du kung-fu mais à plusieurs héros qui devront faire face à de nombreux ennemis hauts en couleurs, chaque individu ayant un kung-fu spécifique. Cette diversité, en plus de la créativité du chorégraphe prodigue, permet au film de se renouveler continuellement et d’offrir un fabuleux divertissement rythmé, drôle.

Drôle, parce qu’en dehors des superbes combats magnifiquement réalisés – je ne le dirais jamais assez – et des personnages bien travaillés, Iron monkey est une légère comédie truffée de gags qui ont le bon goût de ne pas tomber dans le kung-fu burlesque à la Jackie Chan. Fort appréciable. Normal… Yuen won Ping est un des fondateurs de la kung-fu comedy.

Petits plaisirs uniques:
– se faire présenter le film par son réalisateur qui dévoile innocemment qu’il s’agit de son préféré, sa scène favorite étant celle du ramassage de papier, déclaration d’amour façon kung-fu.
– avoir un projectionniste qui doit faire face à des coupures de son allant jusqu’à plusieurs minutes, ce qui nous plonge dans les subtiles saveurs du cinéma oldschool, /love

Un kung-fu superbe, une caméra énergique, un humour latent… un vrai petit moment de bonheur.

NB: Iron monkey est un des petits favoris de QT qui a participé activement à sa diffusion aux USA.

Année: 1965
Titre original: Faster pussycat! Kill! Kill!
Réalisateur: Russ Meyer
Actrices notoires: Tura Satana, Haji, Lori Williams, Susan Bernard, Stuart Lancaster

Plot: Trois strip-teaseuses passent du côté obscure.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Après en avoir longtemps parlé (ici ou ), en avoir longtemps rêvé, Faster pussycat! Kill Kill! a enfin dévoilé ses secretsFigure de proue du B-movie, archétype du grindhouse, masterpiece de Russ Meyer, réalisateur phare qui a par ailleurs énormément apporté aux films de sexploitation. Mr Meyer est en effet un amateur déclaré de la gente féminine, et particulièrement de ses représentatrices aux attributs sur(s)exprimés. Blague: il a récemment porté plainte contre sa compagne pour « violence conjugale ».

Narrator: Ladies and gentlemen – welcome to violence! 

Mais trêve de tergiversions, revenons au sujet: 3 femmes au(x) fort(s) caractère(s) et sans morale se prélassant dans les plaisirs de la violence gratuite. Varla, leadeuse et combattante sans limites, Rosie, suiveuse et Billie, seule âme pure… si l’on occulte sa libido exubérante. Face à ce trio infernal? D’autres clichés: une frêle et innocente créature au(x) caractère(s) réprimé(s) – notez la subtilité reliant scénario et casting -,  une montagne de muscle écervelée, un bon gars, un vieux pervers, un pompiste naïf… la totale.  Pour notre plus grand plaisir.

Du B-movie, du vrai. Rien que le titre poutre. En plus: des courses de bagnoles, des nanas affriolantes n’aspirant qu’à s’exhiber (sans nudité) entre 2 fêloneries, des dialogues adéquats, une introduction de circonstance, des meurtres gratuits et des rouages scénaristiques simplissimes. Point. Et personne n’essayera d’expliquer la violence latente transcendant Varla, ni ne s’offusquera de l’intrusion d’une trame téléportée par un pompiste étrangement bavard. Sex, drugs & rock’n roll. On aime. Et surtout, des femmes qui en ont, des femmes qui s’imposent comme sexe dominant face à des mâles incapables de leur résister. Semant la dévastation, ces 3 cavalières de l’apocalypse s’évertuent à promouvoir un message féministe. Extrémiste certes. Avant-gardiste aussi.

Un film culte.

Questions:
1/ est-ce que l’accent des 2 femmes foncièrement violentes ne seraient pas une forme de décharge/critique? aka les femmes libérées ne viennent pas des USA.
2/ Varla : « I never try anything – I just do it »  … Varla, maîtresse de Yoda? :)

Il fut un temps, un remake par Mr QT a été évoqué… peut-être s’est-il suffit de la 2e partie de Boulevard de la mort… QT à propos de Tura/Varla: « I would give up five years of my life to work with Tura Satana. She is Japanese, Cheyenne, and something else, awesome. »

Année: 1980
Titre original: Shogun assassin
Réalisateur: Robert Houston / Kenji Misumi
Acteur notoire: Tomisaburo Wakayama

Plot: un ronin, samouraï en disgrâce, parcours le Japon accompagné de son fils.

Sources utiles: IMDb

Mr Orange: Plongeons dans le grindhouse dont toute personne de goût a entendu parler. Balivernes? Que nenni, c’est le film que regardent Beatrix et B.B. à la fin de Kill Bill vol. 2 pour s’endormir paisiblement. Parce que oui, pour QT, un enfant de 4 ans doit remplacer toutes ces daubes de Disney par Shogun assassin… et il a bien raison! Mais pourquoi donc?

C’est une fresque stylisée, simplifiée et ultra-violente en pleine époque d’Edo (aka Japon médiéval). Ce sont des massacres incessants et autres geysers de sangs à coup de katana. C’est une musique envoutante assurant une ambiance sombre et oppressante. Mais c’est surtout la présentation d’une barbarie inouïe par une douce et mélodieuse voix d’un innocent petit enfant.

Shogun assassin est l’oeuvre de Robert Houston qui a compilé deux films nippons: 10 min de Baby Cart : Le Sabre de la vengeance et 1h10 de Baby Cart : L’enfant massacre tout 2 signés de Kenji Misumi qui ne sont que les 2 premiers volets de la longue saga Baby Cart (6 films sortis entre 1972 et 1974) inspirés du manga Lone Wolf and Cub de Kazuo Koike et Goseki Kojima. Une compilation qui se résume à: moins de blabla, plus d’action, un doublage anglais et une nouvelle BO… pour obtenir un film culte et controversé.

Note: bonus pour le doublage US. Un sourd et muet capable de lire sur les lèvres a contribué à l’élaboration de dialogues correspondant le mieux possible aux mouvements des lèvres nippones. Dialogues qui sont anthologiques… on en retrouve d’ailleurs des bouts dans l’album Liquid swords de GZA (Wu Tang Clan)

Un bon apéritif pour se lancer dans le jidai-geki et autre films de samuraï. Après cette mise en bouche, pas la peine d’aller chercher bien loin: la saga des Baby Cart pourrait être un bon gueuleton, enrichi de complots et autre culture nippone par rapport à ce condensé sanglant.

Année: 1968
Titre original: De uomo a uomo (It), Death rides a horse (US)
Réalisateur: Giulio Petroni
Acteurs notoires: Lee van Cleef, John Phillip Law

Plot: double vengeance

Source utile: IMDb

Mr Orange: Preuve qu’un bon western spaghetti n’est pas forcément réalisé par un Sergio (Leone, Corbucci, Solima…), La mort était au rendez-vous permet à G. Petroni de rejoindre le panthéon des maîtres. Le scénario de Luciano Vincenzoni (trilogie du Dollars et plus) y est probablement pour quelque chose…

Fort d’un univers western riche et authentique: poker, duels, whisky, évasion, poussière, fusillade, entourloupes, mexicains… Fort d’un Lee van Cleef en pleine heure de gloire. Fort d’une musique et surtout d’un thème d’Ennio Morricone. Fort d’une double histoire de vengeance, parce qu’une seule ne suffisait pas. Fort de dialogues épiques, drôles, cinglants… La mort était au rendez-vous transporte son spectateur en plein farwest, dépaysement assuré.

Mais le truc en plus, le truc qui déboite, LE truc, c’est tout simplement son influence sur Quentin Tarantino qui marque Kill Bill au fer rouge. Rappelez-vous les climax quand La Mariée voit sa future proie, lorsque l’écran vire au rouge pour des flashbacks fondus sur son passage à tabac. Bah c’est tiré tout droit de La mort était au rendez-vous, au plan près. Mais parce que l’hommage n’était pas suffisant, QT nous livre le fabuleux thème d’E. Morricone lorsque La Mariée appelle Oren Ishii avant de couper le bras de Sophie Fatale. Mais parce que l’hommage n’était toujours pas suffisant, des dialogues sont tout simplement repris (je vous laisse l’honneur de les trouver). Mais parce que l’hommage était vraiment, mais vraiment encore trop subtile, la scène de massacre de la famille d’Oren Ishii reflète celui de la famille de Bill, tête de mort à l’appuis. Et puis bon… le scénario général de Kill Bill transpire ce spaghetti avec 5 malfrats à refroidir tout au long du film. Yumy!

Un excellent western, une histoire de uomo a uomo, un impact majeur sur QT… un must have.

Petit mot de QT sur le film.