La planète des singes (saga 1968-1973)

1968 / La Planète des Singes / The Planet of the Apes
de Franklin J. Schaffner
avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Linda Harrison, Maurice Evans
1970 / Le secret de la Planète des Singes / Beneath the Planet of the Apes
de Ted Post
avec James Franciscus, C. Heston, K. Hunter, L. Harrison, M. Evans
1971 / Les évadés de la Planète des Singes / The escape from the Planet of the Apes
de Don Taylor
avec Roddy McDowall, Kim Hunter
1972 / La conquête de la Planète des Singes / Conquest of the Planet of the Apes
de J. Lee Thompson
avec Roddy McDowall
1973 / La bataille de la Planète des Singes / Battle for the Planet of the Apes
de J. Lee Thompson
avec Roddy McDowall

Plot initial: une expédition spatiale échoue sur une planète peuplée de singes.

Sources utiles: Wikipédia, IMDB,  Allociné (l’affiche spoile outrageusement le 1er)

On va se contenter d’apprécier l’interprétation magistrale de Charlton Heston et ignorer  son engagement pour la maudite NRA et la flétrissure démoniaque qu’est le mouvement Pro-Life.

Mr Orange: L’univers de la planète des singes est caractérisé par des fins spectaculaires, le livre et les 1ers opus des films se clôturant systématiquement sur des cliffhangers, en conséquent, ne vous aventurez du commentaire d’un film à l’autre que si vous connaissez le fin mot de l’histoire du précédent, oui, cet article est un nid à spoilers.

(1968) La planète des singes est un des monstres de la science-fiction, jugement et cauchemar de l’humanité. Il s’agit d’une adaptation du livre La planète des singes de Pierre Boulle mixé avec l’épisode La flèche dans le ciel (signé Madelon Champion) de la série La quatrième dimension. Les costumes/maquillages sont pas mal du tout malgré une bouche trop figée. Bonne réalisation accompagnée d’une musique ajoutant à l’angoisse du topo. Les thématiques abordées sont le darwinisme, une critique générale de la société humaine et du comportement humain. Le film s’achève en apothéose sur un final grandiose. Tim Burton y rendra hommage à la fin de sa version en reprenant mot pour mot la tirade finale de C. Heston.
Indispensable. 

(1970) Le secret de… approfondit la mythologie de l’univers, ajoutant un peuple, le thème de la bombe atomique (Guerre Froide bonjour) etc mais s’avère finalement moins satisfaisant que le précédent, le singeant beaucoup trop dans la 1ere partie et la 2e usant de grotesques décors loin des subtilités du 1er opus. Toutefois, l’explication logique des effets spéciaux pourris est drôle. C. Heston accepte de jouer dedans par amitié mais ne tiens qu’un rôle de guest, le rôle principal étant alloué à Brent membre d’un second équipage venu secourir le premier. Seul opus sans Roddy McDowall (qui interprète normalement Cornélius).
Dispensable.

(1971) Les évadés de… est absolument génial, offrant une version inversée du film de 1968: cette fois-ci ce sont les singes – Cornélius et Zira – qui arrivent sur Terre (époque contemporaine de la sortie du film). Cet opus se distingue des précédents par la grosse dose d’humour utilisée grâce à la situation inversée, la première moitié du film offrant de nombreuses scènes et dialogues cocasses. De plus, des idées développés dans le livre de P. Boulle mais amputés dans le film de 1968 sont re-distillées: tests psychologiques, insertion dans la société, danger potentiel d’une descendance, mélange difficile des cultures. Les difficiles se plaindront de l’explication de l’utilisation du vaisseau par les singes. Peu importe.
Perle.

(1972) La conquête de… dépeint la première révolution des singes, réduits à l’esclavage après avoir été domestiqués (situé dans un futur proche par rapport à la sortie du film). On retrouve Roddy McDowall dans la peau de César, le fils de Zira et Cornélius. Au passage, le film s’octroie un petit rappel de la belle histoire de l’humanité – clin d’oeil à l’appuis – et autres critiques des états policés dans un environnement stalinien. Le film est très sombre, la révolte étant le seul échappatoire des singes qui répugnent pourtant la violence humaine.
Chainon manquant.

(1973) La bataille de… développe, dans un futur post-apocalyptique, une approche évoqué dans les précédents films: la possibilité – et la volonté – de changer le futur, le destin n’étant pas immuable contrairement au message laissé par les films antérieurs. Il apporte donc une once d’espoir dans ce monde de brutes incarnées par les gorilles et les ancêtres des irradiés fanatiques de la bombe. Le film conclut l’avènement de la culture simienne qui ne tient qu’à un fil mais cherche à se démarquer des hommes et de leur histoire. Petit bonus: on retrouve une mise en abîme de la narration à l’image du livre.
Fin mot de l’histoire agréable.

Vision générale (spoilers sur 1er film):

Soucis:
– léger problème de dates et quelques soucis de crédibilité science-fictionique éparses.
– des humains dénués de parole, ok… mais muets?! pas de grognements?
– scénario un peu comprimé sur les 3 derniers épisodes.
– on regrette la censure de la relation ambigüe entre Zira et Taylor.

Finalement, en exploitant la théorie darwinienne, l’ensemble de la saga remet en question l’humanité des hommes, les singes étant montrés plus humains et l’inhumanité de l’homme lui coûtant sa perte. Plus généralement, en bonne saga de science-fiction, La planète des singes dénonce les points sombres de la civilisation humaine, la liste est longue. A ces fins, les trois races de primates caricaturent les comportements humains et orientent l’organisation de la civilisation simienne:
– les gorilles, brutaux, belliqueux, avides de pouvoir et pas très finauds, sont chargés du maintien de l’ordre, de l’armée, etc…
– les orang-outans, plus intellectuels, sages et intéressés par « l’intérêt général », s’occupent du gouvernement, de la religion et de la science officielle… vecteurs d’obscurantisme
– les chimpanzés sont réfléchis, curieux, emphatiques… plus proches des hommes tels qu’on aime les imaginer.
On peut cependant remarquer que les singes n’ont réalisé aucune évolution technologique, ne faisant que mimer une ancienne civilisation humaine. Modeste façon de se rassurer et de se réconforter face au triste tableau dépeint?

Malgré le budget restreint affectant chaque opus (civilisation simienne limitée: village/technologie) et toutes les tentatives d’abréger la franchise (refus de C. Heston de reprendre son rôle, spoiler[ explosion de la planète]), celle-ci trouve le moyen d’évoluer de son propre chef, en se démarquant de l’histoire originelle: spoiler[ notion de voyage temporel, bombe atomique], plus sombre et plus dure envers l’homme tout en re-distillant tous les aspects du livre sur les 5 films.

Bien que l’essence du 1er ne soit jamais égalée par ses suites, le 3e rafraichit beaucoup la saga par son approche humoristique et les 2 derniers poussent vers la fin d’une belle épopée.

Comparaison des différentes versions de l’histoire (SPOILERS):
– La planète des singes, 1963 de Pierre Boule (livre, 247 pages et lecture facile, cocorico): Ulysse, terrien humain civilisé, échoue sur la planète Soror où des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie avancée). La langue parlée sur Sorros est différente du Français parlé par Ulysse. En revenant sur Terre, il découvre qu’en son absence les singes/humains ont évolués de la même façon que sur Sorros. Darwin et évolution convergente bonjour.
– Saga 1968-1973 (films, US): Taylor, terrien humain civilisé, échoue sur une planète où des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie peu avancée) et finit par découvrir qu’il est sur la Terre, 2000 ans plus tard. Les singes se sont éveillés suite au côtoiement des humains au quotidien, ceux-ci se laissant aller à la facilité intellectuelle. Les humains, querelleurs, se sont auto-détruit. Processus facilité. Après boucle temporelle, l’avènement simien est accéléré par la descendance de Zira et Cornelius. Processus actif.
– La série, 1974, US: pas vu
– La planète des singes, 2001 de Tim Burton (film, US): Léo est dans une station spatiale de recherche, après incident, il se retrouve projeté dans le future, sur une planète à 3 lunes colonisée par les descendants des survivants de sa station spatiale, des humains primitifs sont dominés par les singes (technologie peu avancée). Les singes de labo entraînés par les humains finissent par prendre le dessus. Retour sur Terre à l’époque contemporaine, elle est envahit par des singes, la statue d’Abraham Linclon est remplacée par Thade originaire de la planète aux 3 lunes… WTF?! Deux explications possibles: (1) fin métaphorique, Léo devenu plus humain sur la planète des singes ne voit que des animaux sur Terre, (2) Thade est revenu sur Terre prématurément et a changé le cours de l’histoire.
– La planète des singes – Les origines, 2011 de Rupert Wyatt (film, US): Les singes acquièrent des facultés intellectuelles, s’éveillent, se révoltent suite à la libération d’un virus, sur Terre.

Bonus: dossier complet sur l’univers entier

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