Année: 2012
Titre original: Serbuan maut
Réalisateur: Gareth Evans
Acteur notoire: aucun

Plot: une équipe de policiers d’élite prennent l’assaut d’un immeuble, repaire d’un baron de la drogue.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Parti chercher la gloire en Asie, le réalisateur gallois Gareth Evans semble avoir trouvé son Graal avec The Raid qui surfe sur la vague du succès. La recette: une histoire ultra-bidon, 1h40 d’action pure et dure, façon indonésienne, point. C’est tout con, et ça marche… relativement.

Plus ou moins connus dans leur contrées, les acteurs desservent l’art martial autochtone, le silat. C’est brutal, ça tape dur… et nous surprend de temps à autre par des mouvements originaux. Armes à feu, armes blanches, mains nues… tout est bon. Le réalisateur s’est d’ailleurs amusé à illustrer l’expression “bringing a knife to a gunfight”. L’action est bien filmée, ça défourraille, rythmé par de l’electro, c’est sympa et parfois drôle… bonus pour l’infernal Mad Dog.

Ce n’est cependant pas la claque attendue. Ca ne vaudra pas un bon Crank. Des mecs qui se tapent dessus, même si ils changent d’arme… au bout d’1h40, ça devient un peu long. Et ce n’est pas le semblant d’histoire, avec des semblants retournement… qui rattrape pas non plus l’affaire, ça ne fait pas trop tâche et c’est déjà pas mal. 1h20 encore plus brainless auraient été plus appréciées. Plus d’originalité dans la réalisation/narration aurait probablement payé.

Bilan, c’est sympa… mais de là à l’ériger au rang de “pure action. déjà culte”, y’a des limites.

James Bond un jour, James Bond toujours. Aujourd’hui, c’est L’espion qui m’aimait, le film qui a introduit Requin / Jaws. Après Dangereusement vôtre (1985) encore une séquence d’introduction à ski, et quelle séquence !

A défaut de nous offrir une poursuite à ski égalant son héritière, L’espion qui m’aimait (1977) mets en scène une cascade inédite à l’époque et très peu reproduite depuis. La séquence est jonché des petits gags habituels et sublimée de merveilleux plans bidons de Roger Moore sur des skis. Mais surtout… elle se termine par un BASE jump à ski… avant même que le BASE jump n’existe en tant que tel (à 2 ans près). On doit la cascade à Rick Sylvester qui a improvisé un saut du haut du Mont Asgard, Canada. Magique.. et l’ouverture sur l’Union Jack est la cerise sur le gâteau.

Séquence d’introduction

Mr Orange

Actualité de Mr Brown

Si vous êtes adepte, tout comme moi du cinéma d’horreur, ceci a déjà dû vous arriver : dès que vous voyez un mioche apparaitre à l’écran, vous savez que le film va être plus angoissant que prévu.

Les enfants ont cet aura mystérieuse, un pouvoir inconnu de nous, adulte qui nous fiche les chocottes. Ils sont la naïveté et l’innocence incarné, ainsi, si par malheur ils ont la désobligeance de devenir maléfiques, notre petit cerveau formaté est tout brouillé. Un vrai traumatisme !

Par bonheur, un gentilhomme répondant au nom de Paul Schneider a eu l’idée de compiler toutes les apparitions d’enfants terrifiants.

De quoi nous donner envie de revoir nos classiques (L’exorciste, Village of the Damned, The Shining, L’orphelinat…).
Egalement d’hurler de terreur…

Chronique de Mr Brown

Titre original : Honogurai mizu no soko kara

Année : 2002

Réalisateur : Hideo Nakata

Acteur notoire : Néant

Sources utiles : IMDb, Allociné

Hideo Nakata, le réalisateur de Ring, nous livre un film d’ambiance très particulier avec Dark Water.

Yoshimi Matsubara est en instance de divorce, et élève seule sa fille de six ans, Ikuko. Pour améliorer leur qualité de vie et prendre un nouveau départ, Yoshimi décide d’emménager dans un nouvel appartement, plus grand. Mais, les lieux se révèlent très vite insalubres. De l’eau commence à tomber du plafond, puis des bruits se font entendre à l’étage supérieur. Chaque goutte d’eau menace alors de faire basculer la fragile Yoshimi dans la folie.

Je m’attendais à un film d’horreur, dans la même veine que Ring. Il s’avère que Dark Water n’en est pas vraiment un. Il s’agirait plutôt d’un film d’angoisse, avec une pression qui va crescendo. On part de cette malheureuse tâche d’humidité en passant par un mystérieux et sinistre sac rouge, pour déboucher sur un final dérangeant et triste. Certes, on comprend assez vite où le réalisateur veut en venir, mais on reste surpris par la conclusion, par le dénouement (si c’en est vraiment un) des mésaventures de Yoshimi.

L’ambiance est malsaine et empire, parallèlement à l’état de l’appartement. Cette tâche qui s’étale, la folie de Yoshimi qui grandit. Vous ne resterez pas indifférent à cette plongée dans l’enfer pesant et oppressant de l’immeuble et de la psychose.

Pour conclure, Hideo Nakata nous offre un drame intimiste et bouleversant,  tout en finesse et retenue. Du grand art.

Année: 2012
Titre original: Prometheus
Réalisateur: Ridley Scott
Acteurs notoires: Michael Fassbender, Charlize Theron, Noomi Rapace

Plot: expédition dans les confins de l’espace, 30 ans avant Alien le 8e passager.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Après tant d’attente et d’espérances, Prometheus est enfin sorti sur les écrans. Difficile de parler de Prometheus sans  dévoiler une once du film, pour les psychopathes (dont je fais parti) voilà un bilan spoil-less du chestburst du nouveau bébé de R. Scott: de bonnes grosses surprises, la fête dans les méninges et de la 3D qui déboite sévère. La suite est à vos risques et périls.

Note à ne pas prendre à la légère: revoir la saga Alien n’est pas un luxe, dossier ici. On retrouve parfaitement l’univers que l’on est venu chercher ainsi que les petits codes habituels. Le titre du film apparait de la même façon que dans le 8e passager - il semble bien y avoir 17 bâtonnets. On a droit à un super panier de basket – l’avenir nous dira si M. Fassbender a renouvelé sur son vélo l’exploit de S. Weaver de dos sans effets spéciaux dans la 1ère série de prises (Alien, la résurrection). L’inévitable lance-flamme est de retour… j’en passe et des meilleurs. Bref, sachez que l’univers colle à merveille.

Enorme satisfaction: les effets spéciaux et… la 3D !! C’est tout bonnement splendide, meilleure 3D all-time. Pas un pixel de travers. Avatar peut aller se coucher, c’est magnifique, c’est génial… ça envoie du bon gros steak en barquette de 12. La 3D a peut-être un avenir finalement. Fracture oculaire assurée. Qu’on le note dans les annales, première fois que je dis: à voir absolument en 3D. Jubilatoire. In your face !!

Après Ash, Bishop et Call… David aka M. Fassbender en androïde inspiré par Lawrence d’Arabie est bluffant dans sa quête d’âme, il trouve le besoin de passer le temps, développe une curiosité… oscille entre soupçons d’humanité et exécution de ses assignations. Gros point fort du casting volant la vedette aux autres qui suivent pourtant. Elizabeth s’avère être une fidèle héritière de Ripley… on passera sa scène avec Charlie un poil trop mielleuse même si nécessaire. A l’inverse, celle entre Vickers, reine de glace à la carapace bien fine, et Janek, le bon samaritain, répond jubileusement à la saga. On aime.

Le poisson était brillamment noyé… et l’on a finalement bien affaire à un (presque) préquel de la saga. On est oppressé dans un univers hostile, inconnu… et nous ne sommes pas seuls, un liquide noir en veut à notre peau! (X-files?!) Et pourtant, on ne retombe pas dans la traditionnelle ”chasse à l’homme” avec pleins de xénomorphes accrochés au plafond, pas mal. Rappel de la saga sans tentative de réitérer l’exploit. Bien vu. Côté intellect, le propos s’oriente vers l’éternel duel entre science et religion qui se refuse tout terrain d’entente. La foi aveugle de l’homme qui butte irrémédiablement contre la sélection Darwiniste des xénomorphes (et de leurs proies), s’adaptant à tout ce qui leur tombe sous les dents. Coup de coeur pour ce retour aux origines de l’espèce suivit d’une révision de ses tribulations. Mais la motivation de la mission, la recherche du divin créateur m’a empêché de réellement m’identifier au Pr Chaw… on verra ça dans le prochain épisode.

De la tension, du gore, de l’action, du background… c’est bien, mais on en veut plus nom d’une pipe, on veut de de l’horreur (à tord), de l’épique (à juste titre). C’est bien, c’est pas mal du tout… mais où est passé la grosse baffe? On a ce que l’on attend, c’est génial, mais on reste un peu sur sa faim.  C’est bien de reprendre un peu du film initial, c’est bien de créer du nouveau, mais on en veut PLUS !! Bande de fans insatiables que l’on est. De plus, de petites incohérences titilleront les puristes: un vaisseau embarquant un service de sécurité usant de lances-flammes (en dehors de la référence c’est pas un peu téléporté?) mais exempt de gros canon à plasma subliminal en vue d’un éventuel combat spatial? Et le film laisse plein de blancs. D’autant que la narration est un peu expéditive par moments. On balayera l’avance technologique du Prometheus sur le Nostromo d’un revers de “vaisseau high-tech pour multi-milliardaire en villégiature (en 2089)” VS “vaisseau industriel pourrave (en 2122)”. Ouf, on est sauvé du pire.

Grosse claque visuelle, 3D de rigueur. Le préquel qu’on attendait pas, chainon manquant ouvrant sur de nouvelles aventures vers l’infini et l’au-delà avec des questions en suspend. Ca poutre, c’est un excellent film de S-F, mais un poilounet insuffisant. Pour les fans avant tout.

Maintenant que le monstre est passé, voici où trouver les vidéos bonus, aka les rejetons de la campagne publicitaire virale: youtube

Mr Ridley laissant une petite place à l’imaginaire, une discussion/explication n’est pas superflue: spoiler [ l'idée que le film puisse être l'exact préquel de la saga est séduisante: un Space Jockey/Ingénieur renégat empêche ses semblables d'éradiquer l'humanité en retournant leur propre arme biologique contre eux sur la base d'invasion et un vaisseau en U potentiellement contaminé décolle avant de s'écraser sur une planète 30 ans avant que le Nostromo passe dans le coin... pour subir des dommages collatéraux, d'autant que le message final du Pr. Chaw pourrait expliquer la déviation du Nostromo. Mais... non: le vaisseau en U n'a pas de Space Jockey chestbursté aux commandes et surtout Prometheus se passe sur LV-223, tandis qu'Alien le 8e passager se passe sur LV-426. Un vaisseau aurait décollé (avant le film en question) d'LV-223 - le labo militaire d'origine - avant de s'écraser sur LV-426 suite à l'éclosion d'une reine xénomorphe? Ce qui expliquerait la divergence de l'alien clôturant le film?  (prévenir de tout spoiler dans les commentaires, merci) ] … regarder les commentaires pour de plus amples explications.

Bonus: la double hélice de l’ADN et les mitoses en 3D splendide sur écran géant… et la comparaison au virus Ebola… ou comment R. Scott a su m’achever.

Retour au grand chef Ennio Morricone, icône inévitable des (bonnes) bandes originales. On sort des westerns et autres films italiens obscurs avec Mission, Palme d’or 1986, un film anglais magistral traitant du partage des terres au 18e entre espagnols et portugais en Amérique du Sud au dépend des autochtones en suivant un prêtre jésuite, Jeremy Irons, et un ancien chasseur d’esclave en quête de rédemption, Robert de Niro.

Petite anecdote gratuite: la majorité de l’équipe du film a contracté la dysenterie – aka une chiasse monumentale due à une contamination fécale des aliments – au cours du tournage… sauf R. de Niro. Chanceux ou malin?!

Une bonne grosse claque musicale qui sublime un film d’autant plus fort. Allez-y, tendez la joue…

Evidement, tout l’album est génial, mais je conseille particulièrement d’écouter Asuncion et Misere ;)

Mr Orange

Oyé oyé damoiseaux et demoiselles!

Parce que nous nous aimons, parce que vous nous aimez… mais surtout parce qu’on nous les a réclamé, voici les patrons des fameux tee-shirts que nous arborons fièrement!

Pour clarifier, il s’agit d’un nuage de Tags/Catégories dans les 6 couleurs de l’équipe de gangsters avec un des 6 gangsters en badge (face), de la tagline et l’adresse du blog (dos). Support: tee-shirt homme/femme, col en V ou non, couleur noire de préférence… ou tout ce que vous voulez.

Le plan est le suivant:
1/ vous nous envoyez un mail (adresse en bas de la colonne de droite) en précisant quelle identité vous souhaitez : Mr Blonde, Mr Brown, Mr White, Mr Orange, Mr Pink ou Mr Blue.
2/ on vous envoie des patrons utilisables (.png, maxi format) dans un délai relativement court (<24h à vue de pif).
3/ allez dans une boutique de personnalisation de tee-shirt de votre choix.
4/ (facultatif) on accepte tout paiement sur notre compte PayPal (toujours la même adresse) pour nous aider à améliorer notre petit bébé sans publicité.

Mr Blonde & Orange

1979 / Alien, le 8e passager (director’s cut) / Alien
de Ridley Scott
avec Sigourney Weaver, John Hurt, Ian Holm, Tom Skerritt
1986 / Aliens, le retour (version longue) / Aliens
de James Cameron
avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Bill Paxton, Mark Rolston
1992 / Alien 3 (assembly cut) / Alien 3
de David Fincher
avec Sigourney Weaver, Charles S. Dutton, Charles Dance
1997 / Alien, la résurrection / Alien resurrection
de Jean-Pierre Jeunet
avec Sigourney Weaver, Dominique Pinon, Ron Perlman…

Plot: des xénomorphes se reproduisent au dépend des humains

Sources utiles: Wikipedia et tous ses liens

Mr Orange: En prévision de la sortie imminente de Prometheus, voici un petit dossier sur la saga Alien, monstre de S-F. Pré-requis: chaque film de la saga existe en plusieurs versions, un vrai foutoir (cf fin de l’article). Attention aux spoilers d’un film à l’autre.

Alien, le 8e passager (director’s cut) - horreur
De l’horreur spatial comme cela n’a jamais été égalé, un bijoux de science-fiction. Le 8e passager – en oubliant le chat – est un monstre indétrônable, le bébé de H. R Giger, l’énorme point fort du film avec la mystification d’une créature que l’on ne voit finalement que très peu. Le petit point faible – parce qu’il en faut toujours un – serait la lenteur cosmique du premier tiers… où c’est moi qui était trop pressé? Peu importe, l’ambiance spatiale est envoûtante, l’exploration du vaisseau extraterrestre et la tension croissante qui s’en suit sont exquis, nous scotchant littéralement devant l’écran. Autre point fort: Ellen Ripley, combattante déterminée à survivre qui crève l’écran, que ça soit à coup de lance-flamme ou en petite culotte… elle ne laisse personne indifférent, xénomorphe compris. Ridley Scott signe son premier chef d’oeuvre, culte.

“Dans l’espace, personne ne vous entend crier”

Aliens, le retour  (version longue) - action / horreur
Plus qu’une révision musclée du genre par Mr Cameron,  Aliens enrichit considérablement l’univers de la saga que Mr Scott n’avait qu’esquissé. Sauvée in extremis, Ripley est renvoyée au casse-pipe avec une bande de militaires qui en portent des grosses. Occasion de développer la biologie des xénomorphes… mais aussi le personnage de Ripley au travers de sa relation avec Newt. Soulignons au passage que c’est le seul film de la saga qui se permet d’avoir une affiche vraiment dégueulasse. Retrouver Michael Biehn en prof’ de tir juste après Terminator est un vrai petit plaisir. Autre plaisir, il s’agit d’alien DEUX, il va donc de soit que Ripley s’équipe pour sa traditionnelle chevauchée solitaire de DEUX armes lourdes. M’enfin peut importe le nombre et la taille des armes, nos xénomorphes sont toujours là pour rappeler qui sont les patrons et assurer une tension mystique tout au long du film. Culte, encore.

Alien 3 (assembly cut) - horreur
Le film qui est passé dans toutes les mains, a eu tous les scénarios avant de tomber dans les mains d’un David Fincher… qui n’a pas eu le final cut et a finalement renié son 1er film. On s’en sort pas si mal que ça, si on évince l’énorme déception du le sort réservé au Cap. Hicks et à la jeune Newt. On quitte l’action pour un “retour aux sources”, avec un alien à 4 pattes tout de même plus visible… et plus agressif. Bien que sommaire sur le background, Alien 3 envisage une variation dans le développement des xénomorphes en fonction de l’espèce hôte. Enorme coup de coeur pour la course-poursuite dans les couloirs avec le point de vue du xénomorphe qui se déplace indifféremment sur le sol, les murs, le plafond… et le dernier tiers du film en général. L’ambiance prison industrielle auto-gérée est finalement bénéfique, offre un renouvellement vis-à-vis de ses prédécesseurs et enrichit l’univers de la franchise. Magistral! (voir les versions plus loin)

Alien, résurrection (action / horreur)
Joss Whedon au scénario, J-P Jeunet aux commandes, S. Weaver, D. Pinon, R.  Perlman… ou comment les producteurs se sont offert un casting parfait pour la suite inattendue d’Alien 3. On retrouve à nouveau un film musclé dans un vaisseau-laboratoire de l’armée avec une bande de mercenaires et une Ripley sur-vitaminée. Petit bémol: l’alien blanc dont on ne sait trop quoi penser, l’idée est pas mal… mais ça colle pas, l’esthétique Giger-less peut-être? J-P Jeunet qui vient de boucler La cité des enfants perdus a réussi à personnaliser le film que ce soit au travers de D. Pinon ou de R.  Perlman, de leur équipement, de la chambre des horreurs… et plus généralement sur la photographie et la mise en scène (confère l’accouchement). Il apporte d’ailleurs sa petite dose d’humour fort appréciable aidé d’un R. Perlman à la prose décapante. Une bonne grosse claque hollywoodienne à la sauce frenchy. Un must have.

Vue d’ensemble
4 grands films, 4 grands réalisateurs, 1 saga anthologique.

Un fait non négligeable est qu’à l’époque, les réalisateurs en question étaient jeunes et ne bénéficiaient pas de leur renommée actuelle, ce qui a souvent conduit à des soucis avec la production, mention spéciale pour Alien 3 et David Fincher. Quoi qu’il en soit, l’absence de réelle ligne de conduite est un vrai atout pour la franchise. Même si cette option comporte ses faiblesses, les 4 réalisateurs de talents ont chacun transmis leur vision personnelle d’un même univers, ce qui permet à la saga de ne pas souffrir d’un “effet suite” sur des sequels n’ayant été prédis… loin d’être anodin. Cette identité propre à chaque film, inculquée par des réalisateurs n’ayant pas voulu faire “comme le copain” apporte une réelle richesse qui nous permet d’apprécier pleinement l’ensemble des oeuvres.

Le détail qui paye, est que les films sont loin d’avoir mal vieilli, au contraire, notamment grâce à des ambiances époustouflantes. Si l’on omet la chute d’Alien 3 et quelques bricoles, la franchise bénéficie d’effets spéciaux de qualité appuyés par un design des vaisseaux ou des costumes qui sont sublimes, en plus du travail extraordinaire d’H. R Giger. Un vrai plaisir pour les yeux.

Ripley et les xénomorphes, fils directeur de la saga évoluent de façon concomitante dans chaque épisode, jusqu’à l’apogée finale: la fusion biologico-affective de 2 êtres qui se sont fait des misères des siècles durant. Chaque réalisateur a customisé ses xénomorphes à partir de l’original d’H.R. Giger, initialement rugueux (Scott) il devient tout luisant (Jeunet), Cameron crée une reine et Fincher un quadrupède. De simple chasseur talentueux, il devient futé… jusqu’à devenir clairement intelligent, au point d’utiliser la technologie humaine par répétition, de mettre en place des pièges réfléchis ou de sentir des pièges dressés contre lui. Ripley femme libérée imposant une tension sexuelle, survivante élue par le sort et sa volonté d’en découdre, développe des sentiments, réclame de l’attention, se rase la tête, perd espoir sans avoir dis son dernier mot… jusqu’à la mutation radicale accompagnant sa résurrection qui se traduit par des changements physiques et psychologique, exit la gringalette des épisodes précédents, Ripley est une guerrière implacable, bouya!

Au delà de l’action/horreur, la franchise questionne les abus d’une multinationale, la Weyland-Yutani, entité omnipotente et omnisciente qui se permet les pires horreurs / sacrifices sous couvert d’un intérêt militaro-économique. Questionne sur les abus de la science, que ça soit au travers d’expériences déshumanisées ou de la conception de droïdes de plus en plus humanisés. La vie humaine n’a qu’une bien faible valeur dans l’espace…

Alien c’est H.R. Giger, c’est Sigourney Weaver élue au rang de godess suprême… au point de chérir au plus haut point la moindre de ses trop rares apparitions, c’est LE super-méchant de la mort qui tue. Alien, c’est mythique.

Univers étendu:
- les jeux Alien vs Predator (1999-2000) sont vraiment extra, combinant une campagne pour chaque race: Marine, Xénomorphe, Predator… avec 3 styles de jeux différents. Et… c’est vraiment génial de se retrouver dans la peau d’un Alien. Immersion garantie.
- les films Alien vs Predator relèvent quand même de la double bouse cosmique, à quelques détails près qui ne sont pas accordés, faute de double viol impardonnable… dommage, l’idée était séduisante.

Détail des versions
/ Alien, le 8e passager
Version originale
Version director’s cut (+5min): léger élagage, ajout d’une dispute et de la découverte d’un nid
/ Aliens, le retour
Version originale
Version longue (+15min): ajout de diverses scènes apportant un background aux personnages, non négligeable
/ Alien 3
Version originale
Version assembly cut (+30min): attention, ceci n’est pas une director’s cut mais une productor’s cut bis. Ripley est découverte échouée sur une plage… mais pourquoi?! L’alien sort d’une vache ce qui colle mieux au fait qu’il soit déjà gros. Mais surtout le background des prisonniers est mieux développé avec toute une péripétie supplémentaire, indispensable. Perte du chestburst final, wtf?!
Version re-assembly cut (fan edit): reprise de l’assembly cut plage-less et vache-less. Dommage, la vache est bien et on perd un super plan d’extérieur en intro… mais lave l’aberration de la plage.
/ Alien, la résurrection
Version originale
Version DVD: générique d’introduction avec un insecte qui se fait splacher, fin pessimiste: vue sur Paris dévasté… mieux?!
Il existe une myriade d’autres fan edits que le Re-assembly cut, moins pertinents sembleraient-ils… Pas vus.

Se faire une nuit Aliens, c’est quand même top-moumoute!

Et paf, prenez-vous en plein dans les mirettes avec ce film d’auteur!

Ken park c’est quoi? Un film de Larry Clark. C’est-à-dire? Un film sur la jeunesse, la drogue, le sexe… y’a des skaters, des gens tout nus, des histoires pas très drôles voire très glauques… bref, un film de Larry Clark qui est choc une fois de plus avec notamment des scènes non simulées… ce qui est loin d’être surprenant dans un Larry Clark en fin de compte (il a quand même réalisé un des rares segments intéressants de Destricted). Ses films sont vraiment biens, de façon générale, il faut juste ne pas en voir trop régulièrement… la redondance des sujets pique un peu les yeux.

Mr Orange

Retour sur une bonne petite comédie française qui a vu son séquel, 2 days in New-York, sortir dans les salles récemment. Se distinguant de ses pairs, le film utilise un humour acerbe et ne laisse personne en reste avec des joutes orales plutôt exquises.

Voici pour vous un des meilleurs exemples, la scène que Julie Delpy (scénariste, réalisatrice et actrice) fait un ex- dans un petit resto. Délicieux.

Scène en question

Mr Orange

Chronique de Mr Blue

Créateur: David E. Kelley                                                                                 Chaîne productrice: Fox
Saisons: 1 (1997) > 5 (2002)                                                                          Statut: arrêtée
Episodes: 40+ minutes, 20+ / saison

Topo: comédie juridique / romantique déjantée

Personnages récurrents:
Ally McBeal:
avocate instable sous acide en recherche du grand amour
John “Biscuit” Cage: avocat co-fondateur talentueux toqué aux plaidoiries loufoques
Richard Fish: avocat fondateur obsédé par l’argent et le sexe aimant partager ses pensées
Elaine Vassal: secrétaire commère et nympho inventrice d’objets indispensables
Billy Thomas: avocat et ex-grand amour d’Ally
Georgia Thomas: avocate et femme de Billy
Renée Raddick: procureur et colocatrice d’Ally
Ling Woo (1998-): avocate autoritaire, odieuse et emprunte d’un sadisme latent
Nelle “Iceberg” Porter (1998-): avocate froide d’une beauté énervante
Larry Paul (2000-): Robert Downey

                                                                                               Des effets spéciaux au service des gags
Sous couvert d’une trame romantique qui induit le 1er venu en erreur se cache une comédie jubilatoire. A l’image du plus récent How I met your mother dans lequel Ted nous les brise sévère avec son vomi romantique, Ally ne nous attendrit bien longtemps et l’on imagine vite Hulk s’occuper de son cas, Loki-style. C’est donc en toute logique qu’on trouve notre bonheur dans des personnages secondaires hauts en couleurs. Le petit bonus, c’est qu’en dehors de sa fuckin’ quête spirituelle – au contraire de Ted -, Ally s’avère être la plus extravagante et délurée de tous, son imagination débordante nous offrants des séquences drôlissimes appuyées par des effets spéciaux inattendus qui surprendront les néophytes.

La série se déroule dans le cabinet d’avocat Cage & Fish de Boston qui lui vaut l’attribution de “série judiciaire”. La trame des épisodes se base effectivement sur des affaires judiciaires  parfois sérieuses, souvent critiques et majoritairement absurdes qui sont des excuses à l’illustration de la dynamique relationnelle du cabinet. Car finalement, le tribunal s’avère bien souvent secondaire et l’on passe la plupart du temps dans le cabinet et ses fameuses toilettes mixtes à se poiler au rythme des psychoses de chaque personnage.

Des effets spéciaux au service de l’imaginaire d’Ally
La musique occupe une place importante  dans l’univers d’Ally. Chaque épisode se conclue dans le bar fétiche du cabinet, ambiance pop, soul et variantes grâce à Vonda Shepard (auteur du générique, ici) et une multitude de guests qui se sont vu inviter. Mieux, Ally a sa musique fétiche (Tell Him, ici) et d’autres, comme Hooked on a feeling (Reservoir Dogs bonjour, ici) qui va accompagner sa fameuse névrose du dancing baby (Vonda en fera une version). Encore mieux, le Biscuit a pour morceau fétiche You’re my first, my last, my everything de Barry White, ici, morceau que vous allez chérir avec les innombrables séquences cultes de danse dans les toilettes mixtes. Parce que oui, quand il y a de la musique, personne ne résiste à l’envie de danser… souvent de façon très personnelle, ce qui nous vaudra des scènes exceptionnelles.

Retour sur les personnages secondaires. Le Biscuit. Il est exceptionnel. Avocat imbattable rongé par une inconfiance totale en lui, qu’il vainc grâce à une quantité d’astuces données par son psy: répéter Poughkeepsie, se motiver sur sa chanson fétiche qu’on retrouve quasi quotidiennement… et utilise ses tocs pour déstabiliser les jury: siffler du nez, faire couiner ses chaussures… tout est bon. L’incarnation de l’absurde qui se révèle fort intelligent et parfois bien plus sain que ses collègues. Richard. Une tuerie. Il partage ses fishismes, dictons à la morale bien basse, orientés argent et sexe. De manière générale, dès qu’il ouvre la bouche, il finit par déraper outrageusement par des propos…  machistes, homophobes… tout est bon et balayé d’un léger bygones (= passons), c’est génial. Lucy Liu sublime dominatrice achèvera les derniers réticents.

                                                                                    Chorégraphie dans les indispensables toilettes mixtes
Concernant le casting, il est parfait avec des têtes toujours méconnues. La fragile Calista Flockart (bien-aimée d’Indiana Jones) sublime la névrose d’Ally. Lucy Liu a simplement lancé sa carrière avec son personnage de L-ing. Je ne jure que par Robert Downey Jr. depuis Ally McBeal où il s’adonne à coeur joie à son jeu très personnel. Et bien évidement, on a droit à un défilé des guests les plus prestigieux: Bruce Willis qui chéri la comédie, le genre de ses débuts, Christina Ricci, Tina Turner, Macy Gray, l’inévitable Barry White… j’en passe et des meilleurs!

En terme de saison, les 3 premières se valent et sont fort sympa, l’arrivée de Ling et Nelle au bout d’une saison améliorant notre jolie tambouille. La 4e est clairement la meilleure, grâce à Robert Downey Jr…. et la saison 5 est un malheureux plouf tout juste sauvé par quelques guests spoiler [ Robert Downey Jr devait être l'élu d'Ally, le mariage était même prévu...s'eusse-t-été une fin parfaite... mais ses histoires d'alcool l'ont amené à se faire virer de la série par les producteurs, au dépend du réalisateur.. ce qui a relancé l'éternelle quête d'Ally pour l'emmener dans les bras de...Jon Bon Jovi.... nan mais sérieux, quelle idée? ].

Bilan: une série comique déjantée appuyée par de fabuleux personnages névrosés et Robert Downey Jr qui permettent de vite pardonner les excès de romantisme. Un petit bijoux qui est bien plus que sa simpliste attribution populaire de “série pour nanas”.

Année: 2012
Titre original: The Cabin in the Woods
Réalisateur: Drew Goddard
Acteurs notoires: Chris Hemsworth et UN GROS GUEST DE MALADE MENTAL

Plot: des jeunes vont dans une cabane au fond des bois.

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Ô Josh Whedon mon amour ♥

La cabane dans les bois est un fabuleux hommage aux films d’horreur. Exempt de tout ton parodique, le film reprend à merveille l’archétype du genre: la fameuse cabane dans laquelle va se perdre une bande de jeunes insouciants. Les codes sont respectés et les références aux papas de l’horreur sont simplement innombrables.

Le film n’est pas foncièrement flippant ni pas franchement gore mais y’a du sang par hectolitres. On connait les codes. On sait ce qui va arriver… et c’est d’ailleurs bien la dessus que joue le film. Le premier segment du film est donc très classique, par choix… et on s’amusera à voir les personnages mourir dans l’ordre pré-établi. Mieux, on s’amuse à reconnaître toutes les références plus ou moins claires au genre: Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse, Hellraiser… on en perd vite le compte. Le deuxième segment du film est du gros plaisir façon kiki tout dur en barquette de 12. Point barre.

La com’ du film est parfaite. Ce titre improbable qui colle parfaitement. Cette image de maison rubixcube qui cache son jeu. L’étalage du gros kiki de J. Whedon qui surfe – à juste titre- sur la vague des Avengers. Sans parler de cette tagline provocatrice qui entube le moindre curieux. Bah justement, on va en parler. L’histoire est originale, vraiment. On sent qu’il y a monstre sous pâquerette, mais après… allez savoir lequel? Godzilla? Mothra? King Godorah? Les 3? C’est là que pêche le film, on devine le pot aux roses un poil trop vite (au bout d’1h à vue de pif) en raison de quelques indices disséminés. Peu importe, le scénario et la narration restent géniaux, la fin sublime et il y a toujours une petite surprise cachée derrière l’angle du mur.

Point négatif, spoiler [ cela relève quand même de la totale impolitesse que de tuer une guest pareil ]

L’arme la plus dingue du siècle, un guest à vous souiller le slip, des références à gogo, un bouton rouge jouissif au possible, un effet pigeon, le fist du siècle, une idée originale vraiment géniale, un plan boobs magistralement orchestré… une bonne grosse marade!

Année: 2012
Titre original: Men in Black 3
Réalisateur: Barry Sonnenfeld
Acteurs notoires: Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin

Plot: retour en 1969 pour sauver K d’une mort anticipée

Sources utiles: Allociné & IMDb

Mr Orange: Le 3e volet arrive sur les écrans 15 ans après son géniteur, et on peut dire qu’on est un peu sceptique quand on s’enfonce dans le siège rouge après la déception de MIB 2. Résultat: bonne surprise!

Depuis le 1er opus, la magie de la découverte de l’univers MIB n’est plus là, c’est un fait, et seul son enrichissement peut combler nos désirs de fans exigeants. En l’occurrence, l’option du retour dans le passé n’a rien d’original, faut l’avouer, mais s’avère efficace en renouvelant le terrain de gags et offrant une relative découverte d’un univers MIB retro. On peut encore une fois oublier notre Tommy Lee Jones grincheux qui se voit rapidement effacé de l’histoire au bénéfice de Josh Brolin, K des 60′s. Et la recette paye.

Petite imperfection vite excusée: J fait en 1969 une allusion à une certaine référence culturelle apparue en… 1977, ce qui ne semble pas choquer notre K. Autre sujet à débats, J qui conserve tous ses souvenirs d’un K qu’il n’a pas connu et qui ne l’a pas recruté. Barry Sonnenfeld n’a même pas cherché à l’expliquer, à vous d’établir un statu quo entre vos neurones. Amour pour son partenaire historique? Destin d’un recrutement inévitable? Débrouillez-vous.

J & K, de bons gags, une histoire sympa, un bon méchant, des aliens rétros, des guns cosmiques, un alien rêveur qui fait rêver… un bon moment.

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