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Polar

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Année: 2013 (FR: 2015)
Titre original: Kvinden i buret et Fasandræberne
Réalisateur: Mikkel Nørgaard
Acteurs notoires: Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares

Plot: un flic teigneux fouille les archives.

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: Série de polar importée du Danemark, les 2 premiers volets des Enquêtes du Département V, Miséricorde et Profanation sont sortis quasi simultanément, l’un en e-cinéma, l’autre au cinéma. Choix appréciable qui nous change des sagas avec une sortie calée à chaque Noel. Attention, il parait que nous avons affaire à des « cartons cinématographique » adaptés de « cartons littéraires »… au Danemark. Reste à voir ce que cela donne à l’internationale…

Rentrons de le vif du sujet.

C’est un polar noir, drôle parfois. Il y a un flic bourru, teigneux, alcoolique, divorcé, irrespectueux, je-m’en-foutiste, têtu, taciturne, dont-personne-ne-veut-malgré-son-talent-indéniable… et son acolyte basané, sympa et sociable. Il y a un scénario / fait divers glauque. L’ensemble (montage, image) est bien alambiqué. L’enquête avance à petit pas. Quelques scènes assez graphiques nous rappellent qu’on est pas au Club Mickey. Les acteurs ont une bonne gueule et nous changent des petits princes hollywoodiens. Certains « flashbacks » sur les victimes restent de trop… comme dans beaucoup de polars.
Tout ce qu’on attend… mais rien de plus.

L’un et l’autre? Ils se complètent, on ne trouve pas de redondance dans l’histoire ni dans la façon de la mener. Autant le premier joue sur une histoire abracadabrantesque dont on ne découvrira les derniers ressorts qu’au dénouement, autant le second joue plutôt sur l’enquête et la complexité de montrer ce qui nous est pourtant évident. Côté « saga », il y a du foutage de gueule. Aucune linéarité si ce n’est les banalités de l’évolution mollassonne des personnages et du Département V. Vraiment rien. Et ce n’est pas l’amour qu’on porte au duo qui nous ferait accrocher. Mais que va devenir le chat? Est-ce qu’ils attendent le 3e volet pour que le frère du méchant du 1 vienne se venger? … hum.
Tout ce qu’on attend… mais rien de plus.

En somme? Deux polars sans risque mais sans écueil.

la vie secrete de walter mittyAnnée: 1947
Titre original: The secret life of Walter Mitty
Réalisateur: Norman Z. McLeod
Acteurs notoires: Danny Kaye, Virginia Mayo, Boris Karloff

Plot: C’était mieux dans ma tête…

Liens utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Première adaptation de la nouvelle de James Thurber, La vie secrète de Walter Mitty inspirera plus tard La vie rêvée de Walter Mitty. Dans cette version de 1947, pas d’aventures in the wild à en mettre plein les mirettes au magazine Life pour Walter Mitty, mais une vieille intrigue improbable en Technicolor et en studio s’il vous plait!

Walter Mitty, jeune éditeur de pulp fictions, est partagé entre 2 mondes. D’une part, le monde réel. Une comédie burlesque où – introverti – il est tiraillé entre sa mère chez qui il vit toujours et son patron qui le malmène. D’autre part, ses fantasmes d’aventures chevaleresques, petites parodies (exquises) des genres hollywoodiens de l’époque où se mêlent malicieusement les acteurs de son quotidien. Heureusement, une pulp fiction vient chambouler son quotidien sous les traits d’une jolie blonde réquisitionnant l’aide d’un homme courageux pour la protéger du mystérieux secret qu’elle porte.

Danny Kaye livre une excellente prestation qui n’a rien a envier à Ben Stiller en terme de burlesqueries, même si il n’atteint pas la cheville du maaaaaaître Peter Sellers. Et on découvre des choses intéressantes en regardant des vieux films: « Oh, mais le méchant là… ça serait pas [la créature de] Frankenstein?! » Et oui, c’est bien Boris Karloff. Et d’autres choses peut-être moins intéressantes: « Tiens, ils avaient des distributeurs à eau dans leur bureau en 1947 » …

Malgré de rares longueurs chantonnées (on bafferait volontiers de prof de musique), on découvre un film drôle et rafraichissant avec un scénario bien mené et parsemé de personnages croustillants.

« ta-pocketa-pocketa-pocketa »

zuluZulu de Kérôme Salle, 2013

Aaaaaah, un vrai bon film français! Orlando Bloom a enfin un rôle sombre, viril… et il est doué le garnement! Il volerait – presque – la vedette à Forest Whitaker, qui impose toujours son talent.

Une bonne réalisation qui dessert un scénario bien ficelé. Résultat: bon polar qui sait nous prendre aux tripes quand il faut.

En plus, l’équipe du film est sympa :).

A voir. Précipitez vous dans les salles!

Mr Orange.

PS: et voui, nous expandons le blog, nous créons de nouvelles rubriques :)

Et paf, prenez-vous un peu de 80’s dans les mirettes !

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To live and die in LA c’est quoi? C’est un excellent polar à la touche 80’s réalisé par William Friedkin. C’est qui? Le réalisateur entre autre d’excellents polars : French Connection (multi-oscarisé), La chasse (Cruising aka Cuir cuir moustache) ou d’un des rares films d’horreur oscarisé: l’Exorciste.

To live and die in LA c’est quoi? C’est un excellent polar à la touche 80’s. Déjà dis? Pardon. La touche 80’s est vraiment exquise. On découvre William Petersen (aka Gil Grissom dans une série de seconde-zone) en jeune acteur. On est un peu déçu par la performance du (jeune aussi) Willem Dafoe. On voit au hasard de quelques scènes le père de Robert Downey Jr…. Et  entre la photographie flashy, les costumes, le jeu des acteurs et le générique avec cette police unique… c’est magnifique. Bref, les 80’s, mon amour, ma vie.

Je n’ai pas parlé du film? Normal, le spoiler, c’est le mal. Je dirais juste qu’il y a une excellente course poursuite, que c’est sale, que c’est génial et…. qu’il FAUT voir cette perle oubliée.

N.B: le titre VF est moche: « Police fédérale, Los Angeles ».

Mr Orange

Festival Paris Cinéma: Hong-Kong à l’honneur – Nuit HK

Voici un petit dossier tiré de La nuit Catégorie III, qui a été préférée à la nuit Johnnie To (au bout du couloir) pour le simple fait que les films de ce dernier sont plus facilement accessibles. C’est donc après un ciné-mix que de 22h à 5h30 nous avons eu droit à la perle de la perle du cinéma HK, parfois en mandarin sous titré cantonais + anglais, le petit plaisir en plus. Thé/Café offert à volonté qui n’est pas de refus sur les coups de 3h30. Brioche en récompense pour les pus farouches.

Catégorie 3: équivaut aux films interdits aux moins de 18 ans à Hong-Kong, d’abord exploité à des fins contestataires par le cinéma d’art et d’essai, le filon a très vite dévié vers des thématiques plus sanglantes et plus dénudées.

Note: le public était loin d’être exclusivement masculin !

The untold story

Année: 1993
Titre original: 八仙飯店之人肉叉燒包
Réalisateur: Herman Yau
Acteurs notoires: Anthony Wong, Danny Lee, Julie Lee

Polar gore basé sur une histoire vraie, The untold story relate l’enquête de flics flemmards, incompétents, cruels, lubriques… cherchant à coincer un psychopathe dénué de toute morale: meurtres sanglants, viol, urophilie, cannibalisme… C’est trash… et extrêmement drôle. Anthony Wong livre une interprétation impressionnante qui donne toute la crédibilité de son horrible personnage et lui vaudra un award.

Petite anecdote glauque: l’histoire ne dit pas si des animaux ont été maltraités, mais révèle que des enfants l’ont été, d’où leur jeu impeccable. Parce que oui, personne n’échappe à notre psychopathe.

Un bon polar déglingué assurant un bon moment. Depuis, Herman Yau a fait un remake avec Anthony Wrong, il s’appelle Ebola syndrome

Crazy love

Année: 1993
Titre original: 蜜桃成熟時
Réalisateur: Roman Cheung
Actrice notoire: Loletta Lee

Comédie érotique, Loletta Lee incarne Jane, une jeune femme qui s’amuse avec les hommes, profitant pleinement de son corps, parfois sadique et manipulatrice, parfois généreuse. Pourquoi tourner un tel film? Pour voir Loletta Lee nue. Sérieusement, elle a voulu casser son image de petite sainte. Mission réussie dès les… 10 premières secondes, avec une inspection en bonne et due forme. Au-delà des scènes purement érotiques qui sont finalement rares, on s’amusera énormément des gags et de la mise en scène, les attributs de la miss – bien que splendides – déclenchent finalement plutôt des rires hilares que des filets de bave abrutis.

Une femme libérée… et une grosse marade assurée.

The story of Ricky

Année: 1991
Titre original: Lik wong
Réalisateur: Nam Lai-Choi
Acteur notoire: aucun

Innovateur kung-fu gore, The story of Ricky revient sur un dilemne du kung-fu: comment ce fait-il que les mecs brisent des murs de parpaings mais ne perforent jamais leur adversaire? Gros gore caoutchouteux, tout est dans l’exagération. Le gore, déjà. Le héros invincible aussi. Et puis, parce qu’on parle de cinéma HK… des séquences émouvantes, d’un lyrisme époustouflant, une naïveté qui n’est pas du 2d degré… à HK. La fameuse flûte qui sort de nul part restera dans les annales !

Une réalisation soignée, un panel d’ennemis hauts en couleur, du gore, du niais… encore une fois extrêmement divertissant.

Sex and zen 2

Année: 1996
Titre original: 玉蒲團II之玉女心經
Réalisateur: Chin Man-Kei
Actrice notoire: Loletta Lee, Shu Qui

Conte fantastico-slasho-érotico-comique sur fond de Chine ancestrale, rien que ça, Sex and zen 2 va loin. Très loin. Il y a un 1 et un 3 qui n’ont en rapport que la structure de l’histoire: un conte comme fil directeur. Contrairement au film cité plus haut, celui-ci est plutôt bien garni en scènes érotiques jusqu’à s’aventurer à des jeux de bougie, d’acuponcture, de supra-sex-toys… et même l’apparition d’un monstre tentaculaire et autres sexualisées déviantes. Et en dehors de tous les gags, on s’amusera énormément de l’utilisation du sexe comme moteur de l’histoire et détenteur de tous les rouages. D’autant que le film étant un conte, il délivre une morale… utilise un mythe… succube-like. Evidement.

Anecdote pas glauque: Shu Qi voulait être connue, elle a joué nue. Depuis qu’elle s’est mise au cinéma d’auteur, elle essaye d’oublier… contrairement aux spectateurs.

Drôle, sexy, une caméra bien maîtrisée et de bons délires fantastiques… je regrette d’avoir eu quelques chutes d’attention sur cette fin de nuit.

Bilan
C’était gore, c’était sexy… mais surtout: c’était très drôle! Les DVD de qualité médiocre, les sous-titres sortant de l’écran, le voisin qui râlent lors des éclats de rire, les rires pourris (moi le premier)… tous les éléments étaient réunis pour une authentique nuit Catégorie 3. Une expérience inoubliable. Merci aux organisateurs qui ont gardé le sourire jusqu’à l’aube.

En video:
La nuit du CINEMA par festivalpariscinema

Mr Orange

Année: 2012
Titre original: Men in Black 3
Réalisateur: Barry Sonnenfeld
Acteurs notoires: Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin

Plot: retour en 1969 pour sauver K d’une mort anticipée

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Le 3e volet arrive sur les écrans 15 ans après son géniteur, et on peut dire qu’on est un peu sceptique quand on s’enfonce dans le siège rouge après la déception de MIB 2. Résultat: bonne surprise!

Depuis le 1er opus, la magie de la découverte de l’univers MIB n’est plus là, c’est un fait, et seul son enrichissement peut combler nos désirs de fans exigeants. En l’occurrence, l’option du retour dans le passé n’a rien d’original, faut l’avouer, mais s’avère efficace en renouvelant le terrain de gags et offrant une relative découverte d’un univers MIB retro. On peut encore une fois oublier notre Tommy Lee Jones grincheux qui se voit rapidement effacé de l’histoire au bénéfice de Josh Brolin, K des 60’s. Et la recette paye.

Petite imperfection vite excusée: J fait en 1969 une allusion à une certaine référence culturelle apparue en… 1977, ce qui ne semble pas choquer notre K. Autre sujet à débats, J qui conserve tous ses souvenirs d’un K qu’il n’a pas connu et qui ne l’a pas recruté. Barry Sonnenfeld n’a même pas cherché à l’expliquer, à vous d’établir un statu quo entre vos neurones. Amour pour son partenaire historique? Destin d’un recrutement inévitable? Débrouillez-vous.

J & K, de bons gags, une histoire sympa, un bon méchant, des aliens rétros, des guns cosmiques, un alien rêveur qui fait rêver… un bon moment.

Année: 1971
Titre original: The french connection
Réalisateur: William Friedkin
Acteurs notoires: Gene Hackman, Roy Scheider

Plot: des flics suivent des mecs louches

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Regarder des films d’exploitations US des années 70 c’est bien (ici), mais il ne faut pas oublier que le 7e art a aussi produit pendant cette période des films majeurs ayant fortement marqué le cinéma, façon Oscar comme celui de Gene Hackman pour French Connection.

French connection c’est LE polar. Et il sent sacrément la nouvelle vague à plein nez. Qu’on ne dise pas que le cinéma français s’américanise, c’est le cinéma américain qui s’est francisé pendant que les français se sont perdu dans leur automasturbation. Minute terminée. Donc oui, il s’agit d’un polar majeur du cinéma américain, pour son aspect très authentique. On suit  2 flics qui ont eu l’intuition qu’une bande de types était pas très réglo. Et toute la valeur du film se trouve dans le fait qu’on suit littéralement l’enquête, ses hauts et ses bas, ses moments intenses et ses moments fastidieux. Dynamique qui est très bien rendue à l’écran. Filatures, planques, une des meilleures courses poursuites du cinéma, fusillade.. on est servi jusqu’au super final!

Parce que se priver d’un petit taillage de film culte n’est pas assez fun, en voilà pour son grade. French? Je dirais même plus! La scène d’introduction montre un petit français, à Marseille, entrer dans son établissement favoris intitulé « Boulangerie-Pâtisserie » et en ressortir… la baguette sous le coude. Il manque la Tour-Eiffel, le béret et on a le petit cliché parfait. Par contre, niveau pratique de la langue, l’accent marseillais est tout juste audible et le français a une tendance à être natif d’espagne, histoire de ne pas avoir un accent américain (et pas d’accent français par la même occasion)… mais ça les américains s’en rendent pas compte. C’est beau.

La réputation de lenteur qui traine autour de ce classique est tout simplement bidon. Oui y’a des chutes de tension, mais quand l’action pointe le bout de son nez, le film devient d’un coup très vif. Jeu et réalisation parfaits. Un vrai petit bijou.

Bonus: j’en ai pas parlé mais c’est tiré d’une histoire vraie, les vrais flics ayant contribué au tournage

Année: 2012
Titre original: Man on a ledge
Réalisateur: Asger Leth
Acteurs notoires: Sam Worthington, Elizabeth Banks, Jamie Bell, Ed Harris

Plot: un mec ne veut pas vraiment sauter du 21e étage.

Sources: Allociné & IMDb

Mr Orange: En voilà une belle petite brochette d’acteurs avec des petits nouveaux et un vieux de la vieille pour un film, au demeurant, pas si mal foutu que ça… au contraire.

Sorte d’intermédiaire entre Prison Break et Phone Game, j’ai eu la chance de ne rien savoir sur Dos au mur et ne voudrais pas vous priver de cette même chance. C’est génial de se faire bercer par les péripéties sans savoir où l’on va nous mener (du moins au début) et ce n’est peut-être qu’en ignorance du scénario que l’on pourra profiter au mieux du film. Evidement, certains événement sont – a posteriori – plutôt prévisibles (cliché de l’engueulade de couple…), mais ce n’est point grave: la relative originalité du scénario et quelques personnages sauront vous divertir.

On peut noter que Sam Worthington a une réelle peur du vide qui facilite son jeu étant donné que le film a vraiment été tourné « au bord du précipice » (il a glissé 2 fois pendant le tournage… le con).  Sans que cela soit mauvais – loin de là – on peut regretter que les scènes tournées sur une corniche de 36 cm ne rendent pas assez l’effet gouffre. Une prise de vue supérieure (comme sur l’affiche) aurait peut-être été plus bénéfique que les plans horizontaux trop fermés et retranscrivant un faux sentiment de sécurité. Ou alors serait-ce miss Banks qui ne me revient pas plus que ça?! Autre petit regret sur le traitement de la cascade du film… pas assez spectaculaire… passons.

Bref, une tambouille plutôt bien menée avec des acteurs qui jouent bien (Jamie Bell ++), on se laisse facilement embarquer… pourquoi se plaindre?

Année: 1979
Titre original: Destructor (Video) / (The amazing) Mr No Legs (UK) US
Réalisateur: Ricou Browning
Acteurs notoires: aucun

Plot: la soeur d’un flic meurt dans de drôles de circonstances

Source utile: IMBb

Mr Orange: Ce soir ma quête d’exploration des films d’exploitation des 70’s m’a emmené dans les tréfonds du genre, et j’y ai découvert le St Graal, ni plus ni moins, avec L’infernale poursuite de Ricou Browning. Vous ne le connaissez pas? C’est normal, il est spécialisé dans les films sous-marins: quelques séquences de James Bond (vous enflammez pas, c’est sa seule référence glorieuse), la série Flipper le dauphin… oui. Mais qu’a bien pu faire un type pareil?!

L’infernale poursuite aka The amazing Mr No Legs. C’est plein de chose et aucun des titres – toutes langues confondues – n’est dans la mesure de vous donner des indices. Car malgré ce que veut nous faire croire les taglines du film (ici), Mr No Legs est à L’infernale poursuite ce que Requin est à James Bond: un emblématique pion de l’ennemi, ni plus, ni moins. Quand à la poursuite… il s’agit d’1/12e du film.

Voilà des indices: une enquête policière, un combat à l’épée médiévale, un nain qui traine dans le décor, une course poursuite de 10 minutes, un estropié qui excelle dans le kung-fu à coups de moignons, deux types qui foncent vers rien, un type qui croise le destin du Titanic… nanard? Non, film d’exploitation j’ai dis, c’est pas pareil!

Bilan: une perle rare d’une qualité surprenante (si l’on ignore quelques détails). Bien meilleur que bon nombre d’autres de l’époque d’ailleurs. Vieux 35mm difficilement restauré  pour un festoch, VHSrip 4/3 dégueux sous-titré suédois… peu importe, ça ajoute au charme du genre. A voir sans concession si vous le pouvez!

#Note personnelle: y allez mollo sur les films des 70’s, vais finir par trouver la mustache à la mode#

Année: 1982
Titre original: Blade Runner
Réalisateur: Ridley Scott
Actrice notoire: Harrison FordRutger HauerDaryl Hannah

Plot: Rick Deckard, blade runner, doit « réformer » 4 réplicants, des androïdes hors-la-loi.

Sources utiles: Allociné & IMDb
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Mr Blonde : Promis la semaine dernière dans la One track, elle arrive enfin : la critique de Blade Runner. Les plus jeunes ne le connaissent sûrement pas (le film a quand même 30 ans) donc pour résumer… Blade Runner est un des bijoux SF de Ridley Scott et un des meilleurs films d’Harrisson Ford.

Le scénario original est tiré de l’oeuvre de  Philip K. Dick Do Androids Dream of Electric Sheep ?. Cet écrivain américain apporta énormément à l’univers SF grâce à des oeuvres telles que Totall Recall, Planète Hurlante ou encore Minority Report. Bref le papa :).
Le script arriva dans les mains de Michael Deeley (producteur de Voyage au bout de l’enfer) qui pensa alors à Ridley Scott pour la réalisation (tout juste auréolé de son succès d’Alien). Une fois le script réécrit par David Webb Peoples (scénariste de L’Armée des 12 singes), Ridley Scott consentit à s’y atteler et à abandonner son projet du moment : Dune, reprit par un certain  David Lynch (ce qui donna naissance à un autre chef-d’oeuvre SF).

Il a fallu pas moins de 5 versions différentes du film (merci la Warner) pour n’aboutir au final cut qu’en décembre 2007, version qui me sert de base pour cette critique. À noter au passage que la version de Blade Runner sortie en 1992 est l‘une des toutes premières à porter la mention « Director’s Cut ». 

Le film et le bouquin sont vraiment différents :
-Philip K. Dick appuie  l’intrigue sur la psychologie des personnages en créant un Rick Deckard marié, névrosé, plein d’incertitudes et de remises en question sur son métier, ses proies et surtout lui-même. Il est obsédé par l’envie de posséder un animal, un vrai, pas un ersatz mécanique créé pour remplacer les espèces quasi-disparues. Philip introduit dans cet univers une réalité virtuelle et mystique incarné par un prophète, Mercer, avec qui la population peut « communier »  grâce à des boîtes à empathie. Enfin l’action se déroule à San Francisco contrairement au film où le choix s’est porté sur Los Angeles.

-Rien de tout ça chez Ridley Scott. Afin d’offrir au public un scénario plus accessible et efficace, il a sacrément épuré l’intrigue. Plus de femme, plus de Mercerisme, plusieurs réplicants en moins ainsi que des remaniements dans la répartition de leur rôle. OUT l’intrigue avec le faux commissariat rempli de réplicants. OUT la rencontre avec un autre Blade Runner aux allures d’androïde. Il met en scène un Rick Deckard faible, lâche et désabusé (ce qui a choqué l’opinion public à l’époque car le héros est très différent de l’image qu’Harrison Ford venait de donner dans Star Wars ou Indiana Jones). Cependant, notre bon vieux Indi rentre parfaitement dans le rôle du flic bourru qui suit sa vie plus qu’il ne la vit, déambulant au fil de son enquête dans une ambiance de film noir. Car il s’agit encore et toujours de cela chez Mr Scott : l’ambiance. Une ambiance sombre  inspirée des films noirs américains de la fin des années quarante mettant en scène un Los Angeles futuriste avec tous les ingrédients d’un bon polar : la pluie incessante, la nuit profonde, les rues désertes, une atmosphère glauque et oppressante. Je me permet d’éluder l’analyse musicale, déjà abordée lors de l’avant-dernière One track.

J’aimerais vraiment en dire plus et pousser l’analyse plus loin mais The Reservoir Blog n’est pas un blog d’analyses mais de critiques cinéma. Pour plus d’informations je vous conseille la page wikipédia qui éclairera les fans du films sur les thèmes abordés dans le film, tels que le symbolisme religieux, les allusions à René Descartes (Rick Deckard), la thématique des animaux ou encore les très nombreuses références cinématographiques.

Vous l’aurez compris Blade Runner est un très bon film, un pillier du monde SF, un must-to-see. Seulement il faut être avertit. C’est lent, c’est brumeux, c’est sombre, mais c’est ce qui fait toute la magie du film.

BONUS SPOILER : Seulement pour ceux qui l’ont déjà vu  : je ne peux m’empêcher malgré la doctrine du blog de mettre une scène spoiler. Très spoiler vu que c’est la scène finale. Cette scène mythique où Roy Batty, le dernier réplicant vivant sur la liste de Rick, prononce son monologue pré-mortem. Ce discours est en fait un pur moment d’improvisation de la part de l’acteur qui n’est autre que  Rutger Hauer, que l’on a pu voir dernièrement dans Hobo with a Shotgun  (pour voir notre critique cliquez ici). Pour voir ou revoir la scène finale, cliquez ici

Année: 2011
Titre original: Hodejegerne
Réalisateur: Morten Tyldum
Acteurs notoires: Aksel Hennie

Plot: histoire de chasseurs de tête.

Source utile: IMDb

Mr Orange: Véritable triomphe du cinéma norvégien, Headhunters a fait la 2e meilleure sortie de l’histoire dans les salles norvégiennes, s’exporte à merveille et s’est fait racheter en vue d’un remake… avant même qu’il ne soit diffusé. Mais qu’est-ce qui peut bien valoir un tel engouement?

Un thriller exceptionnel, tout simplement. Officiellement recruteur, Roger Brown est en réalité un voleur d’art accompli afin de compenser son complexe d’insécurité conjugale. Bien évidement, sa double vie va heurter un gros cailloux qui va lui donner du fil à retordre. Et quel fil! Aksel Hennie est exquis en bad golden boy et ses pérégrinations surréalistes n’auront de cesse de nous surprendre, renouvelant continuellement notre intérêt de petit spectateur. avec des scènes foutrement bien faites et un humour latent qui accompagne cette chute vertigineuse. Bonus: le réalisateur n’a pas froid aux yeux et sait nous les réchauffer sans détours.

La réalisation est parfaite, les idées sont succulentes, le scénario est surprenant, l’histoire est jonché d’humour noir… une subtile bombe nordique maitrisé avec brio!

Année: 1974
Titre original: Truck Turner
Réalisateur: Jonathan Kaplan
Acteur notoire: Isaac Hayes

Plot: déboires d’un chasseur de prime

Source utile: IMDb

Mr Orange: Truck Turner est un des piliers majeurs des films de blaxploitation, offrant le 1er rôle à Isaac Hayes qui signera aussi la superbe musique funky accompagnant ses aventures. Isaac Hayes est donc « Truck Turner », un chasseur de prime totalement bad ass à qui il vaut mieux pas chercher des noises, et bien évidement un aimant à nana.

On retrouve donc nos codes favoris de la blaxploitation, dans un film plutôt bien réalisé mine de rien, chose qui n’est pas négligeable pour le genre. On a notre dose d’humour, de gros guns, de bad ass, de macs alignant une dégaine on-ne-peut-plus-flashy, de musique géniale… bref, tout ce qu’il faut pour passer un bon moment! … Ah non, j’ai failli oublier: attention, mention spéciale pour le seul et unique mais géantissime plan boobs qui dépasse les limites de la gratuité, atteignant des sommets inouïs! Cultissime!

Parce qu’il ne pouvait s’en empêcher, notre Quentin T. préféré a bien évidement repris le thème du film dans Kill Bill qui est d’ailleurs agrémenté de quelques autres morceaux d’Isaac Hayes, oui, c’est grand bonhomme de la soul pour ceux qui débarquent. A par ça, il signera la BO de Shaft (70’s) et fera quelques apparitions dans divers films: Blues Brothers 2000, Shaft (2000), des épisodes de Stargate…

Si vous voulez faire un bon petit détour dans la blaxploitation, Truck Turner est un bon choix!

Année: 2005
Titre original: El aura
Réalisateur: Fabián Bielinsky
Acteur notoire: Ricardo Darín

Plot: un type presque banal rêve du casse parfait.

Source utile: IMDb

Ne pas lire le synopsis qui traine sur Allociné & cie

Mr Orange: Après Neufs reines, sans concession le meilleur film d’arnaque de tous les temps (je pèse mes mots), on retrouve Fabián Bielinsky aux commandes de Ricardo Darín dans une nouvelle tentative de conquête d’un public loin de leur Argentine natale. Parce que oui, le cinéma Argentin est capable du meilleur, chose une nouvelle fois démontrée, même si l’on est loin de l’excellence des Neufs reines.

D’un film à scénario, il passe à un film psychologique, entre le thriller et le polar minimaliste. Photographies aux teintes froides et musique lancinante accompagneront notre enquêteur peu bavard dans sa belle aubaine. Et bien qu’il soit question de braquage – minutieusement préparé – il s’agit bien moins d’un film de braquage que d’une introspection de notre taxidermiste qui arrive comme un cheveux sur la soupe au bon moment dans cette forêt intimidante, réquisitoire d’un fantasme loin de la dure réalité.

Tandis que Neuf reines visait un public large avec un bon divertissement mêlé d’intellect, El aura s’adresse cette fois-ci à un public plus mature. Embardée réussie notamment grâce à l’excellent jeu de Ricardo Darín.

Année: 2011
Titre original:  Ajoessi / 아저씨
Réalisateur: Lee Jeong-beom
Acteurs notoires: Won Bin, Kim Saeron

Plot: amitié entre un bad ass et une petite fille

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: The man from nowhere est un de ces films qui nous rappelle que le cinéma coréen est excellent et surtout la différence entre un bon film et un film sympa. Coup de coeur qui fait plaisir là ou ça passe… ce qui n’arrive malheureusement pas tous les jours.

Sans trop entrer dans les détails: Ajoessi, mystérieux prêteur sur gage, se lie d’amitié avec So-mi, une jeune voisine solitaire qui cherche un ami… une compagnie que sa mère, junkie, ne lui donne pas. Ensuite, forcément, y’a quelques soucis qui se pointent, et on découvre que le ajoessi de So-mi est un total bad ass. Le film est vraiment exceptionnel notamment avec cette histoire d’amitié entre une petite fille extrêmement touchante – la jeune actrice est bluffante – et notre prêteur sur gage cachotier. Plus qu’une simple excuse bidon pour justifier une violence gratuite, cela apporte une réelle profondeur au film, parce que bien traité.

La libération d’Ajoessi de ses gongs s’ensuit d’une enquête échelonnée de violence brutale, implacable sans être frénétique ou esthétique.  Le film prend une réelle force pendant la 1ère moitié, au cours de laquelle l’identité du beau ténébreux nous reste obscure. On regrette un peu d’en apprendre sur lui, le pouvoir du mystère étant tellement fort (confère Alien le 8e passager), mais c’est finalement pas si mal traité malgré l’aspect un peu cliché de la vérité et l’approfondissement de l’histoire nous fait vite oublier ce petit écart.

Descente dans les bas fonds de la mafia coréenne. Acteurs surprenants. Violent, touchant, dur, impitoyable… on n’oublie pourtant pas de nous divertir avec quelques tirades vengeresses. A voir sans hésitation.

A regarder en coréen sous-titré !

Année: 2008
Titre original: 20-seiki shōnen Twentieth Century Boys
Réalisateur: Yukihiko Tsutsumi
Acteur notoire: aucun

Plot: un scénario apocalyptique imaginé par une bande d’enfants est mis en place lorsqu’ils sont adultes.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Adapté du manga éponyme, 20th century boys est fait pour les fans du manga. L’adaptation est d’une fidélité époustouflante et montre un travail monstrueux côté réalisation afin de respecter l’original avec entre autre un casting le plus fidèle possible aux personnages dessinés. L’esprit manga y est tout à fait: les acteurs sur-jouent, le rythme est similaire et de façon général le sujet et le traitement de l’histoire sent le manga à plein nez.

Pour les incultes (dont je fais parti), l’histoire se déroule sur plusieurs époques: dans le passé (1967) pendant l’enfance des héros, dans un relatif présent (1997) à l’avènement de la « prophétie » puis dans un futur proche (environ 2015). L’histoire est vraiment super sympa, le héros doit décrypter son passé afin de sauver le monde d’une secte établie par un ancien ami d’enfance qui veut détruire le monde à coup de virus à hémorragie explosive, monstre mécanique… Donc oui, c’est très nippon tout ça, d’ailleurs le coup de la secte qui diffuse un virus à hémorragie explosive… sort tout droit des faits divers japonais: en 92 la secte Aum Shinrikyō est allée en Afrique au Zaïre pour tenter de récupérer une souche du virus Ebola. On me la fera pas à moi celle là. Pour le monstre mécanique… c’est juste inhérent à TOUS les manga!

Note: 20th century boys est une adaptation des tomes 1-5 et sera suivit en 2009 de 20th Century Boys, Chapitre 2 : le Dernier Espoir (tomes 6-15) puis de 20th Century Boys, Chapitre final (tomes 16-22).

Le film est vraiment fait pour les fans au détriment des autres spectateurs. Le poisson est complètement noyé entre les différentes époques, la multitude de personnages, le complot inhérent et faut l’avouer: la barrière culturelle (pourtant je ne suis pas étranger au ciné asiatique). Bref, c’est le bordel, les retournements de situation qui sont souvent prévisibles et le rythme assez lent (2h20 par film) n’aident pas à accrocher. Pourtant, le réalisateur a – un poilounet – adapté la structure du scénario aux exigences du format cinématographique, mais ça ne suffit pas. Ralala… les adaptations, toujours des mécontents :)

Tant mieux pour les fans, dommages pour les autres… parce que l’histoire est vraiment bien (virus, secte, enfant/adulte, apocalypse… que demander de mieux?). Je ne sais pas si je regarderais les suites… Après, je ne suis pas ultra-permissif aux manga / animés (même si j’en aime certains) peut-être que d’autres (moins fatigués) accrocherons plus.