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Drame

Hara-kiriAnnée: 1962
Titre original: 切腹 (Seppuku)
Réalisateur: Masaki Kobayashi
Acteurs notoires: Tatsuya Nakadai

Plot: l’honneur est sacré

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: Prix du Jury en 1963 à Cannes, Harakiri happe le spectateur dès les premières secondes pour ne le libérer qu’au générique final, satisfait d’un grand moment de cinéma. Je ne comprends vraiment pas comment ce chef d’oeuvre a pu perdre la Palme d’Or face au pale Guépard de Visconti… le manque de culture probablement.

Pour profiter du film sans le moindre spoil, arrêtez vous ici et précipitez vous sur une version HD.

Au début de la période Edo, le ronin Hanshiro Tsugumo (Tatsuya Nakadai) se présente au chateau de Kageyu Saito du clan Lyi avec une requête: qu’on lui permette de procéder au rituel du Seppuku (Harakiri) afin de sauver son honneur. S’ensuit un duel de récits entre Tsugomo et Saito, créant une tension captivante qui ne sera relâchée qu’en dernier recours, jubilatoire. Du plan sur l’armure de samouraï qui ouvre le film au même plan qui le clos, beaucoup de choses vont être révélées, mais rien ne va changer. Si ce n’est le regard du spectateur. Car le film, à l’image de Tsugumo, cache son jeu. Sous couvert d’un simple drame chanbara se délectant du code d’honneur des samuraïs, Harakiri se révèle être subversif et dénonciateur, mettant à mal des principes immuables. Acculé par la force du verbe devant son clan, Saito ne pourra répondre que par la force du sabre. Le shogunat, la hiérarchie, les castes et le code du samourai sont immuables et eux seuls resteront dans l’Histoire.

Hara-Kiri est avant tout un film magnifique. Le noir et blanc est splendide. La photographie nous estourbit de plaisir oculaire. Du temple épuré à la plaine balayée par le vent, un vrai bonheur visuel. Les plans sont hyper-soignés et la caméra est maitrisée à la perfection. Soin, maitrise et plans qui inspireront d’ailleurs d’autres prodiges tels Sergio Leone ou Quentin Tarantino. Au milieu de cette perfection, le jeu légèrement théâtral de Nakadai crève l’écran. Son regard et sa voix sont saisissants. Et le rythme. La 1e partie captivante nous colle à l’écran. Après un léger passage à vide lors du 2e récit de Tsugumo, on pense que Kobayashi s’essouffle… mais c’est pour mieux nous prendre à revers, dans une 2e partie jubilatoire. Bref…

Kobayashi signe un chanbara noir, engagé mais surtout grandiose, l’immortalisant au rang de maître. Kurosawa n’a qu’à bien se tenir…

a touch of sinAnnée : 2013

Titre original : Tian zhu ding

Réalisateur : Jia Zhang Ke

Acteurs notoires : Wu JiangZhao Tao

Plot : Une plongée dans une Chine sociale froide, brutale et individualiste

Liens utiles : IMDb, Allociné
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Mr Blonde : Assez déçu par ce film encensé par les critiques comme un des meilleurs films 2013, prix du meilleur scénario au festival de Cannes et repêché dans la sélection du Festival Télérama. Le film raconte le parcours de quatre citoyens lambdas, vivant dans quatre provinces différentes de la Chine contemporaine. Quatre destins dont le seul dénominateur commun est un dénouement dans la violence.

Le réalisateur prend le parti de mettre en scène la violence comme personnage principal du film au détriment des quatre personnalités, finalement peu approfondies dans ces quatre courts métrages, plus ou moins bien imbriqués les uns dans les autres.
On a l’impression de survoler les thématiques abordées comme la corruption, la prostitution, les conditions de travail… sans jamais rentrer dans le vif du sujet.

Les 20 premières minutes peuvent être dignes d’intérêt. La mise en scène y est fluide, l’humour noir et la gâchette facile. Ensuite, c’est l’accident! Le film freine des deux pieds et ça devient lent. Mais lent! Résultat on décroche, on s’enfonce dans son siège et les paupières deviennent lourdes! Les personnages sont passifs, insipides et sans âmes. On ne développe aucune empathie pour eux malgré leurs situations dramatiques dans lesquelles ils se sont fourrés eux-mêmes.

Je ne le conseille pas!

Mr Orange: avis par ici.

le loup de wall streetAnnée: 2013
Titre original: The wolf of Wall Street
Réalisateur:
 Martin Scorsese
Acteurs notoires: Leonardo DiCaprio, Matthew McConaughey, Jean Dujardin, Jonah Hill, Jon Favreau, Jon Bernthal, Kyle Chandler

Plot: courtier, ma vie, mon oeuvre.

Sources: IMDb & Wikipedia

Mr Orange: Scorsese/DiCaprio dépeignent la vie abracadabrantesque de Jordan « Wolfie » Belfort et nous offrent 3h de récréation à coup de grosse débauche. True story, d’après les aveux rédempteurs du principal intéressé.

Complètement pété de thunes, Wolfie n’a aucune limite, s’en donne à coeur joie et nous en met plein la vue. Atterrissage d’helico sous psycholeptique, partouze à 5000m d’altitude, lancer de nain à la pause café et autres joyeusetés de la vie. D’une ascension implacable… jusqu’à une chute inéluctable, on retrouve le traditionnel schéma narratif de Scorsese. Il offre ainsi une critique malicieuse d’un monde de la finance dirigé par des courtiers sous cocaïne, addicts aux millions de $, sans pour autant tomber dans un propos moralisateur infantilisant.

La performance de L.DiCaprio est, comme on s’y attend, au rendez-vous. Sa séquence de « retour à la maison » – pour n’en citer qu’une – est tout bonnement exceptionnelle. A l’appuis, une myriade d’acteurs plein de talents qu’on se complaira à reconnaitre / observer avec concupiscence. Si l’on doit n’en citer qu’un, c’est sans aucun doute M.McConaughey que l’on retrouve dans le rôle du mentor dés-humanisateur. Il a le vent en poupe en ce moment et sait le justifier, son impro’ du murmure guerrier est tout bonnement exceptionnelle.

Un bon divertissement bien alambiqué.

NB: Avec un peu de chance, on peut se moquer des quelques ignares / petits saints qui se barrent en pleine séance sans avoir compris le propos / choqués par tant de dépravation.

HappinessAnnée: 1998
Réalisateur: Todd Solondz
Acteurs notoires: Philipp Seymour Hoffman

Plot: les joies du New Jersey

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: La découverte de Todd Solondz (clic) m’a incité à fouiner parmi  sa filmographie. Et je n’en suis pour le moins pas déçu, au contraire. Ce cinéaste indépendant américain saura semble-t-il toujours me surprendre. En bien.

Pendant un peu plus de 2h qui se font a peine sentir, nous suivons 3 frangines et leur petit cosmos pendant une vie de tous les jours des plus banales. Et que dire si ce n’est que c’est succulent. Dans un univers acidulé, des protagonistes tous plus misérables les uns que les autres évoluent au rythme de dialogues exquis. Et c’est drôle. Je parle d’humour noir, de second … que dis-je, de tierce degré. Le rire pourrait être jaune, mais l’absurdité, auront raison de tout malaise. Oui, nous atterrissons dans un univers où le pathétisme règne en maître, où le sordide… que dis-je, le glauque est exultant. Mais pour notre plus grande joie, Mr Solondz a l’immense talent d’offrir les meilleures scènes en jouant sur la pire des infamies.

Billy Maplewood: I came.

C’est avec un cynisme inégalable que Todd Solondz nous divertit dans ce cinéma non-conventionnel. Ames sensibles s’abstenir.

Mieux, ce film a une suite: Life during wartime. 10 ans plus tard, nous retrouvons les 3 frangines  pour de nouvelles aventures rocambolesques. Oui, du ciné indé avec des suites, c’est pas anodin hein?

Mary et maxAnnée: 2009
Titre original: Mary and Max
Réalisateur: Adam Elliot
Voix notoires: Toni Colette, Phillip Seymour Hoffman, Eric Bana

Plot: correspondance entre Mary et Max

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Fort de l’expérience de 4 courts-métrages ayant écumés les festivals, Adam Elliot signe un premier long métrage: splendide. A base de pâte à modeler et autres bidules, il recrée un univers sobre et désenchanté afin de servir son propos humaniste garnis d’humour.

Mary, petite fille australienne de 8 ans évoluant dans une gamme de marron, initie une correspondance avec Max, un aspie New-Yorkais de 44 ans évoluant dans une gamme de gris. Leurs points communs: ce sont deux solitaires rejetés par leurs pairs. Ainsi, par lettres interposées, chacun raconte sa petite vie en voix off et une amitié improbable se forme.

Fondamentalement, il ne se passe pas grand chose. Mais la narration est dynamique, accompagnée d’une excellente bande son et surtout comique, ce qui permet de supporter la douleur du sujet: solitude, rejet, alcoolisme,… la liste est bien longue pour un film d’animation en apparence si léger. Adam Elliot a le don de les conter de la plus drôle des façons: mêlant humour noir, poésie et désinvolte.

Très bon film d’animation pour adultes amoureux du chocolat.

La paradeAnnée: 2012
Titre original: Parada
Réalisateur: Srdjan Dragojevic
Acteur notoire: aucun

Plot: gangster & gaypride en ex-yougoslavie

Sources utiles: AllocinéIMDb

Champs-Elysées Film Festival: Clôture, avant-première

Mr Orange: Le cinéma Serbe se développe doucement, mais surement. Vous avez probablement entendu parler du controversé A Serbian Film, qui a buzzé grâce à ses excès. On ne peut qu’espérer un destin similaire à La parade après une belle avant-première… mais pour son humour, son message de tolérance.

Les balkans portent encore les cicatrices de la guerre. Les Serbes, Bosniaques, Croates, Albanais.. s’haïssent les uns les autres. Cependant, malgré leurs différents, ils s’accordent sur un point: personne n’aime les pédés. C’est dans ce contexte que quelques courageux illuminés tentent tant bien que mal d’organiser une Gay Pride dans les rues de Belgrade… face à des hooligans voulant casser d’la pédale. Ayé, j’ai tué l’ambiance? Et pourtant, il s’agit d’une fabuleuse comédie.

Comédie qui joue sur le choc de culture entre un gangster ultra-brutal accessoirement homophobe et une bande d’homo décomplexés. Raison d’un tel rapprochement? La bonne femme du gangster est amie avec nos chers manifestants. Et à force de tourner l’homophobie au ridicule, notre gangster national va se lier d’amitié avec des pédés, malgré lui… forcément.

Un ton humoristique pour traiter d’un sujet sérieux. Quel meilleur choix que d’aborder le sujet de tolérance dans une région fracturée par les différences? Un vrai petit bijoux d’humour et de leçon de vie.

Année: 2011
Titre original: God bless america
Réalisateur: Bob Goldthwait
Acteurs notoires: Joel MurrayTara Lynne Barr

Plot: roadtrip sanglant purifiant l’amérique de ses abrutis.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Derrière ce titre suintant le vomi patriotique se cache une superbe comédie noire acerbe, taillant les USA, les américains et leur culture brainless centrée sur la télévision, youtube et cetera… personnifiée ici par la télé-réalité.

Frank, type lambda, divorcé, cancereux, viré… s’exaspère devant la débilité profonde des programmes télévisés qui s’offrent à lui, la débilité de ses concitoyens, leur méchanceté, leur impolitesse, la civilisation dé-civilisée… et va lever les armes contre ses compatriotes. D’abord simple fantasme, quelques déclics vont suffire à le lancer dans une quête inquisitrice épaulé par une jeune et jolie nenette atteinte d’ADHD passant son temps à haïr toute la stupidité humaine.

Petite blague: les Français sont cités en argument d’autorité, connus pour leur répulsion notoire de l’amérique et sa culture coca-cola.

Qu’on soit d’accord, c’est complètement amoral, un bébé se fait décomposer à coup de shotgun en masque de beauté sanguinolent pour sa mère dans les premières minutes. C’est d’ailleurs le seul nuisant que l’on ne voit pas recevoir son projectile fatal… limite définie par le réalisateur qui devait juger que la polémique soulevée par son film suffisait amplement pour ne pas montrer ceci à l’amérique puritaine.

Tueurs nés qui a percuté Michael Moore et Live ! ? Frank et Roxy les Bonnie’n Clyde version 2010 ? Peu importe, c’est drôle, ça ouvre en 2 l’aculture… encore mieux que l’auto-masturbation devant Confessions Intimes.

Année: 1977
Titre original: Rolling thunder
Réalisateur: John Flynn
Acteurs notoires: William Devane et Tommy Lee Jones

Plot: vengeance crochue

Source utile: IMDb

Mr Orange: Film d’exploitation haut de gamme, Rolling thunder se paye le luxe d’un joli staff: scénario de Paul Schrader connu pour avoir signé des scénarios Scorsesiens (Taxi driver et Raging bull), un Tommy Lee Jones au talent latent bien que méconnu à l’époque et William Devane vu dans Stargate SG-1 et toute une flopée d’autres séries qui montre sa capacité à revêtir un rôle principal avec brio.

Éternelle et sacro-sainte histoire de vengeance donc. Le Major Charles Rane, vétéran du Viêt Nam, retourne parmi les siens après 7 ans d’incarcération et de torture notoire. Acclamé par une fanfare, il retrouve une femme qui ne l’aime plus et un fils qui ne le connait pas. Peu importe, les tortures quotidiennes ont eu raison de l’âme du Maj. Rane formidablement interprété par W. Devane qui reste de marbre dans la douleur. Problème, quand de petits malfrats vont s’en prendre à sa famille et à lui-même, il va faire ce qu’il sait le mieux faire: tuer. Et pour ça, il va trouver un allié en Johnny, qui sort du même enfer que lui et va l’épauler dans une apothéose macabre.

Pour assouvir nos petits plaisirs simples, Tommy Lee Jones s’essaye déjà à la personnalisation de ses dialogues:
Prostitute: What the fuck are you doing?
Johnny: I’m gonna kill a bunch of people.

Rolling thunder est aussi un des petits favoris de Q. Tarantino qui a nommé la Rolling thunder pictures en hommage au film. Boite de distribution qui a permis de diffuser des films étrangers tels que Chungking express, le chef d’oeuvre de Wong Kar-waï et le bien-aimé Sonatine de Takeshi Kitano… ou de ressortir des vieux films d’exploitation (Switchblade sisters, Detroit 9000, The beyond).

Une vengeance légitime qui n’a pas honte de sa violence, de bons acteurs, donc un bon film.

 

 

Et paf, prenez-vous un peu de folklore Brésilien dans les mirettes !

La cité de Dieu c’est quoi? Le film brésilien. Celui qui a conquis la scène internationale, s’est valu de nombreuses nominations et a raflé quelques prix. Celui qui s’octroie la 20e place du top 250 d’IMDb… alors que le 1er film frenchy est Léon en 32e position!! Celui qui a permis à Fernando Meirelles de se voir offrir la réalisation de The constant gardener. Celui qui a débouché sur une série, La cité des hommes / Cidade dos homens et un film éponyme. Bref, le film brésilien à voir.

Cidade de Deus c’est quoi? L’histoire de petits garçons des 60’s issus d’une favela de Rio de Janero qui deviennent des hommes dans les 80’s. Certains optent pour la violence, certains font avec, certains essayent de la fuir. Avec un casting autochtone, une superbe photographie et une histoire mêlant une foule de protagonistes, on obtient un film violent, complexe et touchant.

Mr Orange

Année: 2012
Titre original: The Angels’ Share
Réalisateur: Ken Loach
Acteur notoire: aucun

Plot: une jeunesse désillusionnée découvre le whisky

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Dernière tournée de Ken Loach, La part des anges fait hommage au whisky, le bon, le vrai sur fond de détresse sociale (un Ken Loach reste un Ken Loach… ) dans le format d’une comédie dramatique orchestrée d’une main de maître. Le prix du Jury de Cannes 2012 est loin d’être volé.

Ouverture comique sur l’énumération des chefs d’inculpation d’une tripotée de rebuts de la société. Kenny donne le ton… mais n’oublie pas de nous rappeler que le meilleur des mondes n’existe pas dans son monde: la réalité. Ainsi se crée une tension pesante accentuée par notre connaissance de la capacité du Ken à envoyer du drame en spray. C’est ainsi qu’il nous mène par le bout du nez, entre rire, effarement, tension, soulagement, émerveillement… et instruction en bonne et due forme.

L’Ecosse, ses accents, ses saveurs, ses paysages, un de ses châteaux, sa culture (sauf pour certains) pour redorer une jeunesse sans avenir dans un film sacrément bien foutu soutenu par de bons acteurs souvent castés « sur le tas ».

Ressentir un petit frisson à l’ouverture d’une bouteille de whisky, ça n’a pas de pris.

Année: 2010 (US) 2013 (Fr)
Titre original: Tabloïd
Réalisateur: Errol Morris
Individus notoires: Joyce McKinney

Plot: « affaire du Mormon menotté

Sources utiles: IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le prix du Public
Note donnée: coup de coeur, 4/4

Mr Orange: Sacré caractère: touchante victime ou machiavélique manipulatrice, quoi qu’il en soit obsessionnelle, Joyce McKinney est au centre de l’attention dans ce documentaire qui revient sur le fait divers qui a marqué sa vie, voir plus si affinités. Errol Morris, en bon maitre de cérémonie, aborde l’affaire qui a enflammé l’Angleterre durant les 70’s en réunissant divers protagonistes impliqués dans l’affaire… sauf Kirk, le Mormon menotté, qui a préféré garder le silence. Joyce McKinney, la folle amoureuse, Troy Williams, un Mormon éclairé vulgarisant ses doctrines, 2 journalistes: Peter Tory pour le Daily Express et Kent Gavin pour le Daily Mirror… tout ce petit monde nous éclaire avec des avis très divers

Ceux qui n’avaient pas atteint l’âge de la raison à l’époque se demandent peut-être: mais, quelle fameuse affaire? Celle d’une reine de beauté qui est tombé amoureuse d’un Mormon jusqu’à passer une Lune de miel dans un magnifique petit cottage gallois / le kidnapper, séquestrer et violer avant que le Mormon ne retourne parmi les siens. Choisissez votre version préférée, la vérité se cachant ailleurs.

Succulamment monté, dynamique et drôle, Tabloïd est un mélange d’interviews actuelles, de rares anciennes, de titres de journaux – tabloïds évidement – et de clichés appuyant le propos, accompagnés d’illustrations tournant en dérision les témoignages quand ils ne se suffisent pas d’eux même. Parce qu’au delà de l’intérêt racoleur du topo – avouez qu’une histoire de bondage entre une bimbo frivole et un Mormon ça décoiffe -, le documentaire confronte et décortique les points de vues dans une veine recherche de vérité relevant la risibilité de chaque parti. Que ce soit la nympho obsessionnelle amoureuse, le mormon ayant un appétit sexuel réprimé par sa communauté inflexible et notoirement toqué ou les journalistes usant leurs talents aux services de la Livre Sterling… tout le monde en prend gentiment pour son grade.

On peut y voir une subtile critique de la presse à scandales ou de l’Eglise Mormone, un pamphlet sur la psychologie d’une bimbo… ou simplement un documentaire drôle et rafraîchissant. Ca change de la fiction (établie) et ça se conseille sans soucis.

Année: 2012
Titre original: Cherry
Réalisateur: Stephan Elliot
Acteurs notoires: Ashley Hinshaw, Heather Graham, James Franco, Dev Patel, Lili Taylor, Diane Farr

Plot: romances d’une apprentie pornstar

Sources utiles: IMDb Ne pas lire le synopsis qui traine sur Allociné & cie

Champs-Elysées Film Festival: avant-première US

Mr Orange: Après la récupération d’une actrice porno par le cinéma indé (Girlfriend experience), voici le cinéma indé qui s’épanouit dans l’univers de la video pour adulte au travers d’Ashley Hinshaw qui apporte bien plus que sa plastique au métrage.

Point de vue incongru. D’un côté Angelina/Cherry a l’archétype de la vie pourrie: mère alcoolique, beau-père peu recommandable… la totale. Le cliché de l’origine de l’actrice pornographique. Seul point positif: elle a un corps à faire rougir un coquelicot. D’un autre côté, elle entre tout en douceur, par choix, parce qu’elle veut plus d’argent (sans en avoir besoin), tout simplement parce qu’elle y trouve son bonheur… (et aussi parce qu’elle tombe dans de bonnes mains.) Le cliché de la pornstar post-modern. Conclusion, l’industrie du cul serait salvatrice? Si l’on souhaite réellement s’isoler sur cette planète à part…

Ashley Hinshaw porte le film sur ses épaules, et le porte bien. Parce qu’il est important d’en parler dans de telles circonstances, oui, les plans boobs sont de rigueur. Mais pas inutiles. La caméra ne s’attardera pas tant que ça sur son corps qui va forcément se découvrir régulièrement. Formatage personnel ou talent de réalisation? Toujours est-il qu’on ne ressent pas le besoin d’en voir plus. Jusqu’à vouloir tendre un peignoir à l’actrice, protéger son innocence. Sentiment absent lors de la scène dans la cuisine… talent de réalisation? D’abord timide, elle finit par prendre son pied à son taff, avançant doucement mais surement: photo, solo…

C’est clairement le jeu d’Ashley Hinshaw qui justifie ce film au thème sulfureux. Un obscurantiste peut y voir une apologie du p0rn, on peut aussi y voir l’histoire de Cherry, inspirée de Lorelei Lee, co-scénariste. Cependant, Stephan Elliot a beau avoir trouvé la poule aux oeufs d’or avec son actrice principale qui sait jouer et accepte de s’exposer, Cherry est peut-être trop ambitieux, souffrant de son propre sujet qui ne peut être montré.

Année: 2011 (US), 2013 (Fr)
Titre original: Luv
Réalisateur: Sheldon Candis
Acteur notoire: Common, Dennis Haysbert, Charles S. Dutton, Danny Glover, Meagan Good, Michael Kenneth Williams

Plot: un gamin solitaire trouve un modèle en son oncle qui tente d’effacer un passé tumultueux

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le prix du Public
En présence du réalisateur
Note donnée: très bien, 3/4

Mr Orange: En voilà un premier film qui réunit un joli cast. La recette de la potion magique? Un bon script qui attire les acteurs aimant jouer, dixit Sheldon Candis, qui tire cette histoire de son expérience personnelle: un des co-créateurs de The wire anciennement chargé de la surveillance de son oncle, lui a appris que c’était une figure du trafic de drogue et un manipulateur, utilisant son neveux pour écarter toute suspicion lors de ses excursions.

De cette ligne de fond, ressort une fiction aux multiples facettes dirigée non sans un certain lyrisme mêlé d’une tension latente. Amour entre un enfant et son modèle, quête de rédemption dans un milieu impitoyable, déclaration d’amour au crabe à une ville: Baltimore, recherche d’une mère absente et leçon de vie. Tout ça, et bien.

Les plans sont magnifiques, la musique est juste, la narration est bien menée… Sheldon Candis un type très sympa et prometteur qui pourrait avoir la finesse de réaliser un de ses futurs projets avec talent, Oliver Twist façon hip-hop, pour remettre une vieille histoire au goût du jour, sans tomber dans le mauvais goût. Affaire à suivre.

Année: 2009 (US), 2012 (Fr)
Titre original: After.life
Réalisatrice: Agnieszka Wojtowicz-Vosloo
Acteurs notoires: Liam Neeson, Christina Ricci

Plot: décédée, Anna n’accepte pas sa mort.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: avant-première US

Mr Orange: Retour de la fantomatique Christina Ricci dans un thriller ésotérique épaulée par un Liam Neeson, amical maître de cérémonie macabre. En plus de nous offrir des vues imprenables sur son corps dénudé – alerte plan boobs ! -, la frangine de la famille Adams nous salue de son éternel jeu exemplaire. Question, ne daignerait-elle point jouer un peu plus souvent?

Suite au pire qui pro quo, Anna meurt bêtement dans un accident de voiture. Mort qu’elle ne digère pas. Grâce à un don qui le hante, Eliot va tenter d’accompagner Anna afin qu’elle puisse reposer en paix pendant qu’il prépare son corps. Exploration d’un métier occulté et au centre du moment très intime qu’est la phase de deuil, pour les vivants… et pour les morts.

Mais sous un faux air de fantastique ne se cacherait-il pas une cruelle réalité? Cette dualité va croître au fur et à mesure que des preuves des 2 théories nous seront distillées, créant un doute inavouable… dans lequel réside tout le génie du film. spoiler [ la vérité est (entre autre) dans les boobs de Christina Ricci ]

Thriller original porté par des acteurs chevronnés mais souffrant de quelques longueurs.

Année: 2012
Titre original: Keeps the lights on
Réalisateur: Ira Sachs
Actrice notoire: Julianne Nicholson

Plot: une décennie de romance homosexuelle

Sources utiles: Allociné & IMDb

Champs-Elysées Film Festival: en lice pour le Prix du public
Note donnée: bien, 2/4
En présence du réalisateur 

Mr Orange: Inspiré de la vie d’Ira Sachs, Keep the lights on conte l’histoire d’un couple New-Yorkais pas très gai. Rongés par des dépendances solitaires, Erik et Paul forment un couple autodestructeur qui se forme et se déforme. Film homo oui, mais pas que. En terme d’amour, on est tous à la même enseigne.

A la fois force et faiblesse, le film prend le parti de montrer les bêtes noires sans honte ni secret: sexe, drogue, mensonge… Force évidente, il est de ce fait très juste, retraçant le quotidien d’un jeune gay de la fin du siècle dernier, emprunt d’une addiction au sexe. En l’occurrence les scènes de sexe sont loin d’être éclipsées, filmées à l’européenne dès le début du tournage afin d’unifier l’équipe, dixit Ira Sachs. On félicitera d’ailleurs les acteurs, inconnus au bataillon: Thure Lindhardt & Zachary Booth, le 1er nommé apportant une réelle fraîcheur par son jeu exemplaire. Le 2d, incarne sagement un crack-addict, Némésis d’Erik qui ne sait plus où donner de la tête. Mais c’est aussi une faiblesse. Le film en ressort relativement plat, les éléments perturbateurs sont presque banalisés, aboutissant à un manque de dynamisme ennuyeux.

Petit fait amusant: le film à reçu un Teddy à la berline 2012 – meilleur film LGBT -, Erik reçevant aussi un Teddy dans le film.

De gros points forts entachés d’une faiblesse non négligeable, rapport qui s’illustre dans la garniture du film: une excellente musique en face d’un générique d’introduction complètement dégueulasse.